<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://alters-editions.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Alters Editions</title>
	<link>http://alters-editions.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://alters-editions.fr/spip.php?id_rubrique=17&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Alters Editions</title>
		<url>http://alters-editions.fr/IMG/logo/logo_alterseditions-2.gif?1719940153</url>
		<link>http://alters-editions.fr/</link>
		<height>20</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La logique des communs, outil au service de la S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation</title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/la-logique-des-communs-outil-au-service-de-la-securite-sociale-de-l</link>
		<guid isPermaLink="true">http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/la-logique-des-communs-outil-au-service-de-la-securite-sociale-de-l</guid>
		<dc:date>2024-11-27T08:11:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La capacit&#233; des projets de S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation de faire vivre sur le terrain, une d&#233;mocratie alimentaire directe, associant b&#233;n&#233;ficiaires et producteurs sans aucune exclusive et notamment pas celle qui serait bas&#233;e sur le budget, est le gage de leur succ&#232;s. Ces modalit&#233;s de gestion d&#233;mocratique de ressources communes, vitales pour tous, par des collectifs locaux rapprochent le SSA des communs. L'alimentation et le monde agricole et de l'agroalimentaires sont des syst&#232;mes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/" rel="directory"&gt;S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image046.jpg?1732628002' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='140' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La capacit&#233; des projets de S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation de faire vivre sur le terrain, une d&#233;mocratie alimentaire directe, associant b&#233;n&#233;ficiaires et producteurs sans aucune exclusive et notamment pas celle qui serait bas&#233;e sur le budget, est le gage de leur succ&#232;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces modalit&#233;s de gestion d&#233;mocratique de ressources communes, vitales pour tous, par des collectifs locaux rapprochent le SSA des communs. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'alimentation et le monde agricole et de l'agroalimentaires sont des syst&#232;mes dont la transformation demande l'apport de recherche participative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_75 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image054.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image054.jpg?1732628364' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Vous &#234;tes co fondatrice du Collectif D&#233;mocratie Alimentaire qui anime la lutte pour la S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation.&lt;br /&gt;
Comment avez-vous plong&#233; dans cette question de l'alimentation ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Je m'y suis int&#233;ress&#233;e en tant que chercheuse au Campus agro de Montpellier, en m'appuyant d'abord sur les travaux de Yuna Chiffoleau sur les circuits courts, puis sur l'ouvrage de Louis Malassis &#171; Nourrir les hommes &#187;, fondement de la modernit&#233; du syst&#232;me alimentaire, et les travaux de Tim Lang, chercheur en sant&#233; publique concernant la d&#233;mocratie alimentaire.&lt;br /&gt;
Comprendre l'alimentation, c'est la saisir comme syst&#232;me alimentaire, c'est comprendre qu'il faut des activit&#233;s de production agricole, de transformation de ces produits, de logistique, de dispositifs techniques et enfin des lieux et des produits &#224; consommer, pour pouvoir manger. On ne peut manger sans cet ensemble d'activit&#233;s : ce qui compte ce sont les conditions sociales (travail, r&#233;mun&#233;ration, organisation, etc.) dans lesquelles tout cela est produit. Les questions de la logistique, mais aussi des d&#233;chets sont importantes et transversales au syst&#232;me.&lt;br /&gt;
Cette vision syst&#233;mique renouvelle la politisation de l'alimentation : c'est &#224; partir d'elle qu'appara&#238;t le concept de &#171; d&#233;mocratie alimentaire &#187;, fin 90, dans la mouvance du contre-sommet sur la s&#233;curit&#233; alimentaire, organis&#233; par des organisations agricoles (Campesina) en 1996. Ce contre-sommet constate que la paysannerie, &#224; l'&#233;chelle internationale, &#224; la base de l'alimentation, a du mal &#224; vivre et elle-m&#234;me &#224; se nourrir.&lt;br /&gt;
Le concept de souverainet&#233; alimentaire et la remise en question de la fa&#231;on dont celle -ci est pens&#233;e et calcul&#233;e par les organisations internationales dont la FAO, &#233;mergent dans ce contexte. Ce calcul, bas&#233; sur un simple ratio de la production sur le nombre d'humains, se fait sans tenir compte, ni des r&#233;alit&#233;s propres &#224; chaque r&#233;gion et son syst&#232;me alimentaire, ni du contexte global : c'est dans les ann&#233;es 80 que l'on voit appara&#238;tre l'acc&#233;l&#233;ration des industries agro-alimentaires et la mise en place des accords commerciaux internationaux. La cr&#233;ation de l'Organisation Mondial du Commerce en 1994 int&#232;gre l'agriculture comme une marchandise comme une autre : obligation de baisse des subventions &#224; l'exportation, baisse des droits de douane, baisse des subventions &#224; la consommation locale, etc&#8230; La souverainet&#233; alimentaire assur&#233;e avant ces accords dispara&#238;t au profit d'un syst&#232;me alimentaire mondialis&#233;.&lt;br /&gt;
A partir de l&#224;, en 1998, s'&#233;labore (avec Tim Lang) une autre fa&#231;on de penser, dont le concept central est la d&#233;mocratie alimentaire. Les &#201;tats ne peuvent plus r&#233;guler efficacement car le syst&#232;me alimentaire devient mondialis&#233; (le Big Food) est assujetti aux accords de l'OMC. En outre les scandales sanitaires dont celui de la Vache Folle au d&#233;but des ann&#233;es 1990 renforcent cette id&#233;e de d&#233;mocratie alimentaire : c'est aux citoyens et citoyennes de reprendre la main sur leurs syst&#232;mes alimentaires d&#232;s maintenant.&lt;br /&gt;
Tout cela s'appuie sur la repolitisation de la question alimentaire &#224; travers divers mouvements &#224; l'&#233;chelle internationale : aux US, le mouvement Food Citizen et le CSA qui est une forme d'AMAP ; au Japon le mouvement des T&#233;k&#233;s qui s'appuie sur le mouvement des femmes en lutte contre la pollution des sols apr&#232;s les attaques nucl&#233;aires ; en France, avec l'arriv&#233;e des premi&#232;res AMAP en 2001le renouveau des groupements d'achats modernes &#8211; reliant producteurs et familles qui existent depuis la seconde guerre mondiale.&lt;br /&gt;
Cette politisation s'effectue &#224; travers le renouvellement des circuits courts (reliant producteurs et consommateurs) en rapport avec les conditions de production sociale et environnementale des aliments, de l'achat local en vue d'assurer un revenu agricole correct et la sant&#233; des consommateurs. Deux &#233;v&#232;nements vont acc&#233;l&#233;rer le mouvement : la d&#233;cision du Minist&#232;re de l'agriculture de prendre en compte et valoriser ces circuits courts ; les &#233;meutes de la faim en ville dans les pays du Sud, qui soulignent aussi que le probl&#232;me alimentaire prend une dimension tr&#232;s sensible en ville et se politise.&lt;br /&gt;
La presse va ainsi relayer &#224; partir de 2008, ces pr&#233;occupations de la soci&#233;t&#233; &#224; travers des articles concernant essentiellement la question agricole et la pr&#233;carit&#233; alimentaire. L'augmentation de ces articles est exponentielle encore aujourd'hui. Cette fabrique journalistique relatant initiatives, situation macro-&#233;conomique participe &#224; ce processus de politisation.&lt;br /&gt;
La recherche acad&#233;mique commence &#224; s'int&#233;resser au renouvellement des circuits courts, &#224; produire des connaissances &#224; ce sujet, notamment &#224; l'INRAE : je me rends compte alors que les personnes &#224; petits budgets sont absentes par exemple dans ce syst&#232;me des AMAP.&lt;br /&gt;
J'ai suivi la cr&#233;ation du MIRAMAP (Mouvement inter r&#233;gional des AMAP), dont les fondateurs &#233;taient des hommes, tr&#232;s outill&#233;s sur les questions agricoles et de politique agricole, avec un fort consensus entre eux : ils vont orienter le mouvement, o&#249; r&#232;gne une grande diversit&#233;.&lt;br /&gt;
La Charte qui est adopt&#233;e &#224; ce moment, d&#233;finit ce que l'on appelle AMAP, leur mode de fonctionnement et leur mode de cr&#233;ation. Elle &#233;labore ce qui sera appel&#233;e la &#171; garantie participative &#187; (une innovation qui soutient la politisation de la question alimentaire) ; elle sert de base &#224; ce mouvement. N&#233;anmoins, la r&#233;daction de la Charte, qui lance le mouvement, masque l'existence de certains dissensus. Elle s'appuie sur l'adh&#233;sion enthousiaste des personnes envers des id&#233;es, qui n'ont pas encore &#233;t&#233; confront&#233;es aux r&#233;alit&#233;s. Elle d&#233;fend un mod&#232;le qui va concerner principalement les classes moyennes avec un certain niveau d'&#233;ducation. Cependant elle invisibilise le travail important des femmes qui assurent une bonne partie du quotidien du fonctionnement de ces amap.&lt;br /&gt;
Les dissensus au sein du mouvement se sont manifest&#233;s d&#232;s l'origine, notamment &#224; Marseille : le r&#233;seau anim&#233; par des femmes dont une chercheuse, porte l'id&#233;e de Collectifs locaux et de d&#233;mocratie participative, d'alliance avec les luttes sur l'environnement (en particulier l'utilisation des pesticides) et pour l'acc&#232;s au foncier et entre autres dans ce qui peut &#234;tre les pr&#233;misses de l'agriculture urbaine. La cr&#233;ation du MIRAMAP ne valorise pas la r&#233;alit&#233; de ce r&#233;seau dont le fonctionnent se ramifie dans plusieurs espaces concernant les activit&#233;s n&#233;cessaires au syst&#232;me alimentaire et notamment dans sa reterritorialisation. &#192; ce moment-l&#224;, le Miramap fait le choix d'une organisation verticale.&lt;br /&gt;
Mon hypoth&#232;se est la suivante : si les femmes tr&#232;s engag&#233;es dans les amap, au moment de la fondation du Miramap avaient pu prendre la main, on aurait aujourd'hui un mouvement alternatif beaucoup large qu'il ne l'est, bas&#233; sur une organisation de besoins adoss&#233;s &#224; la vie quotidienne. Tout est question de timing et de conscientisation et &#224; cette &#233;poque, d'une part le mouvement f&#233;ministe &#233;tait fragment&#233; et peu sur ces questions et d'autre part, l'exp&#233;rience inspirante du mouvement des femmes japonaises est rest&#233;e dans les contraintes patriarcales habituelles.&lt;br /&gt;
Ce mouvement social, que j'appelle Agricolo-alternatif, croise des organisations reconnues comme des vecteurs d'un mouvement alternatif par l'&#201;tat comme par exemple les CIVAM. Le syndicat agricole la Conf&#233;d&#233;ration paysanne et l'association de soutien &#171; Les amis de la Conf&#233;d&#233;ration &#187; alli&#233;.es naturels, int&#232;grent l'alimentation et donc les consommateurs et consommatrices, dans leur strat&#233;gie et ainsi ils participent &#224; renforcer ce mouvement social autour de l'acc&#232;s &#224; une alimentation de qualit&#233;. Ils auront un r&#244;le important dans la cr&#233;ation du collectif SSA.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment ce mouvement aborde-t-il la question de la d&#233;mocratie directe, participative et remet-il en cause la d&#233;mocratie repr&#233;sentative ? Comment int&#232;gre-t-il de la question des Communs ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Le croisement autour des communs et avec les mouvements qui s'en r&#233;clame ne s'est pas encore fait. L'id&#233;e de d&#233;mocratie alimentaire est particuli&#232;rement large, elle s'appuie majoritairement sur le d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie participative citoyenne, promue par l'Europe et reprise en France &#224; partir des ann&#233;es 2000. Le mouvement, lui, a une vision de la participation qui passe en fait essentiellement par la repr&#233;sentation, et sur des rapports de domination peu questionn&#233;s, &#171; des gens qui savent sur d'autres qui ne savent pas &#187;.&lt;br /&gt;
De plus, il faut comprendre que dans ce mouvement autour de l'alimentation, il y a deux entr&#233;es de revendications et de luttes :&lt;br /&gt;
&#8226; celle de l'agriculture avec un soutien &#224; l'agriculture paysanne,&lt;br /&gt;
&#8226; celle de la pr&#233;carit&#233; alimentaire et des r&#233;ponses sociales pour la population pauvre.&lt;br /&gt;
Ces deux entr&#233;es, soutenues par les politiques publiques cernent les projets alimentaires. D'o&#249; la connexion &#224; partir du milieu des ann&#233;es 2010 entre les participant.es du soutien &#224; l'agriculture paysanne avec les milieux de l'action sociale. Cette connexion est une avanc&#233;e pour le mouvement social et un pas de plus vers le projet de SSA. Cependant le mod&#232;le de la d&#233;mocratie reste celui de la participation mise en place par ceux et celles qui animent et organisent ces initiatives. L'approche consiste &#224; intervenir par l'interm&#233;diation.&lt;br /&gt;
Pour des chercheuses comme moi, issue du travail social radical, la d&#233;mocratie c'est d'abord et avant tout rencontrer les gens l&#224; o&#249; ils et elles sont et partir de leurs besoins. Mais c'est surtout laisser leurs capacit&#233;s de s'auto-organiser, de s'entraider et non d'intervenir avec une ing&#233;nierie du social ancr&#233;e essentiellement dans l'offre alimentaire. A partir de l&#224;, on sait rarement o&#249; on va, la navigation &#224; vue est un des principes.&lt;br /&gt;
Dans cette application de la participation des personnes et familles &#224; petits budget (n&#233;cessaire au march&#233; capitaliste) les associations caritatives ou philanthropiques, les services publics d'action sociale ont un r&#244;le important dans l'encadrement de ces populations. Il y a, au sein de certaines de ces associations (en particulier ATD Quart Monde) &#224; la fois un &#233;norme travail en direction et avec des personnes en situation de pauvret&#233; et un rapport de domination difficile &#224; transformer. On entend souvent des personnes en situation de pr&#233;carit&#233; ayant particip&#233; &#224; des r&#233;unions d'instances europ&#233;ennes dire : &#171; on ne nous &#233;coute pas ! &#187;. La professionnalisation de la participation si elle a ouvert une mont&#233;e en comp&#233;tence pour former des professionnels.les souvent tr&#232;s impliqu&#233;.es, elle emp&#234;che aussi l'auto-organisation des populations concern&#233;es.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_76 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image069.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image069.jpg?1732628364' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Dans l'interview de Marie Massart, &#233;lue de Montpellier, est &#233;voqu&#233; le fait que le mouvement aura besoin des contributions des entreprises lorsque l'on devra &#233;tendre l'action de la SSA &#224; une fraction plus importante de la population.&lt;br /&gt;
Qu'en pensez-vous ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Ces projets restent dans les limites du march&#233; capitaliste. Cela va de pair avec le pouvoir de la finance et on est dans l'am&#233;nagement du syst&#232;me tel qu'il existe. Ces exp&#233;rimentations, si elles sont tr&#232;s importantes pour la construction d'un r&#233;cit politique et si elles font partie de la lutte contre ce syst&#232;me agroalimentaire mondial, restent dans des espaces micro ; il ne faut pas oublier la puissance des tenants de l'offre alimentaire et le rapport de force, pour l'instant, n'existe pas. Ces exp&#233;rimentations font bouger des choses &#224; l'int&#233;rieur de ces micro-marges laiss&#233;es par l'agro-industrie.&lt;br /&gt;
Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas le faire, mais il faut chercher d'autres pistes : on a besoin d'alliances plus grandes qui ne soient pas concentr&#233;es sur l'id&#233;e de filet de s&#233;curit&#233; pour des personnes en situation d'exclusion, qui conduisent obligatoirement &#224; chercher du c&#244;t&#233; de la ressource publique. Or la ressource publique, telle qu'elle existe aujourd'hui, arrive au bout. Faire appel aux autres acteurs de l'offre telle qu'elle existe, c'est donner carte blanche aux industries agroalimentaires, qui sauront construire de nouveaux segments de march&#233;. L'assiette dite &#171; d&#233;mocratie alimentaire &#187; deviendra un segment de march&#233;.&lt;br /&gt;
&#8226; La premi&#232;re piste demeure la ressource publique, mais avec la garantie de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et l'arr&#234;t des appels &#224; projets qui mettent en concurrence les initiatives, y compris en les poussant &#224; former des conglom&#233;rats entre elles qui vont &#224; leur tour emp&#234;cher les autres petites initiatives d'acc&#233;der aux ressources : la sagesse d&#233;mocratique serait plut&#244;t de partager et s'entraider.&lt;br /&gt;
&#8226; La seconde piste est, que le syst&#232;me alimentaire fran&#231;ais est construit sur une multitude de PME et de TPE. Cela ouvre une autre piste, m&#234;me si cela ne change pas radicalement la nature du march&#233;.&lt;br /&gt;
&#8226; Une troisi&#232;me id&#233;e est que l'alimentation n'est pas une marchandise comme les autres, que l'on ne peut laisser aux mains du capitalisme dans les accords internationaux. Ce qui veut dire reprendre politiquement la main, &#224; l'&#233;chelle de la France et de l'Union Europ&#233;enne, et repartir de l'id&#233;e de souverainet&#233; alimentaire. Derri&#232;re cette troisi&#232;me piste, il y a l'id&#233;e de mutuelle.&lt;br /&gt;
&#8226; Et puis il y a une quatri&#232;me piste qui est celle du mouvement &#233;cologiste auquel je participe qui est de reterritorialiser de fa&#231;on un peu diff&#233;rente des autres pistes, en mettant au c&#339;ur l'id&#233;e des communs liant comp&#233;tences et espaces, bas&#233; sur le travail de subsistance. Ce travail de subsistance peut d'ailleurs se mettre en place d&#232;s maintenant m&#234;me si les comp&#233;tences sont &#171; confin&#233;es &#187; dans des interstices et qu'il faut aller les chercher.&lt;br /&gt;
Mais pour cela, il faut consolider les alliances par le d&#233;veloppement d'une r&#233;elle d&#233;mocratie alimentaire : il faut admettre un point de vue critique de d&#233;mocratie radicale. Elle seule peut permettre d'&#233;laborer une boussole et de travailler sur les contours de l'alliance. Or aujourd'hui, on a une vision &#171; sociale-d&#233;mocrate &#187; refusant toute radicalit&#233;, qui s'accommode du march&#233;.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;La reconnaissance juridique du principe de d&#233;mocratie alimentaire, des principes des communs seraient des acquis. Judith Rochfeld a propos&#233; dans un travail de recherche important des pistes pour la reconnaissance juridique des communs.&lt;br /&gt;
Comment abordez-vous la question juridique ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Sur le plan juridique, il faut noter que l'on est dans le d&#233;sert le plus total. Ce qui existe concerne le droit de la consommation, qui permet de prot&#233;ger le march&#233; tel qu'il existe ; ce n'est pas du tout le droit &#224; l'alimentation. C'est pourquoi nos exp&#233;rimentations restent aussi limit&#233;es et il faut se dire que si les caisses alimentaires s'ouvrent aux entreprises, cela d&#233;clenchera probablement des contr&#244;les du fisc ou de l'URSAFF, comme on a pu les voir au d&#233;but de la cr&#233;ation des AMAP. Les prises en main par les collectivit&#233;s territoriales sont importantes, mais elles comportent le risque d'&#234;tre rapidement institutionnalis&#233;es et de suspendre la r&#233;appropriation et le contr&#244;le populaire.&lt;br /&gt;
Actuellement, quand on fait le bilan des politiques alimentaires des territoires (les PAT), c'est d&#233;risoire par rapport &#224; ce que l'on aurait pu attendre. Certes cela nourrit la politisation de l'alimentation, mais cela cadre les initiatives que l'on pourrait avoir par-ci, par l&#224;. La dimension juridique se r&#233;duit &#224; l'heure actuelle &#224; des discours sur les droits humains, mais pas du tout sur le droit &#224; l'alimentation. Cela a permis de soutenir la fili&#232;re de l'aide alimentaire, mais c'est justement cela qu'il faut d&#233;passer.&lt;br /&gt;
Au plan juridique, en parall&#232;le des travaux sur des questions de droit priv&#233;, il y a des travaux sur le droit agricole, sur le droit de la consommation, mais peu sur le droit &#224; l'alimentation et les syst&#232;mes alimentaires. On reste sur une vision de produits alimentaires assujettis &#224; la production agricole. Il faudrait &#233;laborer une branche du droit li&#233;e au syst&#232;me alimentaire &#224; l'&#233;chelle de l'Europe.&lt;br /&gt;
La piste des mutuelles, la cotisation sociale propos&#233;e par le collectif SSA sont &#224; explorer car il n'y a que l'&#201;tat qui peut d&#233;cider d'un imp&#244;t. Les Collectivit&#233;s territoriales ne peuvent pas le faire.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;On ne peut pas changer le syst&#232;me agricole si on ne r&#233;forme pas le syst&#232;me alimentaire. Celui-ci exprime le besoin. A quelles &#233;chelles doit-on agir pour changer le syst&#232;me ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Le changement agricole au niveau individuel ne changera pas le syst&#232;me alimentaire, ni le syst&#232;me agricole, m&#234;me si c'est n&#233;cessaire. On est pris dans une interd&#233;pendance du syst&#232;me international, au niveau des pays et des continents, et on ne changera qu'en posant la question aussi &#224; ce niveau. Le confinement du covid nous a permis de voir concr&#232;tement cette interd&#233;pendance entre pays &#224; ce niveau. Mais il nous a montr&#233; aussi ce qui se passe quand des citoyen.es s'entraident et se mettent ensemble pour faire face &#224; une situation de restriction.&lt;br /&gt;
On doit r&#233;fl&#233;chir &#224; la co existence des syst&#232;mes alimentaires : s'imaginer la renationalisation de l'agriculture est une erreur. Il faut reterritorialiser, certes, mais ne pas rester &#224; ce niveau l&#224; uniquement. Si tout l'H&#233;rault &#233;tait cultiv&#233;, on nourrirait Montpellier ; mais on voit que cette question de la relocalisation a des effets secondaires non n&#233;gligeables : relocaliser, il faut le faire, mais cela ne suffit pas, cela ne nourrira qu'une partie de la population ; l'alimentation serait capt&#233;e par la m&#233;tropole de Montpellier. Se pose alors la question de savoir comment les petites communes font pour garder leur subsistance et permettre &#224; leurs habitant.es de se nourrir du syst&#232;me alimentaire local.&lt;br /&gt;
La coexistence des syst&#232;mes alimentaires r&#233;gionaux est indispensable : nous dans le sud, nous produisons des fruits pour le nord, de m&#234;me qu'eux produisent des betteraves et des pommes de terre pour les r&#233;gions du sud. Et on ne peut ignorer l'Espagne.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Pour sortir de ce dilemme, ne faut-il pas partir de l'id&#233;e que le syst&#232;me ne peut r&#233;pondre &#224; tous les probl&#232;mes, qu'il g&#233;n&#232;re &#233;norm&#233;ment de failles ; que c'est en agissant au niveau de ces failles, peu &#224; peu, qu'on peut le faire basculer ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;C'est pour l'instant ce qui nous est collectivement possible. Dans ce contexte, la SSA permet l'&#233;laboration d'un contre-r&#233;cit. Ce contre r&#233;cit est bien re&#231;u dans les pays autour de nous. Une alliance internationale sur la s&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation peut &#234;tre la base d'une transformation. Elle ne s'exprimera pas uniquement par une SSA &#224; la fran&#231;aise, mais celle-ci s'exporte de fa&#231;on int&#233;ressante : sa fonction est politique plus qu'une r&#233;elle incarnation politique. Mais on peut imaginer et penser au changement du syst&#232;me productiviste ; cela se retrouve dans des dynamiques au sein de pays comme la Belgique, la Suisse avec la Convention genevoise et le droit &#224; l'alimentation. On voit aussi des &#233;volutions en Espagne, en Sicile ... et cette mise en commun politique &#224; cette &#233;chelle a de l'importance.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_77 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image071.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image071.jpg?1732628364' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment r&#233;pondre &#224; divers questionnements sur la SSA ?&lt;br /&gt;
Les producteurs vont se faire imposer quoi produire !&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Ils sont d&#233;j&#224; dans ces contraintes dans le syst&#232;me actuel ! Leur libert&#233; (y compris celle de savoir quoi produire) est d&#233;j&#224; contrainte. Or l'objectif de l'agriculture ce n'est pas seulement nourrir les gens. La critique serait plut&#244;t de savoir comment ils pourraient reprendre la main sur leur m&#233;tier, r&#233;pondre &#224; aux enjeux de biomasse, des d&#233;chets, de la pollution...&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;La d&#233;mocratie notamment au niveau des conventionnements et de l'orientation des productions agricoles, donnera lieu &#224; des abus, de la bureaucratie !&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous sommes dans une p&#233;riode o&#249; l'on se recentre sur une vision de la d&#233;mocratie appuy&#233;e sur la repr&#233;sentation (y compris dans sa forme am&#233;lior&#233;e type convention citoyenne). Passer &#224; un mod&#232;le o&#249; l'on reprend en main sa vie quotidienne, o&#249; l'on prend la parole &#224; propos de sa vie ordinaire repr&#233;sente un gap &#233;norme pour les gens. Cela passe d&#233;j&#224; par le fait de nous &#233;couter mutuellement, de reconna&#238;tre nos besoins universels encastr&#233;s dans les changements climatique, d'accepter de questionner le mod&#232;le de domination culturelle : c'est un gros travail &#224; mettre en place ! D'autant que le syst&#232;me est ancr&#233; dans une vision colonialiste et patriarcale, refusant de reconna&#238;tre la place des pays du Sud et celle des femmes.&lt;br /&gt;
Si on ne prend pas ces choses en main, rien ne changera : il faut faire un effort de reconnexion avec l'histoire des syst&#232;mes alimentaires. La modernisation des &#233;changes pose la question des ressources, de comprendre que l'&#233;conomie n'est pas ind&#233;pendante de la pens&#233;e politique, et qu'il faut penser la question des march&#233;s concrets, de r&#233;encastrer l'&#233;conomie dans le social et le politique, comme le pr&#244;nait Polanyi d&#232;s 1947.&lt;br /&gt;
On retrouve l&#224; les questions d&#233;battues par les &#233;cof&#233;ministes, au c&#339;ur de la reconnexion entre consommation et circuit court et travail li&#233; &#224; la subsistance. Ce sont ces pistes qu'il faut mettre au travail, notamment dans leur dimension de transformation politique.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&#199;a va co&#251;ter cher !&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Si on reste dans le syst&#232;me actuel, qui exclue, pollue, d&#233;truit des ressources, engendre d'&#233;normes catastrophes, certes, cela va co&#251;ter cher ! Continuer dans la logique des gains de productivit&#233; (et des b&#233;n&#233;fices r&#233;partis toujours entre les m&#234;mes) et des externalit&#233;s n&#233;gatives (elles &#224; la charge des citoyens), oui cela co&#251;tera cher aux populations, qui devront subir et payer !&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - Janvier 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Montpellier, pionni&#232;re dans l'exp&#233;rimentation de la SSA </title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/montpellier-pionniere-dans-l-experimentation-de-la-ssa</link>
		<guid isPermaLink="true">http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/montpellier-pionniere-dans-l-experimentation-de-la-ssa</guid>
		<dc:date>2024-11-27T08:11:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'exp&#233;rimentation men&#233;e par la Ville et la M&#233;tropole de Montpellier d'une Caisse d'Alimentation commune, g&#233;r&#233;e par un Comit&#233; citoyen compos&#233; par moiti&#233; de personnes en situation de pauvret&#233;, sur les principes de la SSA est pionni&#232;re et riche d'enseignement. L'&#233;chelle est r&#233;duite, mais la visibilit&#233; du projet est forte. L'impact positif sur l'agriculture locale est modeste, mais prometteuse car stimulant l'agriculture locale et de qualit&#233;. Le lien social est renforc&#233;, et les externalit&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/" rel="directory"&gt;S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image056.jpg?1732695786' class='spip_logo spip_logo_right' width='121' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'exp&#233;rimentation men&#233;e par la Ville et la M&#233;tropole de Montpellier d'une Caisse d'Alimentation commune, g&#233;r&#233;e par un Comit&#233; citoyen compos&#233; par moiti&#233; de personnes en situation de pauvret&#233;, sur les principes de la SSA est pionni&#232;re et riche d'enseignement. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;chelle est r&#233;duite, mais la visibilit&#233; du projet est forte. L'impact positif sur l'agriculture locale est modeste, mais prometteuse car stimulant l'agriculture locale et de qualit&#233;. Le lien social est renforc&#233;, et les externalit&#233;s n&#233;gatives sortent diminu&#233;e. L'exp&#233;rience d&#233;mocratique a une valeur inestimable car directe, concr&#232;te, transparente et tout &#224; fait innovante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_83 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image065.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image065.jpg?1732696613' width='500' height='561' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Quelle est la situation alimentaire dans la ville et la M&#233;tropole de Montpellier ?&lt;br /&gt;
L'aide alimentaire actuelle, quelques donn&#233;es pr&#233;cises ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;La pr&#233;carit&#233; (alimentaire, logement) est forte &#224; Montpellier : 26 % de la population est sous le seuil de pauvret&#233; et elle augmente avec cette p&#233;riode d'inflation. L'alimentation est une variable d'ajustement et le &#171; choix &#187; se fait sur la qualit&#233;, avec des effets massifs sur la sant&#233;. Le paysage alimentaire est contrast&#233;, avec des d&#233;serts alimentaires, c'est-&#224;-dire des quartiers sans offre de produits de qualit&#233;.&lt;br /&gt;
L'enjeu pour la Municipalit&#233; est d'assurer une certaine r&#233;partition. L'aide alimentaire est une n&#233;cessit&#233; (sous peine d'&#233;meutes de la faim), mais nous sommes tr&#232;s critiques sur ce syst&#232;me : les structures d'aide (secours populaire, restau du c&#339;ur, ...) distribuent des repas &#224; partir de produits qui proviennent de surplus de la grande distribution, ou envoy&#233;s par l'Europe : les produits re&#231;us lors des &#171; ramasses &#187; sont des invendus, avec des dates limites de consommation tr&#232;s courtes (quelques jours), des produits p&#233;rim&#233;s, ... ce qui impose beaucoup de tri, mais est aussi tr&#232;s insatisfaisant pour les b&#233;n&#233;voles des associations. Ce syst&#232;me est un cercle vicieux puisque ces personnes n'ont le plus souvent pas acc&#232;s au syst&#232;me de sant&#233;. Il est souvent humiliant pour les personnes de se pr&#233;senter &#224; l'aide alimentaire.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Disposez-vous d'un certain poids sur la production agricole locale ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Oui, indirect, mais il existe : les achats pour la restauration scolaire (et plus largement collective), pour l'aide alimentaire et la S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation permettent de valoriser les produits locaux, de r&#233;orienter la production vers la production bio et vers l'agro&#233;cologie, vers certaines fili&#232;res (l&#233;gumineuses) et aider &#224; les structurer, de renforcer les circuits courts. Le March&#233; d'Int&#233;r&#234;t National (MIN) nous permet d'agir aupr&#232;s des producteurs agricoles locaux, nous travaillons aussi avec les Chambres d'agricultures, le CIVAM. &lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment est n&#233; le projet de S&#233;curit&#233; Sociale Alimentaire &#224; Montpellier ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;L'id&#233;e a germ&#233; dans le secteur de la recherche &#8211; action, sur la base des constats des limites de l'aide alimentaire et des probl&#232;mes des producteurs eux-m&#234;mes. Cette premi&#232;re id&#233;e est r&#233;sum&#233;e par le concept d'une alimentation de qualit&#233; et choisie pour tous. En lien avec certains acteurs associatifs, l'id&#233;e a donn&#233; naissance au Collectif &#171; Territoire &#224; Vivres &#187;, qui se d&#233;veloppe en France sur quatre territoires.&lt;br /&gt;
La ville et la M&#233;tropole de Montpellier sont rentr&#233;s dans le Collectif, avec 25 structures (pouvoirs publics, associations, mouvements agricoles, MIN, structures de l'aide alimentaire), au m&#234;me titre que les autres partenaires. Nous n'avons pas souhait&#233; nous positionner comme leader, mais &#234;tre facilitateur, apporter des moyens. Au total, sur deux ans, la ville a apport&#233; 45 k&#8364; et la M&#233;tropole 60, soit 105 k&#8364; et 45 % du budget de la Caisse, structure qui a port&#233; le projet. Le p&#233;rim&#232;tre de l'action est le territoire de la m&#233;tropole et elle porte sur 350 personnes.&lt;br /&gt;
2021 et 2022ont &#233;t&#233; des p&#233;riodes de r&#233;flexion et de pr&#233;paration. Nous sommes encore dans la phase exp&#233;rimentale : les premiers paiements ont eu lieu en f&#233;vrier 2023, et le Comit&#233; scientifique qui fera une &#233;valuation g&#233;n&#233;rale, au plan de l'efficacit&#233; et des co&#251;ts, en juillet 2024. Les premiers retours sont positifs et nous pensons que nous continuerons, mais attendons le bilan.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment concevez-vous et pratiquez-vous la d&#233;mocratie alimentaire ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Les deux ans de pr&#233;paration &#233;taient n&#233;cessaires, car nous devions nous conna&#238;tre, mettre en place des dispositifs d&#233;mocratiques. Nous avons confi&#233; la gestion &#224; un Comit&#233; citoyen qui g&#232;re la &#171; Caisse d'Alimentation Commune &#187;, depuis octobre 2022. Il est compos&#233; &#224; l'origine de 47 personnes, 50 % de personnes en situation de pauvret&#233;, d'usagers et adh&#233;rents de l'association &#171; Territoire &#224; Vivres &#187;, du CCAS. Nous l'avons &#233;largi par appel &#224; candidature et tirage au sort de 47 au d&#233;part &#224; 61 personnes repr&#233;sentatives de la population en termes d'&#226;ges et de revenus.&lt;br /&gt;
Ce Comit&#233; de citoyens a fix&#233; les r&#232;gles :&lt;br /&gt;
&#8226; Outre les 47 personnes du Comit&#233; citoyen de d&#233;part, 350 personnes seront b&#233;n&#233;ficiaires du dispositif au d&#233;part. Elles ont &#233;t&#233; choisies elles aussi par appel &#224; volontariat et tirage au sort.&lt;br /&gt;
&#8226; Chacune des 350 personnes re&#231;oit 100 &#8364; par mois, vers&#233; par la Caisse, sous forme de monnaie locale d&#233;mat&#233;rialis&#233;e, la Mona.&lt;br /&gt;
&#8226; Elles cotisent &#224; hauteur de leurs moyens entre 1 &#8364; et 150 &#8364; (en moyenne 60 &#8364;). Tout le monde peut cependant cotiser. Une grille d&#233;termine un montant, purement indicatif, des cotisations en fonction des revenus.&lt;br /&gt;
&#8226; Les organismes conventionn&#233;s aupr&#232;s desquels les b&#233;n&#233;ficiaires peuvent faire leurs achats avec la Mona (39 &#224; ce jour dont 30 producteurs) ont &#233;t&#233; choisi sur la base de crit&#232;res (27) pr&#233;cisant la qualit&#233; des produits pouvant faire l'objet de ces achats : ces crit&#232;res vont au-del&#224; des produits agricoles eux-m&#234;mes, int&#233;grant la gestion des d&#233;chets, l'accessibilit&#233; du commerce notamment pour les personnes en situation de handicap, le mode de gouvernance de l'entreprise... Ces crit&#232;res sont plut&#244;t exigeants, et un super march&#233; ne pourraient pas &#234;tre conventionn&#233;.&lt;br /&gt;
&#8226; Les prix pratiqu&#233;s pour les produits conventionn&#233;s sont ceux du march&#233;. Les b&#233;n&#233;ficiaires sont compl&#232;tement libres de choisir la structure conventionn&#233;e. Ils peuvent ne pas tout d&#233;penser dans le mois.&lt;br /&gt;
&#8226; Les crit&#232;res sur les produits correspondent &#224; des aliments de qualit&#233;, mais sont exclus l'alcool et les produits d'hygi&#232;ne.&lt;br /&gt;
Cela leur permet aux b&#233;n&#233;ficiaires, outre d'avoir acc&#232;s &#224; des produits de qualit&#233;, de d&#233;couvrir de nouveaux produits et de nouveaux commer&#231;ants ou producteurs (certains freins culturels sautent). Cela pousse aussi &#224; la mixit&#233; sociale, aussi bien chez les commer&#231;ants qu'aupr&#232;s des producteurs. Les producteurs conventionn&#233;s rentrent d&#233;j&#224; dans la grille, mais cela incite aussi de nouveaux &#224; &#233;voluer.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Quels sont les effets de cette action ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous avons &#224; ce stade de bons retours de la part des b&#233;n&#233;ficiaires, des commer&#231;ants et des producteurs.&lt;br /&gt;
La ville et la M&#233;tropole ont laiss&#233; une large autonomie au Comit&#233; citoyen, qui a manifest&#233; une tr&#232;s grande motivation : les participants ont &#233;t&#233; syst&#233;matiquement pr&#233;sents et actifs aux 17 r&#233;unions depuis deux ans ! Le r&#244;le des Collectivit&#233;s territoriales a &#233;t&#233; de financer, de s'impliquer dans l'association &#171; territoire &#224; Vivres &#187;, de mettre &#224; disposition du temps et de faciliter mat&#233;riellement le travail (pr&#234;t de salles, d'&#233;quipements...) et de renforcer la visibilit&#233; et la communication du projet.&lt;br /&gt;
Les effets de ce travail est visible : on sent que cela int&#233;resse du fait, nouveau et innovant, que l'on touche au social, &#224; la sant&#233;, &#224; l'environnement, au d&#233;veloppement local. Nous souhaitons &#234;tre d&#233;monstrateur, montrer qu'un autre mod&#232;le est possible. La &#171; Caisse d'Alimentation Commune &#187;, c'est le nom que nous donnons au projet, constitue une forme de solidarit&#233; alimentaire nouvelle, qui, sans &#234;tre critique de l'aide alimentaire, la transforme profond&#233;ment. Nous voulons montrer qu'il est pr&#233;f&#233;rable d'apporter de l'argent public dans ce type d'action, vers&#233; directement aux producteurs locaux, plut&#244;t qu'aux grands distributeurs.&lt;br /&gt;
Le bilan sera fait en juillet, et ces effets ne sont pas encore chiffr&#233;s, mais on constate des cons&#233;quences claires sur :&lt;br /&gt;
&#8226; Le respect de la dignit&#233; humaine (il est tr&#232;s dur pour certaines personnes de se pr&#233;senter &#224; l'aide alimentaire ; l'usage de la Mona est compl&#232;tement anonyme et non stigmatisant), le renforcement du lien social, la mixit&#233; sociale, le d&#233;veloppement d'une autre forme de convivialit&#233; (on propose des cours de cuisine, les personnes peuvent inviter &#224; manger chez elles...) ;&lt;br /&gt;
&#8226; Le d&#233;veloppement &#233;conomique local, ouvrant des d&#233;bouch&#233;s aux commer&#231;ants et aux producteurs locaux,&lt;br /&gt;
&#8226; Le respect de l'environnement, exig&#233; au niveau de la production, mais aussi dans la gestion des d&#233;chets, dans la logistique et les circuits courts ; l'am&#233;lioration de la sant&#233; sont tr&#232;s sensibles.&lt;br /&gt;
Autrement dit, les externalit&#233;s positives sont augment&#233;es et les externalit&#233;s n&#233;gatives sont r&#233;duites : un euro d&#233;pens&#233; ainsi est plus utile socialement que dans le syst&#232;me d'aide alimentaire.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment l'exp&#233;rience est-elle per&#231;ue dans d'autres villes et r&#233;gions ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;L'exp&#233;rience &#224; Montpellier est pionni&#232;re : d'autres collectivit&#233;s se sont engag&#233;es dans de telles exp&#233;rimentations et observent avec int&#233;r&#234;t ce que nous faisons : Paris (18e, 20e...), Lyon, Strasbourg, Bordeaux... Nous avons cr&#233;&#233; un r&#233;seau d'&#233;lu locaux et des &#233;changes d'exp&#233;rience se font, notamment sur la question de la gouvernance. Le pari est d'influencer les fonds orient&#233;s sur le social et l'environnemental pour qu'ils financent ces projets ; et faire &#233;voluer la loi sur le droit &#224; l'alimentation.&lt;br /&gt;
La cr&#233;ation de la S&#233;curit&#233; Sociale en 1945 nous sert de mod&#232;le : elle a elle-m&#234;me &#233;t&#233; lanc&#233;e suite &#224; des exp&#233;rimentations, sur les principes de l'universalit&#233; du processus, du conventionnement des produits accessibles organis&#233; d&#233;mocratiquement, et d'un financement assis sur une cotisation. Faire une nouvelle loi n'est cependant pas &#224; l'ordre du jour du gouvernement actuel.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_80 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image070.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image070.jpg?1732696026' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Peut-on tenir localement, et en restant isol&#233;, si le nombre de b&#233;n&#233;ficiaires du projet augmente ? A quelles conditions peut-il s'&#233;tendre peu &#224; peu sur les territoires de la R&#233;gion ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;La M&#233;tropole compte 500 000 habitants, et il y a 20 % de personnes pr&#233;caires (environ 100 000). M&#234;me si nous passions &#224; 800 b&#233;n&#233;ficiaires, ce ne serait pas significatif.&lt;br /&gt;
Si l'on passait &#224; une &#233;chelle plus importante, il faudrait un financement public plus important. Mais aussi faire participer des entreprises qui cotiseraient pour leurs salari&#233;s. A une &#233;chelle encore plus grande, il faudrait passer &#224; un financement r&#233;gional et &#224; une aide financi&#232;re de l'&#201;tat.&lt;br /&gt;
Un groupe travaille sur cette question de l'&#233;volution du dispositif. Mais la premi&#232;re limite serait que nous n'aurions pas le volume de produits locaux, ni les circuits de distribution courts qui correspondent &#224; nos crit&#232;res. Il faudrait augmenter l'offre, cr&#233;er de nouvelles fili&#232;res, modifier le paysage alimentaire. Cr&#233;er de la demande, conduit &#224; cr&#233;er de l'offre, peut-&#234;tre un peu plus ch&#232;re, mais avec des effets indirects positifs.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Y a -t-il des r&#233;flexions sur l'avenir du dispositif &#224; moyen terme ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Le groupe de travail mentionn&#233; ci-dessus travaille &#224; ce sujet. L'&#233;valuation permettra certainement elle aussi de r&#233;fl&#233;chir &#224; cela. La question est au c&#339;ur de la politique agricole de la M&#233;tropole. Installer de nouveaux agriculteurs, imaginer une autre restauration scolaire, une politique de sourcing... C'est un travail de longue haleine !&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Travaillez-vous avec certains partenaires ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Avec d'autres parties prenantes comme le CIVAM, la conf&#233;d&#233;ration paysanne, oui ; avec les autres syndicats agricoles, pas directement, mais nous travaillons avec la Chambre d'agriculture (majoritairement proche de la FNSEA). Il n'y a pas de blocage : notre &#233;chelle est trop petite, cela ne change pas le mod&#232;le agricole et ils ont d'autres pr&#233;occupations.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;La perspective d'un d&#233;veloppement du nombre de b&#233;n&#233;ficiaires posera sans doute la question de cotisation de la part d'entreprises. Or elles ont leur propre logique, et vous avez la v&#244;tre.&lt;br /&gt;
Accepteriez-vous ces dons des entreprises et cela changerait-il vos r&#232;gles de gouvernance ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Il existe d'ores et d&#233;j&#224; des dons de fondations priv&#233;es comme la Fondation Carasso et la Fondation de France. Mais au-del&#224;, il y aurait des conditions : nous n'accepterions sans doute pas n'importe quelle entreprise, celles qui font du tort &#224; la population. Mais il y a d&#233;bat &#224; ce sujet, ainsi que sur la question de la d&#233;fiscalisation des dons.&lt;br /&gt;
Concernant les cotisations d'entreprises, si elles sont locales, s'il s'agit de cotisations pour leurs salari&#233;s, si nous devions passer &#224; plus grande &#233;chelle, il n'y aurait pas grands risques, car le pouvoir est au Comit&#233; citoyen. Les entreprises pourraient y voir un int&#233;r&#234;t double : une bonne image, un meilleur rapport avec leurs salari&#233;s qui trouveraient ainsi une meilleure alimentation.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment r&#233;pondriez-vous &#224; certaines critiques non malveillantes au sein de la population ?&lt;br /&gt;
&#171; &#199;a va co&#251;ter cher ! &#187;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;On nous dit d&#233;j&#224; : &#171; cela ne sert pas &#224; beaucoup de personnes &#187;. Et c'est vrai, au regard de l'aide alimentaire qui d'ailleurs continue de fonctionner sur la M&#233;tropole. Notre atout est sur la qualit&#233; et celle-ci ne se per&#231;oit que sur le long terme. Les personnes qui sont b&#233;n&#233;ficiaires en sont bien s&#251;r heureuses, mais la collectivit&#233; aussi car le lien social est renforc&#233;, la dignit&#233; des personnes est respect&#233;e et l'espace social est mieux utilis&#233;, l'environnement respect&#233;.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&#171; La d&#233;mocratie directe cela ne fonctionnera pas ! &#187;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Elle est fragile et les collectivit&#233;s territoriales y sont particuli&#232;rement sensibles : cette forme de d&#233;mocratie directe demande un apprentissage de tous, citoyens, collectifs, collectivit&#233;s territoriales. Il faut construire une culture du consensus, ce qui demande du temps et de bien se conna&#238;tre.&lt;br /&gt;
Nous avons pris la d&#233;cision de ne pas utiliser de structure juridique pour la Caisse (sinon une structure boite aux lettres pour percevoir des financements) : cela pr&#233;sente une force (une d&#233;mocratie plus directe) et des faiblesses (prendre des d&#233;cisions demande du temps). Le Comit&#233; citoyen a &#233;t&#233; accompagn&#233;, form&#233;, dispose des outils pour g&#233;rer de tels d&#233;bats ; il y a parfois des votes, mais ils sont tr&#232;s rares (le nom de la monnaie locale, par exemple). L'essentiel est obtenu par consensus.&lt;br /&gt;
Je n'ai jamais vu de dispositif aussi d&#233;mocratique ! L'objectif est que les gens se r&#233;approprient leur alimentation, d&#233;cident de ce qu'ils veulent et poussent l'offre &#224; s'adapter &#224; ces d&#233;cisions. Cet apprentissage de la d&#233;mocratie directe a un sens profond et m&#233;rite un vrai d&#233;bat public.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&#171; Les producteurs vont se faire imposer quoi produire ! &#187;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Ce n'est pas une question qui nous a &#233;t&#233; pos&#233;e : les producteurs ont int&#233;r&#234;t &#224; ce syst&#232;me, souhaitent qu'on les conventionne.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - Janvier 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Transformer les mod&#232;les de l'alimentation et de la production agricole </title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/transformer-les-modeles-de-l-alimentation-et-de-la-production-agricole</link>
		<guid isPermaLink="true">http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/transformer-les-modeles-de-l-alimentation-et-de-la-production-agricole</guid>
		<dc:date>2024-11-27T08:11:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les bouleversements de l'anthropoc&#232;ne auront sur l'alimentation des impacts que notre soci&#233;t&#233; urbaine du chacun pour soi aura du mal &#224; absorber si elle maintient s&#233;par&#233;s les deux mod&#232;les des syst&#232;mes alimentaire et agricole. La SSA a le pouvoir de relier dans une approche syst&#233;mique, mutualis&#233;e et bas&#233;e sur les principes des communs, la production agricole durable de qualit&#233; et la consommation choisie pour et par tous. C'est l'objet de l'innovation sociale men&#233;e &#224; Grenoble que de d&#233;montrer (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/" rel="directory"&gt;S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image031.jpg?1732696860' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les bouleversements de l'anthropoc&#232;ne auront sur l'alimentation des impacts que notre soci&#233;t&#233; urbaine du chacun pour soi aura du mal &#224; absorber si elle maintient s&#233;par&#233;s les deux mod&#232;les des syst&#232;mes alimentaire et agricole. La SSA a le pouvoir de relier dans une approche syst&#233;mique, mutualis&#233;e et bas&#233;e sur les principes des communs, la production agricole durable de qualit&#233; et la consommation choisie pour et par tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l'objet de l'innovation sociale men&#233;e &#224; Grenoble que de d&#233;montrer que ces principes, sur une &#233;chelle r&#233;duite, mais politiquement sensible, peuvent apporter de la s&#233;curit&#233; alimentaire aux b&#233;n&#233;ficiaires, mais aussi un autre mod&#232;le pour l'agriculture et l'alimentation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_85 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image052.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image052.jpg?1732697021' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Vous &#234;tes en charge, au sein de la Municipalit&#233; de Grenoble du projet de S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation (SSA).&lt;br /&gt;
Comment est n&#233; et &#233;volue ce projet ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Ma d&#233;l&#233;gation au sein de la municipalit&#233; de Grenoble porte sur les risques et la r&#233;silience territoriale, la prospective, l'&#233;valuation et les nouveaux indicateurs, la strat&#233;gie alimentaire. La question de l'alimentation doit d&#233;sormais se penser dans le cadre des bouleversements induits par l'Anthropoc&#232;ne, c'est-&#224;-dire de la profonde instabilit&#233; du climat, de l'&#233;puisement de ressources vitales comme les sols ou l'eau, de la pollution&#8230; Aujourd'hui 80 % de la population fran&#231;aise habite en ville, ce qui constitue une vuln&#233;rabilit&#233; r&#233;elle et s&#233;rieuse en cas de perturbation dans l'approvisionnement alimentaire. Aux &#233;chelles nationale et territoriale, nous avons besoin d'une approche syst&#233;mique. Le projet de S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation1, connectant l'acc&#232;s de toutes et tous &#224; une alimentation choisie avec la durabilit&#233; des modes de production et la juste r&#233;mun&#233;ration des agriculteur&#183;ices, s'il &#233;tait men&#233; au niveau national, serait une r&#233;ponse syst&#233;mique en mati&#232;re d'agriculture et d'alimentation. Sans attendre, il revient aux collectivit&#233;s territoriales d'appuyer toutes les initiatives qui souhaiteraient tester et &#233;prouver cette volont&#233; de mise en s&#233;curit&#233; de notre alimentation, de la rendre plausible et d&#233;sirable comme r&#233;ponse locale &#224; des vuln&#233;rabilit&#233;s globales.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Quelles ont &#233;t&#233; les &#233;tapes de la mise en place de votre projet ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;En 2021 et 2022, nous avons men&#233; un travail de prospective2 dans le cadre du PAiT (Projet Alimentaire inter-Territorial) qui rassemble la M&#233;tropole et la Ville de Grenoble, deux parcs naturels r&#233;gionaux (Vercors et Chartreuse), les communaut&#233;s de communes avoisinantes&#8230; soit un territoire rassemblant environ 300 communes et 700 000 habitant&#183;es. Avec l'aide de Solagro3, avec la participation d'acteurs du monde agricole, de la distribution et de la soci&#233;t&#233; civile, deux sc&#233;narios ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;s &#224; l'horizon 2050, &#224; partir de l'analyse de l'&#233;volution du climat, de l'artificialisation des sols, de l'&#233;volution des habitudes alimentaires, des relations entre les syst&#232;mes agricoles et alimentaires : un sc&#233;nario tendanciel et un sc&#233;nario d&#233;sirable. Des pr&#233;conisations ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;es, puis une feuille de route soumise &#224; d&#233;lib&#233;ration dans les diff&#233;rentes collectivit&#233;s. La SSA au niveau local est apparue comme une hypoth&#232;se prioritaire, aussi la Ville de Grenoble s'est propos&#233;e d'en &#233;tudier la faisabilit&#233;.&lt;br /&gt;
Notons que nous avons d&#233;fini une strat&#233;gie alimentaire qui, entre autres actions, vise &#224; consolider les acteurs locaux de l'alimentation solidaire, notamment les structures de l'ESS qui op&#232;rent d&#233;j&#224; dans ce champ. La Ville de Grenoble est d'ailleurs entr&#233;e dans la gouvernance d'une SCIC4 qui distribue les denr&#233;es issues d'exploitations locales, s&#233;curisant ainsi l'approvisionnement jusqu'au c&#339;ur de nos quartiers.&lt;br /&gt;
Le projet national de SSA vise &#224; mettre en commun une fraction de la richesse produite, puis de la redistribuer &#224; toutes et tous sous forme d'un montant forfaitaire mensuel, utilisable dans un r&#233;seau de distribution conventionn&#233; d&#233;mocratiquement. Nous avons engag&#233; aussit&#244;t une &#233;tude de faisabilit&#233; de la SSA sur le p&#233;rim&#232;tre de la commune (160 000 habitants, 18 km&#178;) avec l'aide des cabinets d'experts Terralim5 et Tero6. Si au niveau local il n'est pas permis de cr&#233;er d'imp&#244;t, nous explorons le principe d'une caisse associative abond&#233;e par cotisation volontaire des habitant&#183;es, compl&#233;t&#233;e de fonds publics (collectivit&#233;s, recherche) voire priv&#233;s (fondations). Des entreprises qui le souhaiteraient pourraient &#233;galement prendre en charge tout ou partie de la cotisation de leurs salari&#233;&#183;es.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment ont r&#233;agi les structures agricoles pr&#233;sentes dans ces r&#233;flexions ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;La Chambre d'agriculture de l'Is&#232;re &#233;tait pr&#233;sente lors des d&#233;bats, il n'y a eu aucune hostilit&#233; a priori, plut&#244;t une attitude prudente qu'on pourrait r&#233;sumer par : &#171; d&#233;montrez que cela marche et on verra ! &#187;. Certains syndicats agricoles restent attentistes, d'autres accueillent la proposition avec plus d'enthousiasme. Le temps agricole est long, son inertie au changement assez palpable, avec cependant une ouverture aux id&#233;es faisant la preuve de leur efficacit&#233;.&lt;br /&gt;
Il n'y a pour ainsi dire pas de production agricole dans le p&#233;rim&#232;tre de notre commune. Le tissu grenoblois est compos&#233; principalement de coop&#233;ratives d'achat, d'&#233;piceries solidaires, d'AMAP7, d'un supermarch&#233; coop&#233;ratif qui applique une tarification solidaire, d'associations et de collectifs citoyens. Il existe d'ailleurs un collectif local SSA38 dont certains membres sont investis dans l'initiative locale.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment avez-vous pens&#233; la gouvernance du dispositif ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;D&#232;s le mois de mars 2023, une assembl&#233;e des acteurs locaux de l'alimentation et de la solidarit&#233; s'est tenue, rassemblant une soixantaine de personnes, une autre a suivi en novembre. Toutes les clarifications sur les volont&#233;s des uns et des autres, comme les capacit&#233;s d'engagement, ont &#233;t&#233; partag&#233;es. Des groupes de travail th&#233;matiques se sont mis en place. La Ville apporte son soutien &#224; la cellule d'animation pour pr&#233;parer les r&#233;unions et la logistique, et deux &#233;lu&#183;e&#183;s contribuent au travail partenarial.&lt;br /&gt;
J'insiste sur ce point : la qualit&#233; du travail partenarial est une condition majeure de r&#233;ussite du projet. Certes la Ville de Grenoble est un acteur singulier avec un important budget mobilis&#233;, avec une forte ambition en termes d'ampleur du m&#233;canisme et de calendrier. Malgr&#233; l'asym&#233;trie, le principe d'&#233;galit&#233; entre partenaires nous conduit &#224; des prises de d&#233;cisions par consensus.&lt;br /&gt;
Dans la gouvernance provisoire actuelle, par rapport &#224; la gouvernance finale souhait&#233;e, il manque le monde paysan et les consommateurs et consommatrices. Sur le premier point, nous travaillons avec les acteurs de l'ESS en lien avec les producteurs et productrices ainsi qu'avec un repr&#233;sentant de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, rassembl&#233;s au sein du groupe de travail &#171; production &amp; distribution &#187;. Pour le second point, nous ferons &#233;merger cette ann&#233;e une Assembl&#233;e citoyenne de l'alimentation qui int&#233;grera la gouvernance du m&#233;canisme. Le choix a &#233;t&#233; de commencer le travail partenarial sans attendre que le parcours d'engagement citoyen aboutisse, car l'horloge tourne, le mandat est court. La synchronisation s'op&#233;rera dans le passage d'un r&#233;gime transitoire &#224; un r&#233;gime nominal, dans le d&#233;ploiement d'un m&#233;canisme de SSA fonctionnel et robuste dans la derni&#232;re phase du mandat.&lt;br /&gt;
Nous visons un lancement de la Caisse &#224; l'automne 2024, avec ses r&#232;gles et son syst&#232;me de gouvernance ; que les premi&#232;res cotisations puissent &#234;tre vers&#233;es, que les premiers b&#233;n&#233;ficiaires puissent faire leurs achats dans le r&#233;seau de distribution conventionn&#233;. Nombre de questions restent encore &#224; trancher, d'inconnues &#224; clarifier, de pr&#233;cisions &#224; apporter, notamment sur le v&#233;hicule mon&#233;taire&#8230; Je suis confiant, les groupes de travail sont tr&#232;s actifs, l'imagination et l'expertise se combinent plut&#244;t bien !&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_86 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image061.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image061.jpg?1732697033' width='500' height='457' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Souhaitez-vous que, comme &#224; Montpellier par exemple, les b&#233;n&#233;ficiaires soient majoritaires dans la gouvernance ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Cela fait partie des options en discussion. L&#224; o&#249; les b&#233;n&#233;ficiaires ont un r&#244;le crucial, plus que dans le fonctionnement technique de la Caisse, c'est dans le conventionnement, i.e. le choix des producteurs et distributeurs conventionn&#233;s. Par exemple : est-ce que l'on privil&#233;gie le bio ou le local ? Les magasins bio, les coop&#233;ratives, les sup&#233;rettes, la grande distribution ? Mais &#233;galement la place du priv&#233; dans la gouvernance : est-il souhaitable d'int&#233;grer certaines fondations, le r&#233;seau des Biocoop, les march&#233;s de producteurs ? L&#224; o&#249; il y a d&#233;bat, il doit y avoir exercice d&#233;mocratique, avec des choix &#233;clair&#233;s et assum&#233;s. C'est l&#224; que les consommateurs et consommatrices doivent pouvoir exercer leur citoyennet&#233; : le chemin de la d&#233;mocratie alimentaire est long, exigeant, mais assur&#233;ment passionnant !&lt;br /&gt;
Notons que nous ne raisonnons pas en termes d'exp&#233;rimentation : une exp&#233;rimentation a le droit de faire des essais, d'&#233;chouer, de recommencer autrement, d'&#233;chouer &#224; nouveau&#8230; Ce n'est pas non plus un dispositif municipal, &#224; la mani&#232;re ce que pourrait faire un CCAS par exemple : nous sommes dans la construction d'un m&#233;canisme nouveau qui r&#233;pond &#224; un besoin r&#233;el et mal satisfait par la sph&#232;re marchande ou publique, travaill&#233; avec l'ensemble des parties prenantes, une innovation sociale qui vise la p&#233;rennit&#233; et qui survive &#224; sa mont&#233;e en charge et aux al&#233;as politiques&#8230; Si ce projet mobilise de l'argent public au d&#233;marrage, il doit construire son autonomie dans le temps.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Quel est l'ordre de grandeur du nombre de b&#233;n&#233;ficiaires vis&#233; ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous visons pour la premi&#232;re ann&#233;e 1 % de la population grenobloise, soit 1 600 personnes. Du moins c'est ce que nos premi&#232;res mod&#233;lisations indiquent comme capacit&#233; de charge initiale de la Caisse, m&#234;me si beaucoup de param&#232;tres encore non stabilis&#233;s subsistent, porteurs d'incertitudes : c'est un nombre tr&#232;s th&#233;orique, &#224; ne pas prendre comme un &#171; grigri &#187;. Si on ne l'atteint pas formellement la premi&#232;re ann&#233;e ce ne sera pas un &#233;chec pour autant, mais un encouragement &#224; poursuivre nos efforts.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Y a -t-il d'autres territoires dans le D&#233;partement int&#233;ress&#233; &#224; cette id&#233;e ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Lors de l'&#233;tude prospective men&#233;e dans le cadre du PAiT, la SSA sortait comme une priorit&#233; y compris dans les territoires ruraux pour les d&#233;bouch&#233;s de productions agricoles (&#171; si vous nous garantissez un d&#233;bouch&#233;, nous serons partants ! &#187;). Mais &#233;galement comme une r&#233;ponse possible &#224; une pr&#233;carit&#233; alimentaire pr&#233;sente un peu partout, qui soit plus adapt&#233;e que l'aide alimentaire de par la qualit&#233; des produits, du choix souverain, du lien avec l'agriculture vertueuse&#8230;&lt;br /&gt;
La Communaut&#233; de communes de Saint-Marcellin-Vercors-Is&#232;re a manifest&#233; son int&#233;r&#234;t d&#232;s le d&#233;but et suit de pr&#232;s nos travaux, le Parc naturel de Chartreuse envisage un march&#233; de producteurs &#224; tarification solidaire qui, sous certains aspects, peut aussi &#234;tre une forme de SSA. De son c&#244;t&#233; la M&#233;tropole chemine dans sa r&#233;flexion, tout comme certaines communes limitrophes qui attendent que la &#171; preuve de concept &#187; grenobloise fasse la d&#233;monstration de son efficacit&#233;. Par ailleurs, j'ai l'intuition que les territoires situ&#233;s le long de la ligne TER reliant tout le bassin d'emploi grenoblois pourraient avoir int&#233;r&#234;t &#224; ce que les travailleurs et travailleuses pendulaires puissent b&#233;n&#233;ficier d'un m&#233;canisme unifi&#233; de SSA : nous int&#233;grons la modularit&#233; et la scalabilit&#233; dans la conception pour que d'autres territoires puissent, peu &#224; peu, int&#233;grer le m&#233;canisme. Et progressivement, pourquoi pas, aboutir &#224; une SSA &#224; l'&#233;chelle du PaiT ? L'Histoire jugera mais, apr&#232;s tout, on n'est jamais &#224; l'abri du succ&#232;s.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - Janvier 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reconqu&#233;rir la ma&#238;trise par tous de notre alimentation</title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/reconquerir-la-maitrise-par-tous-de-notre-alimentation</link>
		<guid isPermaLink="true">http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/reconquerir-la-maitrise-par-tous-de-notre-alimentation</guid>
		<dc:date>2024-11-27T08:11:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'alimentation est un fait social total qui met en mouvement l'ensemble du syst&#232;me social. La conduite de ce fait social est malheureusement capt&#233;e par les forces de l'agrobusiness national et international. Elle doit revenir aux b&#233;n&#233;ficiaires et leur arme est la d&#233;mocratie alimentaire qu'il faut construire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Outre les exp&#233;rimentations en de nombreux endroits en France (plus de trente), les outils permettant de reprendre ce pouvoir sur l'alimentation de tous sont nombreux : la th&#233;orie (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/" rel="directory"&gt;S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image087.jpg?1732697109' class='spip_logo spip_logo_right' width='101' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'alimentation est un fait social total qui met en mouvement l'ensemble du syst&#232;me social. La conduite de ce fait social est malheureusement capt&#233;e par les forces de l'agrobusiness national et international. Elle doit revenir aux b&#233;n&#233;ficiaires et leur arme est la d&#233;mocratie alimentaire qu'il faut construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les exp&#233;rimentations en de nombreux endroits en France (plus de trente), les outils permettant de reprendre ce pouvoir sur l'alimentation de tous sont nombreux : la th&#233;orie mon&#233;taire, la comptabilit&#233; CARE, les coop&#233;rations &#233;conomiques territoriales. Ils sont explor&#233;s et pr&#233;sent&#233;s ici !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_88 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image032.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image032.jpg?1732697328' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Vous &#234;tes tr&#232;s investie sur la th&#233;matique de la S&#233;curit&#233; Sociale de l'alimentation (SSA) et sa mise en &#339;uvre en Alsace.&lt;br /&gt;
Pouvez-vous nous pr&#233;senter cette approche de la S&#233;curit&#233; Sociale de l'alimentation sur ce territoire ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Eloi NAVARRO, d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral de notre association, a initi&#233; le projet en Alsace. Depuis, nous travaillons tous deux &#224; d&#233;velopper une Mutuelle de l'alimentation. Nous sommes &#224; pr&#233;sent une douzaine de b&#233;n&#233;voles et deux salari&#233;s.&lt;br /&gt;
Les trois piliers de la SSA (universalit&#233; de l'acc&#232;s, cotisation, conventionnement d&#233;mocratique) auxquels aspire cette exp&#233;rimentation ne peuvent &#234;tre satisfaits &#224; notre &#233;chelle. Mais nous pouvons :&lt;br /&gt;
&#8226; Assurer une mixit&#233; sociale pour les b&#233;n&#233;ficiaires (genre, &#226;ge) ;&lt;br /&gt;
&#8226; Organiser les cotisations comme pour une mutuelle classique en compl&#233;tant les fonds pour les personnes en situation de pr&#233;carit&#233; ;&lt;br /&gt;
&#8226; Mettre en &#339;uvre la d&#233;mocratie alimentaire.&lt;br /&gt;
Nous menons pour cela deux actions :&lt;br /&gt;
&#8226; Une Action &#8211; Recherche pr&#233;pare les conditions &#233;conomiques pour lancer le projet de SSA avec une d&#233;marche entrepreneuriale. Il s'agit de d&#233;finir le mod&#232;le &#233;conomique, le prototypage et les coop&#233;rations n&#233;cessaires. Les cotisations seront lev&#233;es selon le principe &#171; chacun cotise selon ses moyens et b&#233;n&#233;ficie en fonction de ses besoins &#187;.&lt;br /&gt;
Pour les personnes en situation de pr&#233;carit&#233;, les CCAS abondent ainsi que des fonds publics autres et des entreprises dans le cadre de leur RSE, dans l'int&#233;r&#234;t de leurs collaborateurs. Nous portons aussi un plaidoyer pour un droit &#224; l'alimentation.&lt;br /&gt;
&#8226; Une Recherche - Action vise &#224; identifier concr&#232;tement, par le biais de la d&#233;mocratie alimentaire, les divers enjeux auxquels doit r&#233;pondre le projet : ces enjeux se situent aux niveaux des individus et du syst&#232;me alimentaire lui-m&#234;me. Au niveau des individus, l'alimentation doit r&#233;pondre aux besoins physiques, physiologiques (valeurs nutritionnelles, qualit&#233;s organoleptiques) ; &#224; leurs besoins sociaux (repas avec la famille, les amis, les coll&#232;gues) ; au respect des singularit&#233;s (convictions, pr&#233;f&#233;rences culturelles).&lt;br /&gt;
Au niveau global et syst&#233;mique, l'alimentation fait partie d'une trame en lien avec le monde agricole mais aussi la transformation des aliments, le stockage, la distribution voire la pr&#233;vention et la gestion des d&#233;chets. Ce programme de Recherche &#8211; Action pense le r&#244;le de la d&#233;mocratie alimentaire comme levier de transformation du syst&#232;me alimentaire en un commun, dont les missions sont aussi l'habitabilit&#233; de la Terre, l'&#233;quit&#233; sociale et la protection des droits humains.&lt;br /&gt;
La d&#233;mocratie alimentaire est essentielle car elle fait le lien entre la transformation du territoire, l'am&#233;nagement des paysages alimentaires, la justice sociale : comment les mangeurs se saisissent de ces questions ? Comment g&#233;rer les ressources de cette bior&#233;gion, comme l'eau sur le Rhin sup&#233;rieur ? Comment les agencements marchands assurent le d&#233;veloppement de fili&#232;res alimentaires durables, et en particulier comment la normativit&#233; comptable &#8211; le mod&#232;le C.A.R.E. &#8211; peut y contribuer ? Tout en construisant un droit &#224; l'alimentation.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Dans quel cadre menez-vous cette recherche ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;L'Action - Recherche se fait au sein de l'association &#171; pour une S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation - Alsace &#187; dont je suis pr&#233;sidente. La Recherche - Action est men&#233;e par l&#8216;Universit&#233; de Strasbourg, avec l'Universit&#233; de Haute Alsace et un programme INTERREG associant &#233;coles d'ing&#233;nieurs ainsi que le collectif national pour une SSA.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_91 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image027.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image027.jpg?1732697394' width='500' height='287' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Concr&#232;tement, o&#249; en &#234;tes-vous ? Dans quelle direction le projet de SSA avance-t-il ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous organiserons un s&#233;minaire &#224; la rentr&#233;e 2024 pour construire avec les mangeurs ce que nous nommons &#171; la connaissance de cause &#187;, comme une Convention Citoyenne de l'Alimentation. Nul ne peut prendre de d&#233;cision &#233;clair&#233;e sans cette connaissance de cause, sans comprendre &#224; quoi nos syst&#232;mes alimentaires contribuent.&lt;br /&gt;
A travers ce s&#233;minaire, des chercheurs partageront les r&#233;sultats de recherche sur le cycle de l'eau, la vie des sols, la sant&#233; humaine ; des ing&#233;nieurs questionneront la transition &#233;nerg&#233;tique, les enjeux de transport, de mobilit&#233;, et il s'agit aussi de valoriser des savoirs non acad&#233;miques... tout en reconnaissant l'&#233;gale dignit&#233; entre ces savoirs.&lt;br /&gt;
Le 11 mars dernier, a &#233;t&#233; organis&#233; un colloque pour mettre en place les comit&#233;s techniques et identifier leurs interfaces dans la phase de prototypage de la Mutuelle de l'Alimentation. Les deux tables rondes ont travaill&#233; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sur les enjeux et le diagnostic de l'ins&#233;curit&#233; alimentaire sur le territoire comme la pr&#233;carit&#233; des &#233;tudiants, des travailleurs paup&#233;ris&#233;s,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sur les perspectives concernant la Mutuelle en termes de valorisation de tous les savoirs acad&#233;miques et pratiques, la recherche sur le droit &#224; l'alimentation, la r&#233;silience territoriale. Il s'agit de co-construire cette connaissance de cause : pour cela nous poursuivrons en visitant des entreprises de transformation, de logistique, des fermes pour que chacun comprenne les paysages alimentaires puis choisir les axes de l'action commune, en responsabilit&#233; et en autonomie, en nous organisant ensemble, collectivement.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment s'op&#232;reront ces recherches ? Et comment voulez-vous populariser leurs r&#233;sultats ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous engageons une recherche contributive, o&#249; paysans et mangeurs sont des contributeurs et non de simples participants observateurs ou observ&#233;s. Personnes volontaires ou tir&#233;es au sort ? Nous ne le savons pas encore. Ce seront les adh&#233;rents de la Mutuelle, repr&#233;sentatifs du tissu territorial, qui choisiront ces modalit&#233;s.&lt;br /&gt;
En France, parmi les 30 initiatives locales regroup&#233;es au sein du Collectif National SSA3, il y a une grande diversit&#233; d'exp&#233;rimentations. La raison en est simple : les gens connaissent leur territoire et les parties prenantes du syst&#232;me alimentaire local. Parce qu'ils d&#233;cident par eux-m&#234;mes et pour eux-m&#234;mes de la mise en &#339;uvre, parce qu'ils sont engag&#233;s dans la transformation territoriale et de son paysage alimentaire, ils d&#233;finissent leurs propres crit&#232;res d'&#233;valuation. Nous travaillerons aussi &#224; un m&#233;dia (capsule vid&#233;o, articles, podcast) qui refl&#232;te ces r&#233;sultats et ces processus.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_90 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image041.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image041.jpg?1732697366' width='500' height='218' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment voulez-vous monter cette Mutuelle de l'Alimentation en Alsace ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Bien qu'au stade de projet, il existe d&#233;j&#224; un accord de consortium - sign&#233; par plusieurs organisations dont des &#233;lus et agents de collectivit&#233;s territoriales, la Chambre d'agriculture, la Conf&#233;d&#233;ration Paysanne, des centres sociaux, des organismes de commerce &#233;quitable, des associations, des universit&#233;s et des labos de recherche - pour engager cette d&#233;marche de prototypage et de cr&#233;ation de la Mutuelle. Trois comit&#233;s de pilotage se sont tenus depuis le 17 mars 2023 puis le Colloque du 11 mars dernier a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; avec ce consortium comme le temps fort pr&#233;figuratif de la premi&#232;re phase de mobilisation citoyenne.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Vous parlez de recherche contributive, qui est un concept que Bernard Stiegler a forg&#233;. Quels sont les rapports entre vos recherches et celles de Bernard Stiegler ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Pour Bernard Stiegler, source d'inspiration pour notre travail, les chercheurs transforment le territoire, et le territoire les transforme en retour. D'o&#249; la notion de Territoire Laboratoire. L'enjeu historique est de bifurquer, nous sommes tous des exp&#233;rimentateurs. Nous ne savons pas encore les r&#233;sultats de nos actions, mais ce qui est essentiel, c'est de d&#233;finir la qualit&#233; des processus engag&#233;s par nos actions et les tendances qu'elles induisent. Ce que nous changerons ce sont les mani&#232;res de prendre des d&#233;cisions et d'en &#233;valuer les impacts, dans un dialogue science(s)-soci&#233;t&#233;. Ceci, afin de d&#233;ployer des formes nouvelles de puissance publique populaire.&lt;br /&gt;
Nous ne pouvons pas &#171; globalement &#187; prot&#233;ger la nature, mais nous pouvons &#171; localement &#187; prendre soin de nos milieux : tout est l&#224;. Nous avons tant mis &#224; mal notre patrimoine socio-environnemental, que nous avons besoin de reconstruire des espaces de coop&#233;ration, d'entraide, de confiance en nous-m&#234;mes et entre acteurs. Cette confiance en l'alt&#233;rit&#233; nous donnera les cl&#233;s de la confiance en l'&#224;-venir. Bernard Stiegler parlait de deux types de futur : un futur clos, devenir, o&#249; l'on demeure l&#224; o&#249; l'on va d&#233;j&#224; ; et le futur ouvert, avenir, que l'on ne peut pr&#233;voir mais que l'on peut pr&#233;parer. C'est un futur ind&#233;termin&#233;, inesp&#233;r&#233;, inattendu avec ce caract&#232;re ouvert, vivant qui rend l'action si enthousiasmante. Il avait travaill&#233; sur la notion d'anti entropie qui est le propre du vivant. Cela s'exprime par la diversit&#233;, l'apparition constante de nouveaut&#233;, de bifurcation. Le travail est donc possible. Voici enfin une proposition o&#249; nous cessons de nous battre contre un mod&#232;le mortif&#232;re, nous disposons d'un projet dynamique et vivant pour lequel &#339;uvrer.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Quels sont les rapports entre vos recherches et les communs ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;La force des communs, comme pr&#233;sent&#233;s par Elinor Ostrom, est d'&#234;tre un dispositif se donnant pour objet de pr&#233;server des ressources ou des droits menac&#233;s. Ce dispositif est port&#233; par une communaut&#233; de parties prenantes attach&#233;e &#224; la pr&#233;servation de la ressource, qui s'est organis&#233;e en se donnant des r&#232;gles de fonctionnement pour remplir cette mission, et surtout une gouvernementalit&#233; d&#233;mocratique de cette action collective. Les ressources ne sont pas pens&#233;es comme un bien public, mais comme propri&#233;t&#233; partag&#233;e entre les parties prenantes. De plus, si l'une d'elles n'a pas respect&#233; les r&#232;gles, il est possible de saisir une instance ext&#233;rieure, garante du respect de cette gouvernance.&lt;br /&gt;
Le lien entre les communs et le syst&#232;me alimentaire est le droit &#224; l'alimentation choisie. Ce droit est garanti aux humains et constitue le ciment de toute communaut&#233; qui veut se constituer pour le d&#233;fendre. C'est en d&#233;finissant des r&#232;gles de conventionnement fond&#233;es sur la d&#233;mocratie alimentaire que se constitue le commun de la SSA. Cela ouvre la possibilit&#233; &#224; l'ensemble des acteurs du syst&#232;me alimentaire (mangeurs, paysans, boulanger, transformateurs des produits, distributeurs...) d'agir pour r&#233;pondre au d&#233;fi d'une alimentation choisie (droit du travail, sant&#233;, transformation du territoire). La force de l'alimentation est qu'elle est un fait social total touchant toute personne et toutes communaut&#233;s.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Quels sont les rapports entre vos recherches, les communs et Karl Polanyi ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Karl Polanyi, &#233;conomiste, historien et anthropologue, auteur de &#171; La Grande Transformation &#187; et de &#171; La Subsistance de l'Homme &#187;, cherchait l'origine du fascisme et du nazisme, dont il a v&#233;cu en Europe le d&#233;veloppement. Selon lui, &#171; le p&#233;ch&#233; originel du capitalisme &#187; &#233;tait dans le fait que les trois conditions de production de la valeur, &#224; savoir la monnaie, la biosph&#232;re et le travail humain, y &#233;taient per&#231;ues comme des ressources, et uniquement comme telles.&lt;br /&gt;
Dans le commun de la SSA, la nature et le travail humain sont par principe co-g&#233;r&#233;s de fa&#231;on responsable via la d&#233;mocratie alimentaire. Pas encore la monnaie. Tant que la SSA restera au niveau local, nous n'aurons pas le contr&#244;le de la cr&#233;ation mon&#233;taire, nous serons ench&#226;ss&#233;s dans une macrostructure plus vaste et nous pourrions nous retrouver, malgr&#233; nous, pris en &#233;tau et possiblement en &#233;chec pour disposer des moyens de notre politique locale. Nous devons examiner quels sont les impens&#233;s du syst&#232;me en lien avec la SSA et l'int&#233;grer dans une r&#233;flexion transdisciplinaire plus large, par exemple sur la th&#233;orie mon&#233;taire : qu'est-ce que la monnaie ? Et aussi interroger nos bassins de vie (autonomie territoriale, bior&#233;gion).&lt;br /&gt;
Le projet de SSA s'appuie sur l'imaginaire de la S&#233;curit&#233; sociale : garantie de l'universalit&#233; des acc&#232;s, cotisation proportionnelle, conventionnement des prestations. La sp&#233;cificit&#233; de la Sant&#233; est que tout le monde ne tombe pas malade en m&#234;me temps. L'alimentation, c'est tous les jours et pour tou&#183;te&#183;s.&lt;br /&gt;
Les exp&#233;rimentations &#224; Montpellier et Bordeaux font appel &#224; une monnaie locale compl&#233;mentaire et ce sera sans doute assez g&#233;n&#233;ralis&#233; dans nos initiatives locales. La monnaie locale compl&#233;mentaire a l'avantage de rester sur le territoire d'&#233;mission. Elle l'ensemence, poussant tous les achats vers les producteurs et acteurs locaux, des commerces ou produits choisis localement. Dans le syst&#232;me macro&#233;conomique actuel, seules les banques priv&#233;es peuvent cr&#233;er de la monnaie, sous la forme de monnaie &#8211; dette, c'est-&#224;-dire en mettant en circulation sur le march&#233;, l'argent qui est emprunt&#233; par les particuliers, les entreprises, les &#201;tats. Cette monnaie dispara&#238;t lorsque le pr&#234;t est rembours&#233;. Mais cela donne aux banques priv&#233;es un poids incommensurable sur le monde : le pouvoir de d&#233;cider o&#249; investir, et donc de pr&#233;figurer le monde car l'argent est le temps allou&#233; (et inversement).&lt;br /&gt;
Tant que nous ne serons pas cr&#233;ateurs de monnaie, nous ne pourrons pas investir durablement et massivement pour transformer les paysages alimentaires &#224; la hauteur des d&#233;fis de notre &#233;poque et nous demeurerons avec fatalit&#233; dans une impasse : nous ne disposerons pas des moyens pour sortir des contraintes et des pratiques de l'agriculture productiviste et capitaliste, d'o&#249; provient 80 % de l'alimentation actuelle. Certains chercheurs proposent d'utiliser une monnaie subvention4 (inverse de la monnaie dette), cr&#233;&#233;e en dehors de toute dette, qui permettrait de sortir de cette impasse sans &#234;tre en contradiction avec le droit europ&#233;en. Ce sont des pistes de travail &#224; creuser.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_89 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image073.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image073.jpg?1732697334' width='500' height='282' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Outre ces questions li&#233;es &#224; la monnaie, votre recherche vise-t-elle &#224; utiliser les nouvelles formes de normativit&#233; comptable (C.A.R.E.) sur les territoires alsaciens o&#249; vous voulez exp&#233;rimenter la SSA ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;C'est un axe important : le CERCES6 est signataire de l'Accord de Consortium. Nous sommes soci&#233;taires de l'ICGS (Institut de formation en Comptabilit&#233; et Gestion Soutenables). Nous souhaitons que les acteurs &#233;conomiques du projet SSA, comme la Mutuelle, puissent mobiliser des experts comptables form&#233;s &#224; C.A.R.E.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Pouvez-vous pr&#233;senter votre m&#233;thode concernant la d&#233;finition de votre mod&#232;le &#233;conomique ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Le point cl&#233; est la coop&#233;ration : c'est pourquoi nous nous portons candidat &#224; un PTCE7. Beaucoup d'argent circule dans la cha&#238;ne de valeurs de l'alimentation : nous pensons n&#233;cessaire de r&#233;agencer la circulation de ces liquidit&#233;s, pour les mettre &#224; des endroits choisis d&#233;mocratiquement. Nous avons candidat&#233; aupr&#232;s de la Banque des Territoires dans le cadre d'un appel &#224; manifestation d'int&#233;r&#234;t, pour construire un d&#233;monstrateur des transitions agricole et alimentaire et &#233;laborer son mod&#232;le &#233;conomique, autour du projet de Mutuelle. Ce que la Mutuelle tente de faire, c'est d'organiser la d&#233;mocratie alimentaire, dans toutes ses dimensions, de fa&#231;on &#224; rendre r&#233;plicables et scalables nos m&#233;thodes et nos processus qualitatifs. Nous souhaitons d&#233;montrer une preuve de concept de ce que la SSA peut apporter. Nous pourrions m&#234;me aller plus loin et r&#233;fl&#233;chir dans le cadre de ce PTCE avec la mise en place d'une comptabilit&#233; &#233;cosyst&#232;me-centr&#233;e C.E-C. Et donc de nouvelles formes de coop&#233;ration &#233;conomique.&lt;br /&gt;
Souvent est dit que la SSA &#171; va co&#251;ter tr&#232;s cher &#187; car on pense au &#171; trou de la S&#233;cu &#187;. Mais ce trou n'a pas de r&#233;alit&#233; ! Il ne faut pas confondre ce qu'a &#233;t&#233; la Sociale et ce que fonde l'&#201;tat social8. D'abord, ce qui est sollicit&#233; n'est pas le budget de l'&#201;tat. D'autre part, ces fonds circulent d&#233;j&#224;, sont d&#233;pens&#233;s, affect&#233;s sans coordination. C'est le r&#244;le de la d&#233;mocratie alimentaire que de proc&#233;der &#224; leur r&#233;affectation. R&#233;affecter ne co&#251;te pas plus cher : &#224; l'int&#233;rieur du cadre actuel, on ne peut rien faire. Il faut changer de cadre ; c'est le c&#339;ur du projet, et le plus difficile &#224; faire comprendre.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Mais il faut cependant exp&#233;rimenter, montrer &#224; petite &#233;chelle, sur un petit budget, de quelles fa&#231;ons cela pourrait marcher, le nouveau cadre &#224; mettre en place !&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;C'est notre intention : nous nous appuierons sur les exp&#233;riences d&#233;j&#224; engag&#233;es, notamment de monnaies locales compl&#233;mentaires comme la Mona &#224; Montpellier et Soli'doume &#224; Clermont Ferrand. Nous lan&#231;ons 3 territoires pilotes : 2 en agglom&#233;ration &#224; Strasbourg et Mulhouse, 1 dans la ruralit&#233; , dans le Pays du Sundgau.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Avez-vous des contacts hors de France ? Y a-t-il des perspectives &#224; l'international ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Oui, sont en lien avec le collectif national pour une SSA de nombreuses personnes en Belgique, Suisse, Allemagne, Italie, Royaume-Uni, Pologne et en Am&#233;rique du Nord.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - F&#233;vrier 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une &#233;picerie solidaire et participative &#224; Dunkerque</title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/une-epicerie-solidaire-et-participative-a-dunkerque</link>
		<guid isPermaLink="true">http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/une-epicerie-solidaire-et-participative-a-dunkerque</guid>
		<dc:date>2024-11-27T08:11:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;picerie participative &#171; La source &#187; &#224; Dunkerque fonctionne avec la participation active des &#171; adh&#233;rents-clients &#187; de l'&#233;picerie au fonctionnement et &#224; la gestion de l'&#233;picerie. Elle s'approvisionne en circuit court et direct et de fa&#231;on hebdomadaire aupr&#232;s des producteurs locaux. Cet exemple est loin d'&#234;tre isol&#233; et pr&#233;figure de nouveaux modes solidaires et participatifs de distribution alimentaire et d'&#233;picerie qui pourraient &#234;tre des maillons essentiels de la S&#233;curit&#233; Sociale de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/" rel="directory"&gt;S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image076.jpg?1732697609' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;picerie participative &#171; La source &#187; &#224; Dunkerque fonctionne avec la participation active des &#171; adh&#233;rents-clients &#187; de l'&#233;picerie au fonctionnement et &#224; la gestion de l'&#233;picerie. Elle s'approvisionne en circuit court et direct et de fa&#231;on hebdomadaire aupr&#232;s des producteurs locaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet exemple est loin d'&#234;tre isol&#233; et pr&#233;figure de nouveaux modes solidaires et participatifs de distribution alimentaire et d'&#233;picerie qui pourraient &#234;tre des maillons essentiels de la S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation locale. Une grande ville comme Dunkerque innoverait en s'appuyant sur cette ressource pour lancer une exp&#233;rimentation de s&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_93 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image060.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image060.jpg?1732697653' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Faisons connaissance de votre &#233;picerie participative1. Pouvez-vous nous la pr&#233;senter ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Elle a quatre ans, je suis &#224; l'initiative du projet avec un salari&#233;. On est dans Dunkerque, dans un quartier populaire, une grosse majorit&#233; des adh&#233;rents sont de Dunkerque, mais pas tous. Elle a vite grandi et nous sommes &#224;-peu-pr&#232;s deux cents familles adh&#233;rentes. Les statuts de l'association demandent de donner trois heures de son temps par mois, mais certains donnent beaucoup plus.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Et quel type de t&#226;ches peuvent-ils effectuer ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;A peu pr&#232;s tout ce qu'on fait dans l'&#233;picerie : la gestion des commandes, la facturation, le m&#233;nage, la mise en rayon, la distribution, la collecte des produits. On va nous m&#234;me tous les vendredi matin dans les fermes chercher les produits frais, pour &#233;viter le d&#233;placement aux paysans. Quatre &#233;quipes vont dans la campagne avec leurs v&#233;hicules r&#233;cup&#233;rer le lait, le beurre, les fromages, la viande... ce sont des &#233;quipes d'adh&#233;rents, tous b&#233;n&#233;voles.&lt;br /&gt;
Au total, nous nous approvisionnons aupr&#232;s de 75 paysans et fournisseurs. Il y a aussi quelques coop&#233;ratives. Mais les paysans r&#233;guliers, chez qui on va tous les vendredis, sont une bonne trentaine.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;J'ai vu sur le site de l'&#233;picerie que vous aviez un grand nombre de produits : vous &#234;tes pratiquement une &#233;picerie compl&#232;te ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Oui, on vend du papier toilette, du shampoing, du gel douche, des produits m&#233;nagers, mais aussi les pattes, le riz, le sucre, l'huile ...On ne veut plus que les gens aillent au supermarch&#233;, tout simplement ! C'est la d&#233;marche de l'&#233;picerie : on ne veut plus alimenter ceux qui &#233;tranglent nos paysans. On fonctionne en circuit court, directement avec des fournisseurs, des mara&#238;chers, des paysans, etc. nous leur rendons le service d'&#234;tre au plus pr&#232;s du client.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Et, si je comprends bien, il n'y a pas de main-d'&#339;uvre finalement, puisque c'est les adh&#233;rents qui font les services !&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Oui ! Et en plus, on ne tire pas les prix : ce sont les prix des paysans ! On prend 20 % de marge, ce que tout le monde sait, le paysan et le consommateur : cela permet de payer un loyer, nos charges &#233;lectriques et maintenant un salari&#233;. Et nous, en tant que consommateur, on enl&#232;ve les 20 % et on sait &#224; quel prix on a pay&#233; le paysan.&lt;br /&gt;
Et c'est vrai pour les viandes : les animaux sont &#233;lev&#233;s ici et les abattoirs sont locaux. Pour les produits m&#233;nagers, nous passons par un grossiste engag&#233;, Ecodis, certifi&#233; Ecocert. Nous sommes l&#224; aussi en circuit court avec possibilit&#233; de discussion.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment passez-vous vos commandes et g&#233;rez-vous votre tr&#233;sorerie ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous payons le producteur tout de suite. Nous demandons au client de faire une avance de 50 &#8364; (s'il le peut). Cela permet d'avoir une tr&#233;sorerie saine et de ne pas faire attendre le producteur (&#224; l'inverse de la grande distribution qui paie &#224; 60 jours, voire 90 jours). Nous ne voulons pas &#234;tre tributaire d'une subvention ou d'une aide quelconque pour le fonctionnement de notre &#233;picerie.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_94 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image059.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image059.jpg?1732697662' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La SSA &#224; Dunkerque&lt;/h3&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Y-a-t-il &#224; Dunkerque des projets de S&#233;curit&#233; sociale de l'Alimentation ?&lt;br /&gt;
Seriez-vous int&#233;ress&#233; &#224; ce que cela fonctionne ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;On parle depuis un moment, mais &#231;a reste &#224; l'&#233;tat de quelques r&#233;unions. Ce sont des projets qui demandent pas mal d'&#233;nergie au lancement : il faut un collectif, qu'il soit soud&#233; et sache dans quelle direction aller.&lt;br /&gt;
Bien s&#251;r, nous sommes int&#233;ress&#233;s par ce genre de projet. Au sein de l'&#233;picerie, il y a forc&#233;ment des adh&#233;rents qui pourraient, s'ils &#233;taient &#233;paul&#233;s ou encadr&#233;s, s'engager dans ce genre de projet.&lt;br /&gt;
J'&#233;tais militant &#233;cologiste. A la suite des gilets jaunes, nous avons d&#233;cid&#233; d'agir au niveau de l'alimentation, dans une d&#233;marche d'&#233;conomie locale et circulaire. Nous ne voulions plus alimenter ceux que l'on d&#233;nonce, qui abusent de nos paysans et qui font des b&#233;n&#233;fices &#233;normes.&lt;br /&gt;
Au d&#233;but, je pensais &#224; une &#233;picerie solidaire, mais je me suis rendu compte que le seul gagnant &#233;tait le supermarch&#233; qui d&#233;fiscalise ce qu'il donne, qui va continuer &#224; surproduire et fournira des cochonneries au plus modestes d'entre nous. Ce n'&#233;tait pas vraiment dans mes valeurs. Avec un petit groupe, nous avons opt&#233; pour ce projet d'&#233;picerie participative, qui nous semble beaucoup plus coh&#233;rent avec nos valeurs.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Ne pensez-vous pas qu'avec cette &#233;picerie participative, vous initiez un peu un circuit tr&#232;s proche de la SSA ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous y r&#233;fl&#233;chissons : on voit les centres sociaux donner des ch&#232;ques alimentation aux plus d&#233;munis, qui sont souvent utilis&#233;s dans la grande distribution, ce qui est une aberration. Nous pourrions accepter ces ch&#232;ques et donner quelque chose de sain, pas forc&#233;ment plus cher et rendre agriculteurs et clients b&#233;n&#233;ficiaires &#224; divers niveaux !&lt;br /&gt;
Cela ne demanderait pas grand-chose aux Centres de Secours (o&#249; &#224; une Caisse de SSA) de conventionner des agriculteurs de vente directe, des &#233;piceries participatives comme la n&#244;tre, des &#233;piceries solidaires du secteur. Les b&#233;n&#233;ficiaires auraient un ch&#232;que fl&#233;ch&#233; sur des syst&#232;mes alimentaires vertueux !&lt;br /&gt;
Les contributions sous forme de travail des deux cents familles pourraient continuer : c'est un lieu o&#249; on a un lien social important, un lieu est &#224; nous tous. On a lanc&#233; des ateliers cuisine, une cantine &#224; prix libre le jeudi, un bureau social. On a un vestiaire, une biblioth&#232;que, on fait des cours de fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re pour les demandeurs d'asile et les r&#233;fugi&#233;s. On a r&#233;cup&#233;r&#233; un autoclave pour faire nos conserves nous-m&#234;mes avec un adh&#233;rent, professionnel de cela.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Existe-t-il un r&#233;seau d'&#233;piceries participatives ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Il y a une f&#233;d&#233;ration des &#233;piceries autog&#233;r&#233;es, des &#233;piceries non tributaires de subvention et compl&#232;tement autonomes, cr&#233;&#233; par les Diony coop.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - F&#233;vrier 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;mocratie alimentaire, d&#233;fense de la paysannerie et droit &#224; l'alimentation</title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/la-democratie-alimentaire-defense-de-la-paysannerie-et-droit-a-l-alimentation</link>
		<guid isPermaLink="true">http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/la-democratie-alimentaire-defense-de-la-paysannerie-et-droit-a-l-alimentation</guid>
		<dc:date>2024-11-27T08:11:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Si les objectifs des AMAP (d&#233;fense d'une &#171; agriculture locale &#233;conomiquement viable, socialement &#233;quitable et &#233;cologiquement soutenable &#187;, la &#171; promotion d'un rapport responsable et citoyen &#224; l'alimentation &#187;1) et ceux de la S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation (&#171; d&#233;fense du droit &#224; l'alimentation saine et choisie &#187;) ne sont pas identiques, ils sont tr&#232;s proches et partagent une volont&#233; commune de d&#233;mocratie alimentaire ! La pr&#233;sentation vivante de ce mouvement par une repr&#233;sentante du (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/" rel="directory"&gt;S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image089.jpg?1732698101' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='139' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si les objectifs des AMAP (d&#233;fense d'une &#171; agriculture locale &#233;conomiquement viable, socialement &#233;quitable et &#233;cologiquement soutenable &#187;, la &#171; promotion d'un rapport responsable et citoyen &#224; l'alimentation &#187;1) et ceux de la S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation (&#171; d&#233;fense du droit &#224; l'alimentation saine et choisie &#187;) ne sont pas identiques, ils sont tr&#232;s proches et partagent une volont&#233; commune de d&#233;mocratie alimentaire ! &lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;sentation vivante de ce mouvement par une repr&#233;sentante du MIRAMAP illustre cette proximit&#233; et t&#233;moigne de certaines exp&#233;rimentations en commun, de liens &#233;troits et concrets sur le terrain. Le travail en commun ne pourrait qu'&#234;tre profitable aux producteurs locaux et aux habitants mangeurs et &#224; la d&#233;mocratie alimentaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_96 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image083.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image083.jpg?1732697923' width='500' height='263' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Vous &#234;tes repr&#233;sentante du MIRAMAP (Mouvement Inter R&#233;gional des AMAP) et du r&#233;seau des AMAP (Association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne) d'Ile-de-France&lt;br /&gt;
Pouvez-vous nous pr&#233;ciser ces responsabilit&#233;s ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Je suis membre d'une AMAP dans Paris 15&#232;, administratrice du r&#233;seau des AMAP franciliennes, d&#233;l&#233;gu&#233;e au MIRAMAP. Je suis principalement investie au MIRAMAP comme administratrice et co-porte-parole.&lt;br /&gt;
Comme le mouvement des AMAP a un fonctionnement horizontal et s'appuie sur les principes de l'&#233;ducation populaire, le MIRAMAP n'est pas au-dessus des r&#233;seaux locaux et des AMAP. Son r&#244;le est de rassembler, d'assurer la coh&#233;rence, d'animer, d'aider &#224; la mutualisation et aux &#233;changes de pratiques. Je fais partie d'un collectif d'une quinzaine d'administrateurs &#233;lus de toutes les r&#233;gions de France. On emploie 2 salari&#233;es, on est en charge d'&#233;laborer avec l'ensemble du mouvement le projet strat&#233;gique, l'animation de 5 groupes de travail et de deux commissions. En France, on compte environ 2300 groupes AMAP et 3700 fermes en AMAP ce qui fait 250 000 mangeurs. Il y a une vingtaine de salari&#233;s en tout dans l'ensemble des r&#233;seaux r&#233;gionaux.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment vous &#234;tes-vous engag&#233;e dans ces activit&#233;s ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Personnellement je suis venue dans les AMAP pour prot&#233;ger ma sant&#233; et celle de ma famille, mais aussi par conviction &#233;cologique et politique contre le syst&#232;me de l'agro-industriel qui nous m&#232;ne dans le mur. C'est un militantisme riche et agr&#233;able, bas&#233; sur la gouvernance partag&#233;e, la communication non-violente, l'exp&#233;rimentation, l'intelligence collective. Et au niveau des r&#233;seaux et du MIRAMAP, des convictions politiques fortes pour construire l'avenir.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Les AMAP sont un mouvement engag&#233;, n&#233; il y a un peu plus de 20 ans.&lt;br /&gt;
Pouvez-vous nous raconter l'origine de ce mouvement, ses buts, son &#233;volution, sa composition sociologique et ses partenaires actuellement ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;&#192; la toute origine du mouvement des AMAP, on trouve les luttes du Larzac, d'Attac, de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne et des r&#233;seaux de Alliance PEC (Paysan, Ecologiste, Consommateur) contre la &#171; mal bouffe &#187;, les OGM et la mainmise de la grande distribution sur l'agriculture. Il s'est inspir&#233; des SPG (Syst&#232;me Participatif de Garantie) de Nature et Progr&#232;s, des fondamentaux de l'agriculture biologique, des Tekei au Japon.&lt;br /&gt;
Concr&#232;tement la premi&#232;re AMAP a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e &#224; Aubagne en 2001 lors d'une r&#233;union sur la mal bouffe avec un couple de paysans, les Vuillon, qui avaient vu une CSA (Community Supported Agriculture) fonctionner aux USA.&lt;br /&gt;
Le MIRAMAP s'est construit ensuite en 2010 sur l'impulsion des r&#233;seaux r&#233;gionaux, constitu&#233;s au fur et &#224; mesure pour renforcer la coh&#233;sion des AMAP de leur territoire. Il s'est imm&#233;diatement lanc&#233; dans l'&#233;criture collective de la Charte2 de 2014. Il anime aujourd'hui un r&#233;seau de plus de 2 000 AMAP et d'une quinzaine de r&#233;seaux territoriaux. Il travaille surtout avec les militants et salari&#233;s des r&#233;seaux locaux qui sont ancr&#233;s sur le terrain aupr&#232;s des AMAP &#171; de base &#187;.&lt;br /&gt;
Notre but est de changer le syst&#232;me et nous n'y arriverons pas seul. Donc le MIRAMAP lutte avec d'autres : avec le P&#244;le InPact (10 structures agricoles alternatives), le collectif Nourrir (54 associations) o&#249; nous travaillons au plaidoyer, en ce moment dans le cadre de la future Loi d'Orientation Agricole. Avec le CTC (Collectif pour la Transition Citoyenne), le MES (Mouvement de l'Economie Solidaire), le Collectif SSA, nous soutenons les Soul&#232;vements de la terre. Nous sommes dans un &#233;cosyst&#232;me de mouvements alternatifs et de lutte pour des transitions, ruptures, pour autre projet de soci&#233;t&#233;, un autre monde &#8230;&lt;br /&gt;
Voir notre site pour plus de d&#233;tails &lt;a class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; href='https://miramap.org/' rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://miramap.org/&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Les AMAP sont &#233;videmment immerg&#233;es dans le monde paysan, qui est un monde extr&#234;mement divers, mais lui aussi pour une large part en grande difficult&#233;.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;On a vu r&#233;cemment que le monde paysan &#233;tait tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;ne. Notre mouvement compos&#233; de paysans et de mangeurs affirme que l'agriculture concerne tous les citoyens. Le cloisonnement corporatiste emp&#234;che de parler sur le fond des politiques agricoles.&lt;br /&gt;
Nous avons la m&#234;me analyse qu'avant sur les crises, nous voulons un revenu paysan pour prot&#233;ger l'environnement et produire une alimentation saine et durable, c'est ce que nous faisons dans nos AMAP depuis 20 ans.&lt;br /&gt;
La co-gestion de la FNSEA et des divers gouvernements est toujours favorable aux 20% des agriculteurs qui raflent 80% des paiements directs de la PAC vers&#233;s &#224; l'hectare. Ce syndicat, manipulateur avec ses adh&#233;rents de base, choisit d'&#233;liminer l'agriculture paysanne, la bio et les mesures environnementales que veut la soci&#233;t&#233; civile. Nous, nous voulons le pluralisme dans les instances de d&#233;cisions agricoles o&#249; des citoyens doivent si&#233;ger pour que l'agriculture soient dirig&#233;es pour l'int&#233;r&#234;t de tous et non pour le profit de quelques-uns. Nous voulons la d&#233;mocratie alimentaire dans les territoires par des Conseils alimentaires communaux et r&#233;gionaux, pluralistes repr&#233;sentant l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral des habitants. Nous voulons l'arr&#234;t du libre-&#233;change et des r&#233;gulations europ&#233;ennes plus fortes pour garantir des revenus d&#233;cents &#224; tous les paysans du monde.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;On note parfois que les personnes &#224; petit budget sont peu pr&#233;sentes au sein des AMAP, qu'elles seraient orient&#233;es vers les bobos.&lt;br /&gt;
Qu'en dites-vous ? Quelle est la sociologie des AMAP ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Effectivement et &#231;a ne nous plait pas trop. Une enqu&#234;te a &#233;t&#233; faite en Ile-de-France (r&#233;gion certes sp&#233;cifique). Les r&#233;pondants, majoritairement des r&#233;pondantes, &#233;taient en majorit&#233; des personnes ayant fait des &#233;tudes sup&#233;rieures. Nos ennemis nous matraquent en disant que &#171; le bio c'est cher, les AMAP sont pour les bobos &#187; . Les grandes surfaces qui ont marg&#233; jusqu'&#224; 80 % sur les produits bio pendant des ann&#233;es ont contribu&#233; &#224; agrandir la coupure entre deux types d'alimentation li&#233;s &#224; des groupes sociaux diff&#233;rents. La bio est attaqu&#233;e, ses subventions supprim&#233;es, ses fondamentaux d&#233;voy&#233;s. Dans les AMAP on trouve des produits bio au prix du pas bio, puisque nous n'avons pas d'interm&#233;diaire, peu de frais touch&#233;s par l'inflation.&lt;br /&gt;
Le probl&#232;me n'est pas &#233;conomique mais culturel, bas&#233; sur le d&#233;calage entre l'imm&#233;diatet&#233; du plaisir de manger et la temporalit&#233; de la croissance des l&#233;gumes ou des animaux dans les fermes. Pour s'engager en AMAP, il faut payer en d&#233;but de &#171; saison &#187; pour l'ann&#233;e &#224; venir et cet engagement est difficile pour les personnes en situation de pr&#233;carit&#233;. Pendant la crise du COVID, certains paysans ne pouvaient plus vendre sur les march&#233;s de plein vent, les aides alimentaires n'&#233;taient plus distribu&#233;es et de nombreuses AMAP, qui &#339;uvrent, par principe, &#224; la logistique de la vente directe des paysans, ont lanc&#233; des actions de solidarit&#233; et d'inclusivit&#233;.&lt;br /&gt;
Le MIRAMAP a d&#233;marr&#233; ensuite un chantier sur l'accessibilit&#233; &#224; l'alimentation et r&#233;dig&#233; un guide &#171; Agir en AMAP pour un acc&#232;s de tous &#224; une alimentation durable et choisie &#187; pour aider les AMAP &#224; aller vers le public pr&#233;caire. C'est une exigence pour nous, nous sommes engag&#233;s aussi pour changer la soci&#233;t&#233; !&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment cherchez-vous &#224; &#233;largir votre base, aussi bien paysanne que de consommateurs ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Comme ceux qui ont &#233;crit &#171; Reprendre la terre aux machines &#187;, nous savons que le syst&#232;me ne changera pas en augmentant le nombre d'AMAP, mais il nous faut continuer &#224; d&#233;fendre l'agriculture paysanne, &#224; lutter contre la disparition des fermes, &#224; r&#233;sister, &#224; &#234;tre le grain de sable dans la machine, &#224; donner de l'espoir.&lt;br /&gt;
Donc nous continuons &#224; sensibiliser, &#224; mobiliser, &#224; structurer notre mouvement, &#224; nous &#233;largir sans compromis qui affaibliraient notre identit&#233; et nos valeurs, &#224; &#234;tre plus forts en alliance avec d'autres. Nos mouvements alternatifs d'&#233;ducation populaire ont besoin aussi de cr&#233;er le rapport de force avec &#171; nos ennemis &#187;.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_97 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image085.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image085.jpg?1732697932' width='500' height='263' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Cela fait une bonne transition avec la question de la S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation.&lt;br /&gt;
Comment se positionnent les AMAP, au plan global ou localement, vis-&#224;-vis de ce projet ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Au niveau global, le MIRAMAP est partenaire du Collectif pour la SSA depuis le d&#233;but.&lt;br /&gt;
Nous sommes vivement interpell&#233;s par le projet de SSA, mais les mod&#232;les sont diff&#233;rents. Les AMAP partent de la d&#233;fense de l'agriculture paysanne et de son lien avec les mangeurs. La SSA part du droit &#224; l'alimentation. &#199;a se rejoint dans la volont&#233; de d&#233;mocratie alimentaire territoriale.&lt;br /&gt;
L'exp&#233;rimentation de SSA la plus aboutie que je connaisse est celle du CLAC3 de Cadenet, dans le Vaucluse, dans lequel l'AMAP locale joue un r&#244;le important. Le financement de la Fondation de France fait fonctionner une Caisse SSA, les b&#233;n&#233;ficiaires tir&#233;s au sort touchent 150 &#8364; par mois pendant deux ans. Sont conventionn&#233;s l'AMAP local (&#224; 100 %), un magasin de producteurs (&#224; 70% des produits) et une &#233;picerie locale (&#224; 50 %).&lt;br /&gt;
Certaines AMAP ont un prix de panier fix&#233; en fonction du quotient familial, sans contr&#244;le. Des AMAP et r&#233;seaux montent des projets solidaires avec des tiers financeurs publics ou priv&#233;s pour inclure des familles &#224; petits budgets avec l'aide des Centres Sociaux et des collectivit&#233;s territoriales. En Hauts-de-France : P.A.N.I.E.R.S est un projet, au d&#233;part financ&#233; par des collectivit&#233;s locales, pour la cr&#233;ation d'un fonds de dotation de solidarit&#233; alimentaire via les AMAP et les paysans bio de la r&#233;gion.&lt;br /&gt;
Les paysans sont en butte avec les grandes surfaces qui les ruinent. Par exemple, il vaudrait mieux que les produits conventionn&#233;s par les Caisses SSA ne soient pas vendus dans ces lieux parce que nous souhaitons d&#233;courager les mangeurs d'y mettre les pieds. Il y a encore beaucoup de questionnements &#224; r&#233;gler, le d&#233;bat est riche.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Pensez-vous qu'une prise de position de soutien &#224; la SSA soit possible ? Que des exp&#233;rimentations locales d'AMAP avec des projets locaux de SSA puisse se faire ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Des AMAP m&#232;nent d&#233;j&#224; des exp&#233;riences proches de la SSA. Un Groupe de Travail &#171; accessibilit&#233; &#187; (de l'alimentation) du MIRAMAP rassemble d&#233;j&#224; ces pratiques &#224; partir de toutes les r&#233;gions de France. Les deux projets sont poreux, des militants circulent entre les deux.&lt;br /&gt;
Ces deux projets divergent d&#233;j&#224; dans la temporalit&#233;, les AMAP sont l&#224; et la r&#233;alisation de la SSA est assez lointaine pour le moment. Le principe d'universalit&#233; est impossible &#224; r&#233;aliser sans une loi, l'obtenir ne sera pas facile.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - Janvier 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
