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		<title>Alters Editions</title>
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		<title>Les communs, con&#231;us pour r&#233;pondre &#224; la radicalit&#233; de l'anthropoc&#232;ne !</title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-grands-entretiens/article/les-communs-concus-pour-repondre-a-la-radicalite-de-l-anthropocene-20</link>
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		<dc:date>2024-11-18T14:21:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Benjamin Coriat est un th&#233;oricien reconnu des Communs. Il apporte ici des r&#233;ponses th&#233;oriques et pratiques aux questions d'acteurs cherchant &#224; d&#233;velopper des Communs. Les Communs, ce sont une ressource &#224; prot&#233;ger, une communaut&#233; qui veut la prot&#233;ger, et une gouvernance visant &#224; cette protection. La raison pour laquelle ils ont de l'importance et de l'avenir, c'est leur dimension &#233;cologique, pour laquelle ils ont &#233;t&#233; pens&#233;s. Les biens communs &#171; c'est la m&#234;me chose, mais ils ne sont pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-grands-entretiens/" rel="directory"&gt;Grands Entretiens n&#176;2&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image074.jpg?1731942906' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Benjamin Coriat est un th&#233;oricien reconnu des Communs. Il apporte ici des r&#233;ponses th&#233;oriques et pratiques aux questions d'acteurs cherchant &#224; d&#233;velopper des Communs. Les Communs, ce sont une ressource &#224; prot&#233;ger, une communaut&#233; qui veut la prot&#233;ger, et une gouvernance visant &#224; cette protection. La raison pour laquelle ils ont de l'importance et de l'avenir, c'est leur dimension &#233;cologique, pour laquelle ils ont &#233;t&#233; pens&#233;s. Les biens communs &#171; c'est la m&#234;me chose, mais ils ne sont pas prot&#233;g&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la question, &#171; La lecture peut-elle &#234;tre un commun ? &#187; il r&#233;pond : &#171; Le livre est partiellement en-commun : la partie qui est en acc&#232;s libre, partag&#233; (dans les diverses biblioth&#232;ques publiques) est un bien commun. Mais l'autre partie de cet objet qui est soumise &#224; une appropriation priv&#233;e, exclusive, &#224; acc&#232;s marchand et payant, n'est pas un Commun &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_40 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image001.jpg?1731943125' width='500' height='232' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#2980b9;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:22px;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Communs et biens communs&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:#2c3e50;&#034;&gt;Comment d&#233;finir les biens communs et les communs ? Qu'est-ce qui les diff&#233;rencie ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une question vraiment importante, qui n'est pas tr&#232;s simple, mais sur laquelle on peut poser quelques rep&#232;res utiles. Et sur ce sujet, il faut respecter le r&#244;le des fondateurs, c'est-&#224;-dire suivre Elinor Ostrom&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;, ce qui est tout &#224; fait mon cas. Trois choses distinguent les communs de toutes autres choses :&lt;br /&gt;
1. Le commun concerne une ressource (ou un bien) en acc&#232;s partag&#233; : c'est souvent un bien tangible et foncier (comme un &#233;tang avec ses poissons, une for&#234;t), mais cela peut &#234;tre une ressource immat&#233;rielle (une musique ou un po&#232;me...), dont l'acc&#232;s est libre, partag&#233;, sans droits limitant cet acc&#232;s.&lt;br /&gt;
2. Sur cette ressource, il faut qu'il y ait des ayants-droits clairement d&#233;finis, droits et obligations ayant &#233;t&#233; th&#233;oris&#233;s un peu plus tard par Ostrom avec la notion de &#171; Faisceau de droits &#187; (bundle of right). Il y a une pluralit&#233; d'usagers, disposant de droits et d'obligations, qui peuvent ne pas &#234;tre de m&#234;me nature pour tous : droits d'acc&#232;s, droits d'usage de la ressource, droit d'exploitation, de gestion... mais qui tournent autour du pr&#233;l&#232;vement ou de l'usage permettant d'en assurer la reproduction &#224; long terme.&lt;br /&gt;
3. La communaut&#233; se dote d'une structure de gouvernance, dont la mission est de veiller au respect de la reproduction &#224; long terme de la ressource.&lt;br /&gt;
On voit que l'id&#233;e de Hardin&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;, selon laquelle les communs conduiraient &#224; la disparition de la ressource - &#224; ce qu'il nommait la &#171; trag&#233;die des communs &#187; - est absurde : en fait, le commun est &#224; l'inverse, fait pour assurer la reproduction &#224; long terme des communs, pour prot&#233;ger ces ressources qui sont l'objet de destruction si elles sont sujettes &#224; appropriation priv&#233;e. Les communs ne sont pas une ressource ouverte sur laquelle chacun peut piller : cela c'est le priv&#233;. Le commun est une ressource partag&#233;e et gard&#233;e.&lt;br /&gt;
Ma d&#233;finition propre du commun pose qu'un commun est un dispositif institutionnel qui permet la reproduction conjointe de la communaut&#233; et de l'&#233;cosyst&#232;me qui abrite cette communaut&#233;. J'insiste ici sur la dimension &#233;cologique des communs, c'est la raison pour laquelle ils ont de l'importance et de l'avenir. C'est une diff&#233;rence avec l'ESS, mais nous allons y revenir.&lt;br /&gt;
Les biens communs, c'est la m&#234;me chose, sauf qu'ils ne sont pas &#171; gard&#233;s &#187;. Leur gouvernance ne le leur permet pas, et de ce fait ils sont sujets &#224; la &#171; trag&#233;die des communs &#187;, c&#8216;est &#224; dire en fait condamn&#233; au pillage et &#224; la pollution, &#224; la destruction. Les cas types sont l'air, l'eau, le climat : ce sont des biens partag&#233;s, les utilisateurs ont des droits et des obligations, mais la gouvernance est totalement inefficiente.&lt;br /&gt;
Toute notre t&#226;che et celle de la g&#233;n&#233;ration future est transformer les biens communs en communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#2c3e50;&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;La lecture peut-elle &#234;tre un bien commun ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture porte sur un objet, le livre. Cet objet est partiellement en-commun, c'est la partie de cette activit&#233; qui porte sur des objets en acc&#232;s libre, partag&#233;s (dans les diverses biblioth&#232;ques publiques) : cette partie est un bien commun. Mais une autre partie de cet objet (le livre objet de commerce) est soumise &#224; une appropriation priv&#233;e, exclusive, &#224; acc&#232;s marchand et payant. La lecture porte &#224; la fois sur des choses constitu&#233;es en communs, et sur des choses qui ne le sont pas du tout. Elle ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme v&#233;ritable commun (ou bien commun) ! Sauf &#224; faire dispara&#238;tre la propri&#233;t&#233; exclusive des &#233;diteurs.&lt;br /&gt;
En signant leur contrat avec les &#233;diteurs, les auteurs c&#232;dent leurs droits d'auteurs &#224; l'&#233;diteur, pour des dizaines d'ann&#233;es. Ce sont eux qui font ensuite d&#233;finir l'acc&#232;s (nature du support, r&#233;seau de distribution, prix&#8230;). Ainsi, compte tenu des prix exorbitants des revues ou livres scientifiques, on exclut une grande partie de la communaut&#233; scientifique de l'acc&#232;s &#224; ces livres et revues (sauf &#224; &#234;tre membre d'une riche universit&#233;). La science n'est un bien commun qu'en th&#233;orie, mais ne l'est pas du tout en pratique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_41 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image028.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image028.jpg?1731943161' width='500' height='272' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#2c3e50;&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Comment assurer leur robustesse (quelques id&#233;es sur les Design Principles de E. Ostrom) ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette robustesse est assur&#233;e par une structure de gouvernance qui garantit l'acc&#232;s &#224; la ressource partag&#233;e au sein d'une communaut&#233; plus ou moins large. Ce mode de gouvernance garantit aussi un mode de consommation qui ne compromette pas les int&#233;r&#234;ts des g&#233;n&#233;rations futures. Il y a donc des enjeux fondamentaux sur la fa&#231;on dont on construit la gouvernance. L'exemple de la COP 21, qui devait pr&#233;ciser ces droits et obligations concernant le climat, montre l'inverse de ce qui &#233;tait attendu : la d&#233;ficience voire la d&#233;bilit&#233; du mode de gouvernance retenue au niveau international pour le climat.&lt;br /&gt;
La philosophie des Design Principles mis au point par Ostrom peut &#234;tre r&#233;sum&#233;e ainsi : plus le commun est petit, plus la communaut&#233; est bien d&#233;finie, plus le commun sera facile &#224; gouverner. A l'inverse, plus il sera grand, complexe, mal d&#233;fini ; plus il concernera un grand nombre de personnes, plus il deviendra difficile, voire impossible &#224; gouverner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#2c3e50;&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Prenons le cas des exp&#233;rimentations de S&#233;curit&#233; Sociale Alimentaire qui sont d&#233;crits dans les interviews des &#233;lus Marie Massat (Montpellier) et Antoine Black (Grenoble). Les &#233;chelles de ces exp&#233;rimentations et les nombres de b&#233;n&#233;ficiaires sont encore tr&#232;s limit&#233;s, mais des principes de gouvernance mixte (associant des ayants droits) se mettent en place d&#233;crits dans ces interviews.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exp&#233;rimentations sont tr&#232;s utiles car elles nous permettent d'apprendre, notamment si on veut monter en gamme, remonter au niveau national. L'exemple de la S&#233;curit&#233; sociale est &#233;videmment la base sur lequel il faut s'appuyer. Les principes fondateurs de la S&#233;curit&#233; Sociale sont ici une r&#233;f&#233;rence essentielle. Ils peuvent &#234;tre r&#233;sum&#233;s comme suit :&lt;br /&gt;
1. Il faut une cotisation sociale obligatoire pour tous,&lt;br /&gt;
2. L'acc&#232;s &#224; la ressource (la sant&#233; dans la SS, l'alimentation dans le cas de la SSA) est universelle, elle n'est pas li&#233;e &#224; la cotisation, mais aux besoins.&lt;br /&gt;
3. La structure de gouvernance doit &#234;tre mixte associant salari&#233;s et ayants droits. C'est d'ailleurs un des principes d'Ostrom, que la voix des ayants droits, y compris celle des plus faibles, soit puissante dans les gouvernances des communs. Sinon, le commun n'a pas d'avenir.&lt;br /&gt;
Ce qui justifie la pr&#233;sence des Autorit&#233;s publiques, dans les instances de la SSA c'est le fait que, in fine, c'est la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re qui b&#233;n&#233;ficiera de cette alimentation plus saine, pr&#233;servant une alimentation plus ancr&#233;e dans le local, des modes d'agriculture pr&#233;servant l'&#233;cologie et le social dans la fili&#232;re. Il ne s'agit pas simplement &#171; d'un don &#187;, mais d'une contribution au service public, au contrat social dont la puissance publique est suppos&#233;e &#234;tre le garant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;,&lt;br /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - Janvier 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;1. Elinor Ostrom, prix Nobel en Science Economique en 2009, est la fondatrice mondialement reconnue de la th&#233;orie des communs&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Garrett Hardin, biologiste, partisan des th&#232;ses de Malthus, eug&#233;niste, auteur en 1968 d'un argument th&#233;orique appel&#233; &#171; Trag&#233;die des Communs &#187; dont la critique par Elinor Ostrom a fournit la base de sa th&#233;orie des communs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mobiliser des forces civiles, cr&#233;er un socle social &#224; la transition &#233;cologique !</title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-grands-entretiens/article/mobiliser-des-forces-civiles-creer-un-socle-social-a-la-transition-ecologique</link>
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		<dc:date>2024-07-03T05:06:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Didier Racin&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>&#233;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; L'Op&#233;ration Milliard pour une transformation &#233;cologique &#187; a &#233;t&#233; lanc&#233;e le 26 mars ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est notable qu'une initiative de ce type vienne de la soci&#233;t&#233; civile : cela t&#233;moigne de son besoin d'actions contre les destructions provoqu&#233;es par la modernit&#233; (d&#233;g&#226;ts sociaux, environnementaux, atteintes &#224; la d&#233;mocratie, ...). &lt;br class='autobr' /&gt;
Le c&#339;ur, l'essentiel de cette op&#233;ration : mobiliser des forces civiles pour cr&#233;er un socle social indispensable &#224; la transition &#233;cologique ! Et pour cela retisser la trame (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-grands-entretiens/" rel="directory"&gt;Grands Entretiens n&#176;2&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://alters-editions.fr/mot/economie" rel="tag"&gt;&#233;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/sibille-lucas.jpg?1719990200' class='spip_logo spip_logo_right' width='123' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; L'Op&#233;ration Milliard pour une transformation &#233;cologique &#187; a &#233;t&#233; lanc&#233;e le 26 mars !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est notable qu'une initiative de ce type vienne de la soci&#233;t&#233; civile : cela t&#233;moigne de son besoin d'actions contre les destructions provoqu&#233;es par la modernit&#233; (d&#233;g&#226;ts sociaux, environnementaux, atteintes &#224; la d&#233;mocratie, ...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur, l'essentiel de cette op&#233;ration : mobiliser des forces civiles pour cr&#233;er un socle social indispensable &#224; la transition &#233;cologique ! Et pour cela retisser la trame d'une soci&#233;t&#233; de solidarit&#233;, de contribution, rem&#233;dier &#224; la perte de liens de personnes &#224; personnes, de lien avec la nature !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous souhaitons plein succ&#232;s &#224; cette initiative du Milliard, qui est pr&#233;sent&#233;e ici par son initiateur, dans un d&#233;bat avec un ancien Haut Fonctionnaire de l'&#201;tat et des acteurs importants du monde associatif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_42 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image025.jpg?1732196111' width='500' height='401' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#2c3e50;&#034;&gt;&lt;em&gt;Didier&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style=&#034;color:#2c3e50;&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Bastien, quels sont les objectifs du projet du Milliard ? Pourquoi le d&#233;dier aux associations, aux coop&#233;ratives ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est urgent, c'est qu'on arrive &#224; cr&#233;er des alliances entre des mondes qui fonctionnent chacun dans leur couloir de nage, de fa&#231;on s&#233;par&#233;e ; je pense au monde des coop&#233;ratives d'une part, &#224; celui des associations d'autre part. Je viens du monde des coop&#233;ratives engag&#233;es dans la transition, et je vois bien qu'il y a des enjeux communs, plus forts que ce qui s&#233;pare ces deux mondes. Cette urgence, elle est d'abord d&#233;mocratique, puis sociale et enfin &#233;cologique.&lt;br /&gt;
Le Milliard, c'est un objectif et un pont : c'est une occasion de faire alliance, de faire route commune. Les fa&#231;ons de faire cette alliance ont bien &#233;t&#233; montr&#233;es par Claude Alphand&#233;ry lors de la journ&#233;e du 6 juillet 2023, et dans la lettre qu'il a &#233;crite &#224; cette occasion : l'alliance dans la R&#233;sistance s'est faite parce que les acteurs de la r&#233;sistance ont men&#233; des combats communs, ont partag&#233; ces luttes concr&#232;tes. C'est ainsi que se fera et doit se faire l'alliance entre les mondes coop&#233;ratifs et associatifs.&lt;br /&gt;
Qu'est-ce que ce projet du Milliard ? Il est n&#233; de la tension entre l'avenir pour la soci&#233;t&#233; port&#233; par les projets des associations, des coop&#233;ratives, des entreprises sociales ; et la r&#233;alit&#233; actuelle de ces acteurs, c'est-&#224;-dire ce qui est r&#233;ellement financ&#233; pour faire avancer ces projets pour la transition.&lt;br /&gt;
Ils sont nombreux ceux qui veulent faire la transition, mais ceux qui veulent lui donner une dimension sociale r&#233;elle sont sans moyens.&lt;br /&gt;
Le Milliard, c'est dire cette tension ! Cela ne permet &#233;videmment pas de financer la transition, ni m&#234;me le passage &#224; l'&#233;chelle. Mais le Milliard, peut approfondir le processus de la transition, le documenter, le faire rentrer dans la t&#234;te des gens et en particulier des dirigeants, le faire rentrer dans le march&#233;. Le Milliard, c'est tisser des liens entre nous de fa&#231;on &#224; ce que, devant des contraintes politiques et sociopolitiques, nous soyons pr&#234;ts, que les mod&#232;les pens&#233;s dans une &#233;tape de marginalit&#233; soient pr&#234;ts &#224; &#234;tre mis en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Didier&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style=&#034;color:#2c3e50;&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Jean-Michel, le cadre que vous avez pr&#233;sent&#233; en 2020, au cours de cette p&#233;riode du COVID, que nous avons rappel&#233; en introduction, a-t-il &#233;volu&#233; et en quoi ? Quels objectifs pourriez-vous imaginer de nos jours ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message que j'essayais de faire passer aux associations en 2021, &#233;tait qu'il fallait qu'elles rel&#232;vent la t&#234;te : la soci&#233;t&#233; ne peut se passer d'elles. On l'a constat&#233; durant le COVID : la soci&#233;t&#233; a eu confiance en elles. Beaucoup plus que dans le syst&#232;me marchand. Quand la confiance r&#232;gne, un pr&#234;t &#224; long terme ne doit pas faire peur.&lt;br /&gt;
Ce qui a &#233;volu&#233;, c'est que cette discussion n'a plus cours aujourd'hui : durant le COVID, nous avons &#233;t&#233; sauv&#233;s par les relations d'humanit&#233;, de solidarit&#233;, des relations non marchandes entre les personnes ! Soutenir ces relations souvent port&#233;es par des associations &#233;tait d'int&#233;r&#234;t collectif. Aujourd'hui, c'est oubli&#233; ; les relations marchandes ont repris le dessus. La confiance dans l'associatif a disparu et, avec elle, le &#171; cr&#233;dit &#187; que la soci&#233;t&#233; devrait lui accorder &#224; travers ce pr&#234;t &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_43 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image081.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image081.jpg?1732196141' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Didier&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style=&#034;color:#2c3e50;&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Bastien, vous avez exprim&#233; votre souhait qu'avec le Milliard, un d&#233;bat, un combat d&#233;mocratique s'instaure pour approfondir le processus de la transition, pour en cartographier les controverses et en pr&#233;parer le cours d&#233;mocratique, social et &#233;cologique.&lt;br /&gt;
Pouvez-vous d&#233;velopper ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet du Milliard, ce n'est pas uniquement obtenir un milliard d'euros, c'est d'abord que les lignes bougent, qu'il y ait des acteurs qui se mobilisent pour faire changer les choses. Cela montre la dimension politique du projet : nous ne nous d&#233;signons pas comme force politique, mais comme &#171; force civile d'action &#187;, pour faire changer la cit&#233;. Quelque part, il faut cr&#233;er un rapport de forces : au d&#233;part, il faut que 5 &#224; 10 000 personnes engagent le processus, s'unissent pour r&#233;unir cent millions d'euros. Cela p&#232;se en termes d'engagement !&lt;br /&gt;
Il faut souhaiter que cette tension soit positive et constructive. Notons que la r&#233;ception aupr&#232;s des financeurs bancaires est excellente : on les aide &#224; avancer, ils cherchent des solutions, et l'&#233;tablissement d'un dialogue les int&#233;resse fortement. Il y a des controverses, &#233;videmment, et nous avons &#224; consolider nos positions et objectifs, &#224; les cartographier : ainsi par exemple, qu'est-ce que la r&#233;mun&#233;ration juste du Capital dans la transition ? Que doit &#234;tre celle des salari&#233;s ? Qu'est-ce que la d&#233;mocratie ? Quels sont les grands secteurs o&#249; investir (l'eau, les sols, l'air...) ? Mais pour construire le rapport de force, pour prendre des d&#233;cisions, il faut une discussion d&#233;mocratique entre nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Jean-Baptiste Jobard&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Jean-Michel, dans ta proposition de 2020, tu &#233;voquais un pr&#234;t &#224; tr&#232;s long terme et qui, sous certaines conditions (int&#233;ressantes &#224; explorer d'ailleurs), pouvait &#234;tre reconduit. Cette r&#233;flexion &#233;tait stimulante car elle permettait d'envisager le fonctionnement des associations.&lt;br /&gt;
Si ce point nous semble particuli&#232;rement important, c'est parce qu'il invite &#224; penser deux besoins compl&#233;mentaires : un &#171; socle de s&#233;r&#233;nit&#233; &#187; c'est-&#224;-dire un financement de fonctionnement s&#233;curis&#233; d'une part. Et d'autre part parfois le besoin d'investissements, ce qui am&#232;ne &#224; penser autrement la solvabilit&#233; de l'investissement et le retour sur celui-ci. Ces deux besoins pouvant &#234;tre &#224; relier &#233;videmment.&lt;br /&gt;
Comment parvenir &#224; penser ensemble la r&#233;ponse &#224; ces deux types de besoin de financement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Jean-Michel&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Ma proposition &#233;tait de sortir les associations du champ marchand, pour leur apporter, avec les 8 milliards, les moyens d'un fonctionnement privil&#233;giant les relations de qualit&#233; entre les personnes, sans subir l'&#233;p&#233;e de Damocl&#232;s de la concurrence.&lt;br /&gt;
Le plaidoyer repose sur les valeurs fondamentales de l'Union europ&#233;enne : permettre aux personnes d'acc&#233;der &#224; plus de libert&#233;s effectives de faire des choix et de leur garantir des relations de dignit&#233;. Le mouvement associatif, par les relations qu'il sait &#233;tablir entre les personnes, est mieux &#224; m&#234;me que le march&#233; concurrentiel de r&#233;pondre &#224; ces valeurs fondamentales. Je devrais dire &#224; ces valeurs &#233;mancipatrices.&lt;br /&gt;
A condition toutefois que le mouvement associatif ne tombe pas dans le panneau de la marchandise. Il doit refuser que sa r&#233;alit&#233; soit uniquement interpr&#233;t&#233;e comme de &#171; l'offre &#187; de &#171; services &#187; &#224; des &#171; demandeurs &#187;. Il doit revendiquer sa mission d'int&#233;r&#234;t collectif qui est de d&#233;ployer des relations &#233;mancipatrices de personnes &#224; personnes.&lt;br /&gt;
Bastien&lt;br /&gt;
Le gros output du projet, ce n'est pas le Milliard ! C'est de rendre des capacit&#233;s d'action aux acteurs les mieux positionn&#233;s, c'est de leur rendre leur fiert&#233;, au quotidien.&lt;br /&gt;
Ni les forces du march&#233;, ni l'&#201;tat ne pourront adresser les enjeux, certes ! Mais on n'y arrivera pas non plus sans l'&#201;tat. Sans doute l'&#201;tat est en d&#233;faut, mais sans l'&#201;tat, on n'y arrivera pas non plus. La structure du financement demand&#233; dans le projet refl&#232;te parfaitement cette r&#233;alit&#233; : r&#233;unir 100 millions d'euros dans un premier temps, en s'appuyant sur les apports individuels de 5 &#224; 10 000 personnes ; puis obtenir des investisseurs institutionnels 200 millions d'euros, et enfin, de l'&#201;tat le compl&#233;ment &#224; 700 millions d'euros.&lt;br /&gt;
J'ai 44 ans, dans ma g&#233;n&#233;ration, beaucoup de personnes ont d&#233;sert&#233;, sont partis dans le secteur marchand et n'ont pas voulu rentrer dans l'&#201;tat. Il faut reconqu&#233;rir cette partie des talents. 2027 et les chocs exog&#232;nes g&#233;opolitiques qui se pr&#233;parent me pr&#233;occupent. Sur les 700 Millions que nous voulons aller chercher aupr&#232;s de l'&#201;tat et la Commission europ&#233;enne, il y aura 350 millions en investissements (que nous voulons n&#233;gocier aupr&#232;s de la Caisse des D&#233;p&#244;ts et la BPI), et 350 millions sous forme de subventions, aupr&#232;s de Bercy et de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#2c3e50;&#034;&gt;&lt;em&gt;Didier&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Pour que cet argent puisse &#234;tre profitable, serve r&#233;ellement &#224; la transition, ne faut-il pas que les acteurs associatifs, coop&#233;ratifs, des communs aient d&#233;gag&#233; des lignes claires, que le projet soit bien pr&#233;par&#233;, que les cartographies des controverses soient bien d&#233;finies ?&lt;br /&gt;
Comment allez-vous le faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Bastien&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Le premier objectif est effectivement d'avoir un r&#233;cit commun : il faut s'entendre sur des fondamentaux, autour de quelques valeurs radicales, allant &#224; la racine des choses. Les deux mondes, aussi bien associatifs et coop&#233;ratifs sont extr&#234;mement h&#233;t&#233;rog&#232;nes, et nous n'arriverons pas &#224; aligner tout le monde. Ce n'est pas grave.&lt;br /&gt;
Mais il faut que la question de la valeur et de sa r&#233;partition soit tr&#232;s claire. La crise &#233;cologique est un probl&#232;me d'in&#233;galit&#233; sociale. Les gens qui ne seront pas d'accord avec cela sont en dehors de la route que nous voulons tracer. Une mauvaise r&#233;partition sociale aura une dimension d'in&#233;galit&#233; &#233;cologique. Donc la question &#233;cologique est centrale et les questions sociales doivent &#234;tre tourn&#233;es vers les questions &#233;cologiques.&lt;br /&gt;
Il y a enfin une troisi&#232;me question, la question d&#233;mocratique : il faut donner la capacit&#233; d'agir aux personnes, et non pas leur en retirer en disant que &#171; nous savons ce qu'il faut faire &#187;. Il faut s'engager avec elles dans la co construction. C'est sur ces sujets que les &#233;quipes travaillent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Jean-Michel&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Je reviens sur la question de l'&#201;tat. Ce qui est important dans notre d&#233;bat, c'est l'&#233;tat de droit au niveau europ&#233;en. Il fixe les termes obligatoires que tous les acteurs devront respecter. En l'occurrence, le cadre europ&#233;en le plus pervers est celui pos&#233; par la constitutionnalisation de la concurrence au niveau de l'Union. En effet, les associations, les coop&#233;ratives et autres entit&#233;s de l'ESS ont beau dire qu'elles sont non lucratives, d'utilit&#233; sociale, d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, vertueuses en somme, elles sont quand m&#234;me soumises &#224; la concurrence. C'est terrible : les valeurs auxquelles on croit n'ont pas d'importance puisque d&#232;s qu'une activit&#233; se pr&#233;sente comme un &#171; service &#187; offert pour r&#233;pondre &#224; un &#171; besoin &#187;, elle devient &#171; &#233;conomique &#187; et est absorb&#233;e par la machine marchande concurrentielle ! Et, en plus, &#224; son corps d&#233;fendant !&lt;br /&gt;
La traduction concr&#232;te se lit dans les fameux SIEG (Services d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral) qui sacralisent la concurrence marchande m&#234;me dans la sph&#232;re publique ! Il fallait oser !&lt;br /&gt;
Accepter cette logique des SIEG revient &#224; &#233;touffer la sp&#233;cificit&#233; &#233;mancipatrice du mouvement associatif en niant tout importance politique aux relations de personnes &#224; personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&#034;color:#2c3e50;&#034;&gt;Didier&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Mais justement, il y a des principes, non pas li&#233;s au march&#233;, mais &#224; la conservation de certains droits ou de ressources &#224; prot&#233;ger, dans lesquels les relations sociales, les relations d'humanit&#233; sont au centre : ces principes, ce sont ceux des communs.&lt;br /&gt;
N'y a-t-il pas &#224; expliciter ces notions de communs dans les controverses &#224; cartographier au niveau du projet ?&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Bastien&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Il faut rappeler qu'historiquement, la force de r&#233;gulation du march&#233;, c'est l'&#201;tat. Chaque fois que l'&#201;tat a recul&#233; dans sa r&#233;gulation des march&#233;s et dans le fait que le march&#233; soit encastr&#233; dans la soci&#233;t&#233;, alors la soci&#233;t&#233; a r&#233;agi pour se prot&#233;ger en mettant en avant des forces autoritaires. Cela c'est Polanyi. Notre action, c'est rappeler l'&#201;tat &#224; ses responsabilit&#233;s.&lt;br /&gt;
Les projets autour des communs et des biens communs sont magnifiques, et le Milliard peut &#234;tre conduit &#224; en soutenir, mais s'ils existent, c'est que l'&#201;tat est d&#233;faillant et ils existent l&#224; o&#249; l'&#201;tat ne peut agir.&lt;br /&gt;
Je suis un homme de projet qui se r&#233;clame des biens communs, et je travaille avec des coop&#233;ratives, des associations qui sont des personnes morales qui se battent pour des biens communs. Je suis rentr&#233; dans les questions sociales avec Val&#233;rie Peugeot, sur les questions des logiciels libres, au sein de VECAM, o&#249; nous avons repens&#233; la question de la propri&#233;t&#233; intellectuelle. Les communs, c'est passionnant au plan intellectuel, mais il faut regarder ce qui est en place, et je ne vois pas d'op&#233;rationnalisation des communs. Nous n'avons pas le temps d'attendre que les forces sociales se structurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Marianne&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
L'&#201;tat est en principe le premier garant de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, il le prot&#232;ge. Or, aujourd'hui l'&#201;tat tout comme le secteur de l'&#233;conomie sociale et solidaire est travers&#233; par des logiques de financiarisation et de marchandisation qui vont &#224; l'encontre de ce principe. Ces logiques rencontrent les int&#233;r&#234;ts des acteurs financiers qui sont pouss&#233;s &#224; rendre leurs investissements plus &#171; verts &#187; et plus &#171; sociaux &#187;.&lt;br /&gt;
Le Milliard peut, dans ce cadre, attirer ces acteurs financiers mais alors il s'agira principalement d'investissements financiers et non de subvention. Pour les coop&#233;ratives, il sera possible de rendre les fonds avanc&#233;s sous forme d'investissements mais pour les associations, ce ne sera pas possible !&lt;br /&gt;
Comment travaillez-vous sur ces questions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Bastien&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
On ne pourra pas faire de transition sans revoir le rapport au capital. Il faut que les acteurs du capital repensent leur dispositif et modifient, r&#233;duisent la r&#233;mun&#233;ration du capital. Ceci les rapproche du syst&#232;me associatif : on dit que les coop&#233;ratives sont &#224; lucrativit&#233; limit&#233;es ; et que les associations sont non lucratives. Parfait, mais si les coop&#233;ratives pouvaient &#234;tre non lucratives, je ne serais pas g&#234;n&#233;. La lucrativit&#233; limit&#233;e peut &#234;tre encore plus limit&#233;e. D'ailleurs, &#224; ma connaissance, les coop&#233;ratives versent tr&#232;s peu de dividendes.&lt;br /&gt;
D'autre part, les salaires des associations aussi peuvent &#234;tre cons&#233;quents. On doit pouvoir veiller &#224; limiter ou stopper l'enrichissement personnel. Et si on met de l'argent, on doit pouvoir le retirer. De plus, il faut aussi pouvoir subventionner certaines activit&#233;s au sein des coop&#233;ratives. Toutes ces choses nous rapprochent.&lt;br /&gt;
Il faut sortir de la logique uniquement financi&#232;re : les subventions pour le fonctionnement peuvent &#234;tre d'excellents investissements, les valeurs qu'elles engendrent pouvant &#234;tre sociales et &#233;cologiques. On peut faire la d&#233;monstration que l'on n'aura jamais la m&#234;me production de valeur dans des associations ou des coop&#233;ratives.&lt;br /&gt;
Les 350 millions d'euros de subvention seront massivement d&#233;di&#233;s au mouvement associatif, pour d&#233;velopper ses capacit&#233;s, l'&#233;ducation populaire &#233;tant l'une des toutes premi&#232;res priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Jean-Michel&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Je reviens sur l'&#233;tat du droit en Europe, car nous y sommes tous confront&#233;s : il est possible de sortir du tout marchand concurrentiel impos&#233; m&#234;me au mouvement associatif. L'Union a en effet pr&#233;vu que, sous certaines conditions, des activit&#233;s puissent ne pas &#234;tre &#171; &#233;conomiques &#187;. La d&#233;finition de ces activit&#233;s reste floue mais, &#224; c&#244;t&#233; de l'&#233;cole primaire, on trouve des activit&#233;s qui contribuent &#224; la dignit&#233; des personnes, conform&#233;ment aux valeurs fondamentales de l'Union.&lt;br /&gt;
&#201;videmment, les textes ne parlent que de la dignit&#233; de personnes d&#233;class&#233;es par rapport au march&#233; du travail ! Toutefois, rien n'emp&#234;che de lutter pour que la reconnaissance des activit&#233;s non marchandes s'&#233;largisse &#224; toute activit&#233; dont la finalit&#233; est la qualit&#233; des relations de personnes &#224; personnes et non la vente de &#171; services &#187;.&lt;br /&gt;
Le mouvement associatif, attentif &#224; l'&#233;thique des relations de personnes &#224; personnes, serait en bien meilleure position que le lucratif pour d&#233;fendre ces valeurs fondamentales de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#2c3e50;&#034;&gt;&lt;em&gt;Didier&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Avant de passer &#224; des questions plus op&#233;rationnelles et pour clore (temporairement) cette discussion sur les valeurs,&lt;br /&gt;
Comment sont abord&#233;es ces questions &#224; cette &#233;tape dans le projet du Milliard ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Bastien&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Rien dans le projet du Milliard ne doit conduire &#224; mettre sur le march&#233; des processus exigeant la rentabilit&#233; des associations, ou qui pourraient induire cette exigence : ce serait un &#233;chec. Une fois que j'ai dit cela, je suis conscient du risque : les forces du march&#233; p&#233;n&#232;trent le secteur social, par exemple &#224; travers les entreprises &#224; mission. Nos coop&#233;ratives &#224; nous sont certes tr&#232;s proches de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, mais il nous faut densifier nos positions, et pour cela faire une alliance avec le secteur associatif. C'est ce pas que nous sommes en train de faire avec le secteur associatif. Mais il faut &#233;viter que l'on arrive &#224; du n&#233;gatif, &#224; ce qu'on se marche sur les pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Jean Baptiste&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Un dernier point sur les principes d'action avant de passer &#224; la partie op&#233;rationnelle.&lt;br /&gt;
On peut avoir en t&#234;te la d&#233;finition de la d&#233;mocratie par Paul Ricoeur pour nous &#233;clairer : &#171; est d&#233;mocratique, une soci&#233;t&#233; qui se reconna&#238;t divis&#233;e, c'est-&#224;-dire travers&#233;e par des contradictions d'int&#233;r&#234;ts, et qui se fixe comme modalit&#233; d'associer &#224; parts &#233;gales chaque citoyen dans l'expression, l'analyse, la d&#233;lib&#233;ration et l'arbitrage de ces contradictions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e est donc de veiller &#224; l'&#233;galit&#233; de l'expression et &#224; la qualit&#233; de la d&#233;lib&#233;ration et des arbitrages. D'ailleurs la notion de &#171; tiers veilleurs &#187; que l'on applique dans les recherches-actions peut &#234;tre utile dans cette perspective. Il s'agit de veiller &#224; ce que le cap soit fix&#233; par une valeur cardinale : la dignit&#233;. Cynthia Fleury en parle tr&#232;s bien dans ses d&#233;veloppements sur l'interd&#233;pendance et cela aide &#224; penser des dispositifs &#224; partir de la notion de r&#233;ciprocit&#233; qui est une notion aidant &#224; faire la jonction entre l'&#233;conomique (on pense &#224; l'importance du concept chez Polanyi) et le politique&#8230;&lt;br /&gt;
Donc sur les principes d'actions, il semble que le chemin est assez bien balis&#233;. Mais sur la traduction op&#233;rationnelle en actions concr&#232;tes, c'est une autre paire de manche. En effet, comment r&#233;ussir cette transformation sans r&#233;inventer le triple cadre dans lequel elle va se d&#233;rouler : la fiscalit&#233;, la monnaie (et la politique mon&#233;taire) et la comptabilit&#233; (c'est la raison pour laquelle nous nous int&#233;ressons de pr&#232;s &#224; la comptabilit&#233; CARE d'ailleurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_44 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image029.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image029.jpg?1732196276' width='500' height='398' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#2c3e50;&#034;&gt;&lt;em&gt;Didier&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;A propos de la forme du Fonds, de sa gouvernance : Bastien, comment imaginez-vous, le fonctionnement de ce Fonds du Milliard ? Quelles en seraient les r&#232;gles de gouvernance ? Envisagez-vous la cr&#233;ation d'un organe de gouvernance ? Comment le constituer d&#233;mocratiquement avec la communaut&#233; &#339;uvrant dans le but vis&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais d'abord r&#233;pondre sur l'action du Fonds qui se mettra en place : autant sa mise en place est r&#233;galienne, affaire de l'&#201;tat, autant nous nous consid&#233;rons comme force de propositions, et pas juste sur le mode &#171; on fait la R et D, et ils prennent ou non le projet &#187;, mais sur le mode &#171; on fait la R et D et on prend le pouvoir &#187;.&lt;br /&gt;
Ainsi, par exemple, pour les structures o&#249; la comptabilit&#233; triple doit &#234;tre mise en place, qui paie pour cette mise en place ? Ce sera ce fonds ! Quand je disais que les 200 millions d'euros allaient servir &#224; r&#233;aliser des investissements, je pensais notamment &#224; cette mise en place de la comptabilit&#233; et, pour la monnaie, il faudra mettre en place des monnaies locales et l&#224; aussi il faudra financer ces investissements.&lt;br /&gt;
La forme du Fonds sera celle de l'action actuelle, la forme de la bataille des prochains mois. L'output du projet, je le r&#233;p&#232;te, ce n'est pas le Milliard, mais les questions dont on discute : les avanc&#233;es dans notre projet, la compr&#233;hension de la valeur, la question de l'&#233;change...&lt;br /&gt;
La question, c'est comment on constitue un commun, avec cette communaut&#233; que constitue l'ensemble des personnes qui s'y investissent. L&#224; je suis d'accord, je suis un homme du logiciel libre, il faut un &#233;norme wiki, pour que chacun puisse contribuer &#224; cette &#233;norme base de connaissances. Il faut le mettre au centre pour nous permette de g&#233;rer ce processus. On aurait besoin de capacit&#233;s de Recherche Action qui nous permettent de structurer ces &#233;l&#233;ments de connaissances. On a besoin d'une &#233;norme base de donn&#233;es de contacts (un CRM), pour g&#233;rer les 10 000 personnes qui seront impliqu&#233;es dans le mouvement.&lt;br /&gt;
Sur le Fonds lui-m&#234;me, il faudra une Fondation citoyenne, et nous ne savons pas si ce sera la transformation de la &#171; force civile &#187; actuelle, ou si nous aurons &#224; la fois une Fondation et le mouvement. La Fondation sera dot&#233;e de 5 &#224; 10 millions d'euros pour le fonctionnement du mouvement. Mais dans tous les cas, ce sera le c&#339;ur d&#233;mocratique de l'op&#233;ration financi&#232;re.&lt;br /&gt;
Dans la deuxi&#232;me phase, avec les 300 millions d'euros, on pourrait les mettre dans un v&#233;hicule financier ; mais je verrai plut&#244;t que le mouvement &#233;tablisse les r&#232;gles de ces investissements : les taux d'int&#233;r&#234;ts, la dur&#233;e, les conditions d'acc&#232;s, la forme des subventions, les grands th&#232;mes d'investissement... Sur ces bases, vont se d&#233;rouler les n&#233;gociations avec les trois banques auxquelles nous nous adresserons : elles ont chacune d&#233;j&#224; positionn&#233; 2 milliards d'investissements &#224; r&#233;aliser. Nous leur demandons &#224; chacune 100 millions, selon les th&#232;mes d'investissements et les r&#232;gles que nous aurons d&#233;mocratiquement d&#233;cid&#233;es, et qui d&#233;montreront que nous avons g&#233;rer ce processus.&lt;br /&gt;
C'est l&#224;-dessus que nous pourrons convaincre l'&#201;tat d'apporter les 700 millions d'euros de la 3&#232;me &#233;tape. Pour les 5 000 personnes apportant 5 millions d'euros, c'est un investissement, mais ce n'est pas &#233;norme, cela reste possible. Pour les 3 banques, qui investissent chacune 100 millions d'euros, nous leur apportons la cr&#233;dibilit&#233;, la visibilit&#233; des investissements, le sourcing, sans avoir &#224; s'impliquer dans la gestion des fonds : c'est donc une bonne affaire ! Pour l'&#201;tat, ce n'est pas tr&#232;s cher : la Caisse des D&#233;p&#244;ts tout comme Bercy disposeront chacun, pour 350 millions d'euros, de l'ensemble des forces ainsi rassembl&#233;es : c'est une bonne affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#2c3e50;&#034;&gt;&lt;em&gt;Didier&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Dans ce processus avez-vous d'ores et d&#233;j&#224; un plan pour travailler &#224; l'ensemble de ces questions, une m&#233;thode ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Bastien&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Six groupes de travail de 10 &#224; 20 personnes sont au travail : le 1er travaille sur le r&#233;cit ; le 2&#232;me sur l'articulation des r&#233;seaux ; le 3&#232;me sur les 200 premiers lieux d'actions qui rejoindront l'action ; le 4&#232;me sur les besoins de financement de la transition ; le 5&#232;me sur le d&#233;sir d'&#233;pargne actuel des personnes engag&#233;es ; et le 6&#232;me sur la forme du Fonds.&lt;br /&gt;
Ils pr&#233;senteront leur feuille de route, le 26 mars, lors du lancement du projet, c'est-&#224;-dire leur m&#233;thodologie, leurs agendas. Sachant que pour prendre des d&#233;cisions, il faut des r&#232;gles et des discussions d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_45 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image026.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image026.jpg?1732196393' width='500' height='357' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Marianne&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Qui participent &#224; ces groupes ? Les r&#233;seaux associatifs y sont-ils connect&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des &#233;quipes de b&#233;n&#233;voles, compos&#233;es de personnes int&#233;ress&#233;es par les questions, qui y ont aussi une r&#233;elle exp&#233;rience. Les r&#233;seaux associatifs sont proches, mais nous souhaitons aussi travailler en direct avec les associations, conna&#238;tre les besoins qui remontent de leurs exp&#233;riences en mati&#232;re de transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Jean Baptiste&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Entre le moment o&#249; nous avons fix&#233; cette date d'interview et aujourd'hui, nous avons assist&#233; &#224; un &#233;v&#233;nement majeur avec l'annonce par Bercy d'un nouveau plan d'aust&#233;rit&#233; de 10 milliards d'Euros (s'ajoutant aux 16 milliards d&#233;j&#224; act&#233;s par 49.3 en D&#233;cembre 2023). Est-ce &#224; dire qu'il faut actualiser vos propositions et chercher non pas 1 Milliard mais 11 Milliards d'Euros ?&lt;br /&gt;
On voit bien que sans le rapport de force que nous &#233;voquions au d&#233;but, nous restons sous la menace d'&#234;tre submerg&#233;s par des vagues immenses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Bastien&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Oui, effectivement et c'est pourquoi j'ai &#233;voqu&#233; ce rapport de force, ce combat politique au d&#233;but de l'entretien. Et comme je suis pragmatique, je redis ce qui est mon sujet dans ce combat : cartographier les controverses, documenter nos forces et nos faiblesses, nouer des alliances, montrer ce dont nous sommes capables, ... C'est le moins que l'on puisse faire d'ici &#224; 2027 ! On verra &#224; cette date si des forces se coalisent, mais il faut commencer &#224; faire cet immense effort ! Mais sachons que ce qui est infiniment plus important que ce milliard, c'est de cr&#233;er la confiance entre nous, c'est la synergie qui se mettra en place,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Jean-Michel&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Je suis enti&#232;rement d'accord, mais, vu la diversit&#233; des acteurs, pourquoi ne pas s'organiser pour qu'une &#233;quipe travaille sur les valeurs minimales de l'Union. Dans le cadre du r&#233;f&#233;rentiel europ&#233;en que j'ai rappel&#233;, les valeurs fondamentales seraient alors des balises communes autour desquelles les acteurs ESS, aux pratiques diff&#233;rentes, pourraient, au moins, se rassembler. Ils exprimeraient, alors, leur r&#233;sistance collective aux injonctions de la r&#232;gle concurrentielle qui se moque totalement de leur intentions solidaires et sociales.&lt;br /&gt;
L'&#233;thique des droits humains fondamentaux est une arme dans la lutte contre l'&#233;crasante l&#233;gitimit&#233; de la concurrence que subit le mouvement associatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Bastien&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Si j'attaque le sujet des valeurs tel que tu l'am&#232;nes, je suis s&#251;r que nous passerons des ann&#233;es &#224; en discuter sans parvenir &#224; nous mettre d'accord.&lt;br /&gt;
Nous allons publier prochainement avec Claude Alphand&#233;ry un petit texte &#171; Nous r&#233;sistons &#187; : ce qui a permis &#224; l'issue de la guerre, &#224; construire la social-d&#233;mocratie, ce sont les ann&#233;es de r&#233;sistance, de luttes concr&#232;tes collectives, o&#249; se sont cr&#233;&#233;es les liens de confiance. Il faut des d&#233;bats &#233;thiques, nous en sommes bien d'accord, mais ne commen&#231;ons pas par-l&#224; ! il faut les faire pr&#233;c&#233;der par l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Jean-Michel&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Prenons un exemple : vous allez voir les banques. Pourquoi ne pas discuter avec elles des conditions &#233;thiques conformes &#224; la charte des droits fondamentaux n&#233;cessaires pour l'utilisation de cet argent dans le cadre du projet du Milliard ?&lt;br /&gt;
Bastien&lt;br /&gt;
La question de la gouvernance est essentielle et avec elle les principes de l'action. Quel argent pourra-t-on accepter ? Comment en discuter et d&#233;cider ? Nous sommes en train de construire une association, avec son AG, son CA, son Comit&#233; scientifique et un Comit&#233; que nous appelons Comit&#233; des Sages ou du futur. Nous n'en sommes qu'au d&#233;but de ce chantier, et on peut le regretter, mais si l'on attend d'avoir la coquille parfaite pour mener les d&#233;bats, nous n'avancerons pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Jean-Michel&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
En pratique, il faut seulement poser les balises de dignit&#233; et de libert&#233;s effectives des personnes et interroger r&#233;guli&#232;rement les actions sur la mani&#232;re concr&#232;te dont elles prennent en consid&#233;ration ces balises.&lt;br /&gt;
Il ne s'agit pas d'appliquer une morale parfaite et rigide &#224; chaque action ; c'est plut&#244;t une &#233;thique de la discussion d&#233;mocratique pour s'ajuster sur la compatibilit&#233; de l'agir avec les valeurs d'humanit&#233;. On voit assez cette n&#233;cessit&#233; de &#171; v&#233;rification &#187; que r&#233;clame tous les jours le mouvement Metoo, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Bastien&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
Je suis d'accord !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#2c3e50;&#034;&gt;&lt;em&gt;Didier&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Pour conclure, ce d&#233;bat a eu l'int&#233;r&#234;t d'aider &#224; faire comprendre le mouvement qui est lanc&#233;, &#224; pr&#233;senter les r&#233;sultats de ses travaux, la cartographie des controverses &#224; r&#233;soudre, &#224; renforcer l'alliance &#224; construire.&lt;br /&gt;
Ce d&#233;bat a vocation &#224; se poursuivre, et Alters M&#233;dia ainsi que le m&#233;dia d'&#233;ducation populaire que nous sommes en train de construire, e pop, seront d'excellents moyens de rendre compte de vos travaux, mais aussi d'enqu&#234;ter sur les r&#233;seaux, les lieux et les besoins de la transition. Utilisez-le !&lt;br /&gt;
La question de la gouvernance me parait &#234;tre la question majeure, la garantie de votre succ&#232;s. Le prochain num&#233;ro portera sur les communs, et la gouvernance de la communaut&#233; de gestion de la ressource &#224; pr&#233;server est la question cl&#233; de la constitution de communs.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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