1
Loin d’être un simple ajustement de la démocratie représentative, la démocratie ne pourra être réelle et continue qu’à condition de sortir de cette forme oligarchique « représentative ». Elle est par nature vécue, quotidienne, permettant à chacun de participer aux décisions qui le concernent. Elle n’est pas déléguée (ou dans des conditions strictes de rendu de compte et de possibilité de révocation), elle ne consiste pas à « donner » sa voix pour qu’on décide « pour » lui ou elle c’est-à-dire « à sa place ».
Il faut en finir avec les illusions d’une « démocratie continue » dans le cadre de la démocratie représentative !
Elle doit être construire dans tous les champs de la vie sociale, territoriale, pour permettre cette implication aux décisions collectives. Cette construction dans l’ensemble des champs du politique est l’objet de cette enquête et ne peut être décidée à la place des gens, mais elle ne tombe pas du ciel.
Il faut en finir avec les illusions d’une « démocratie continue » dans le cadre de la démocratie représentative !
Elle doit être construire dans tous les champs de la vie sociale, territoriale, pour permettre cette implication aux décisions collectives. Cette construction dans l’ensemble des champs du politique est l’objet de cette enquête et ne peut être décidée à la place des gens, mais elle ne tombe pas du ciel.
2
Cette démocratie réelle et continue n’est pas un but en soi : elle est indispensable et doit servir l’objectif écologique de permettre le maintien de l’habitabilité terrestre. Indispensable car sans elle, sans implication populaire, sans prise en compte de tous, notamment « les damnés de la terre » pour reprendre le mot de Fanon – au Sud comme au Nord – pas d’habitabilité !
Il faut en finir avec une écologie ignorante des réalités de ces « damnés de la terre », des réalités sociales et ne plaidant au fond que pour des classes se croyant à l’abri.
C’est pourquoi cette démocratie doit être guidée par l’objectif de l’écologie sociale, qui est aussi une écologie de libération, tant est claire qu’on n’obtiendra une réelle habitabilité si on ne supprime pas aussi la cause sociale de sa destruction. Telle est la seconde grande leçon de notre enquête !
Il faut en finir avec une écologie ignorante des réalités de ces « damnés de la terre », des réalités sociales et ne plaidant au fond que pour des classes se croyant à l’abri.
C’est pourquoi cette démocratie doit être guidée par l’objectif de l’écologie sociale, qui est aussi une écologie de libération, tant est claire qu’on n’obtiendra une réelle habitabilité si on ne supprime pas aussi la cause sociale de sa destruction. Telle est la seconde grande leçon de notre enquête !
3
La troisième leçon est celle énoncée entre autres par Philippe Descola dans ce numéro des Cahiers : le sujet politique de l’action pour l’habitabilité terrestre doit changer, pour que puisse être réellement pris en compte les milieux terrestres et les vivants. Ils sont les premiers condamnés par le capitalocène. L’humain ne se sauvera pas sans sauver ces milieux terrestres. Il ne peut qu’y trouver une nouvelle place indispensable à sa survie propre.
Il faut en finir avec une action sociale centrée sur elle-même ! La sortie du capitalisme et l’émancipation humaine n’aura de réalité qu’en prenant en compte l’ensemble du vivant et des milieux terrestres.
Il faut en finir avec une action sociale centrée sur elle-même ! La sortie du capitalisme et l’émancipation humaine n’aura de réalité qu’en prenant en compte l’ensemble du vivant et des milieux terrestres.
4
Ces trois premiers acquis – élémentaires mais tellement niés – doivent se traduire dans la conception de la démocratie réelle ! Et c’est au niveau de la Commune, et nulle part ailleurs, que l’on peut trouver la possibilité de les mettre en œuvre concrètement ! C’est là que la démocratie continue et quotidienne peut s’exprimer directement. Le communalisme désigne la forme politique qui permet la prise en compte des trois acquis ! Bien sûr, il doit être construit pour intégrer – par le bas et via des structures fédérales – le vivre ensemble à toutes les échelles territoriales terrestres (spatiales et temporelles).
L’État moderne, la nation, le principe de souveraineté – celui-ci étant très dangereux car plaçant un corps politique unique au-dessus de tout – sont antinomiques à de tels principes ! La nécessité de sortir d’un système politique où la décision relève d’un seul corps et donc bafoue tous les acquis précédents est centrale dans la conception d’une démocratie réelle.
Il faut en finir pour cela à la fois avec l’illusion d’un municipalisme localiste et d’une démocratie centrée sur la nation, la souveraineté et l’État !
L’État moderne, la nation, le principe de souveraineté – celui-ci étant très dangereux car plaçant un corps politique unique au-dessus de tout – sont antinomiques à de tels principes ! La nécessité de sortir d’un système politique où la décision relève d’un seul corps et donc bafoue tous les acquis précédents est centrale dans la conception d’une démocratie réelle.
Il faut en finir pour cela à la fois avec l’illusion d’un municipalisme localiste et d’une démocratie centrée sur la nation, la souveraineté et l’État !
5
L’émancipation écologique et sociale est partie intégrante des luttes d’émancipation des pays pauvres et dominés de la planète, que les impérialismes cherchent et chercheront à écraser par tous les moyens y compris violemment. Il faut en finir avec l’illusion que nous n’aurons pas à affronter les violences impérialistes comme le montre ce qui se passe en Ukraine.
C’est là certainement la suite de la recherche à développer dans les prochains numéros des Cahiers ! Les discussions qui vont s’ouvrir et l’enquête à venir vont sans doute permettre de poser les bases de nouveaux États Généraux Communalistes que nous voulons contribuer à construire en 2026 et 2027.
