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		<title>Alters Editions</title>
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		<title>Int&#233;grer les communs dans le droit aurait une port&#233;e historique !</title>
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		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le Rapport &#171; L'&#233;chelle de communalit&#233;. Propositions de r&#233;formes pour int&#233;grer les biens communs en droit &#187; que commente ici Judith Rochfeld a l'ambition &#233;minemment positive de construire un syst&#232;me de concepts juridiques, coh&#233;rents entre eux et avec le droit existant, permettant l'&#233;closion des communs dans notre pays : cela renforcerait les capacit&#233;s juridiques de communaut&#233;s &#224; g&#233;rer d&#233;mocratiquement des int&#233;r&#234;ts communs reconnus. Une telle reconnaissance en droit d'une entit&#233; claire (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/penser-les-communs/" rel="directory"&gt;Penser les communs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image084.jpg?1732196573' class='spip_logo spip_logo_right' width='105' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Rapport &#171; L'&#233;chelle de communalit&#233;. Propositions de r&#233;formes pour int&#233;grer les biens communs en droit &#187; que commente ici Judith Rochfeld a l'ambition &#233;minemment positive de construire un syst&#232;me de concepts juridiques, coh&#233;rents entre eux et avec le droit existant, permettant l'&#233;closion des communs dans notre pays : cela renforcerait les capacit&#233;s juridiques de communaut&#233;s &#224; g&#233;rer d&#233;mocratiquement des int&#233;r&#234;ts communs reconnus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une telle reconnaissance en droit d'une entit&#233; claire conforme &#224; la conception scientifique commun&#233;ment admise des Communs, aurait une port&#233;e consid&#233;rable &#224; l'heure o&#249; la gestion pratique et d&#233;mocratique, par des communaut&#233;s de personnes, des ressources menac&#233;es et de leurs droits vis-&#224;-vis d'elles, est devenu indispensable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Vous avez co-dirig&#233; le Rapport &#171; L'&#233;chelle de communalit&#233;. Propositions de r&#233;formes pour int&#233;grer les biens communs en droit &#187;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;.&lt;br /&gt;
Quelles sont les grandes pouss&#233;es sociales qui motivent le souhait de traduire dans le Droit &#171; la consid&#233;ration de l'int&#233;r&#234;t commun &#187; et d'y &#171; donner une place aux communs &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;On peut identifier trois enjeux qui nous ont incit&#233;s &#224; r&#233;aliser ce travail :&lt;br /&gt;
1. Depuis 1970, en premier lieu, la pouss&#233;e des pr&#233;occupations &#233;cologiques (protection des &#233;cosyst&#232;mes, de la biodiversit&#233;, du climat) invite les juristes &#224; proposer des qualifications (des cat&#233;gories juridiques) propres &#224; traduire ce souci commun de pr&#233;servation, comme celles de &#171; patrimoine commun &#187; &#8212; mondial, de l'humanit&#233;, de la Nation &#8212; ou encore de &#171; bien commun &#187;,... Ce mouvement a fait na&#238;tre l'id&#233;e que l'on ne peut plus traiter la &#171; nature &#187; ou &#171; l'environnement &#187; comme une &#171; ressource &#187; dans laquelle on peut puiser sans limites ou encore comme une &#171; propri&#233;t&#233; &#187; ordinaire.&lt;br /&gt;
Cette pouss&#233;e vers la reconnaissance d'un tel &#171; int&#233;r&#234;t commun &#187; &#8212; et les qualifications aff&#233;rentes &#8212; a d'abord pris forme &#224; l'&#233;chelle internationale (on y a parl&#233; de &#171; pr&#233;occupation commune &#187; de l'Humanit&#233;, de &#171; patrimoine commun &#187;, etc.), avec l'id&#233;e qu'on ne pouvait plus laisser sans protection des &#171; ressources &#187; vitales pour tous. Certaines zones ont &#233;galement &#233;t&#233; regard&#233;es ainsi, &#224; l'instar de l'Amazonie, puits de carbone par exemple, fonction &#224; articuler avec les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s des propri&#233;taires et la souverainet&#233; des &#201;tats concern&#233;es (9 en l'occurrence).&lt;br /&gt; 2. Notre approche des connaissances a, en deuxi&#232;me lieu, profond&#233;ment chang&#233; dans les ann&#233;es 1980. Leur privatisation &#8212; que ce soit celle des logiciels avec l'admission du droit d'auteur au d&#233;but des ann&#233;es 1980 aux Etats-Unis ou l'extension du champ du brevet, par exemple &#8212; a provoqu&#233; une r&#233;action de r&#233;affirmation de l'int&#233;r&#234;t commun &#224; leur acc&#232;s et &#224; leur partage. R. Stallman, par exemple, formalisera des &#171; libert&#233;s &#187; relativement aux logiciels et en organisera une forme de partage (conditionn&#233;e &#224; la poursuite du partage par ceux qui les utilisent).&lt;br /&gt;
On discutera alors beaucoup de l'extension de la propri&#233;t&#233; intellectuelle &#224; des &#233;l&#233;ments de connaissance indispensables &#224; la soci&#233;t&#233; et &#224; la cr&#233;ation.&lt;br /&gt;
3. En troisi&#232;me lieu, la crise d&#233;mocratique que nous vivons actuellement &#8212; de confiance, de repliement sur soi, etc. &#8212; invite &#224; promouvoir toutes les formes de participation citoyenne &#224; l'&#233;mergence et &#224; la p&#233;rennisation d'actions dans un int&#233;r&#234;t commun, notamment &#224; des &#233;chelles territoriales (dans des structures associatives ou autres). Cr&#233;er ou disposer d'espaces d'action et d'organisation en commun au sein desquels des membres se reconnaissent des droits (ce qui est propre &#224; la d&#233;finition livr&#233;e par Ostrom des &#171; communs &#187; /commons) &#8212; jardins partag&#233;s, tiers-lieu de travail, gestion en commun de sources d'&#233;nergie alternatives (&#233;oliennes, ...), etc. &#8212; conduit &#224; renforcer les liens sociaux et &#224; faire obstacle aux facteurs de cette crise. Certes, dans le contexte fran&#231;ais, cela met en cause la verticalit&#233; de l'action publique, qui est invit&#233;e &#224; admettre des formes plus horizontales d'action...&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_50 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/local/cache-vignettes/L290xH428/cahiers_2_image043-bb692.jpg?1732846854' width='290' height='428' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le premier constat qui a guid&#233; la recherche, pr&#233;cisez-vous, &#171; tenait en ce qu'il n'existe pas, en droit, de cat&#233;gorie juridique de biens communs ou de communs &#187;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;. Mais le but des propositions avanc&#233;es dans le Rapport &#171; n'a cependant pas &#233;t&#233; de faire entrer la th&#233;orie [des Biens communs et des communs], ou d'autres, au sein du droit positif en tant que telles &#187;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;.&lt;br /&gt;
Elle fut, dites-vous, &#171; D'une part, de faire prendre conscience que nombre des institutions et agencements autour de choses ou de biens, qu'ils rel&#232;vent du droit priv&#233; ou public, comprennent une part de &#171; communalit&#233; &#187;.&lt;br /&gt;
&#171; D'autre part ... de dessiner les changements de perspective &#224; insuffler dans chaque r&#233;gime concern&#233;, de dessiner un socle minimal de communalit&#233; &#187;&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;&lt;br /&gt;
Pouvez-vous nous pr&#233;ciser la strat&#233;gie ou les raisons qui ont pr&#233;sid&#233;es &#224; ce choix ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce choix n'&#233;tait pas du tout &#233;vident ! On aurait en effet pu avoir pour ambition de d&#233;finir les &#171; biens communs &#187; &#8212; toute &#171; ressource &#187; &#224; laquelle s'attache juridiquement un int&#233;r&#234;t commun, qu'il soit historique, culturel, &#233;cologique, etc. &#8212; d'en &#233;tablir des listes, des effets, etc..&lt;br /&gt;
Mais, en r&#233;alit&#233;, nous constations qu'il en existait d&#233;j&#224; en droit : il y a d&#233;j&#224; des &#171; int&#233;r&#234;ts communs &#187; reconnus &#8212; par exemple &#224; l'&#233;gard d'un b&#226;timent qui est class&#233; &#171; monument historique &#187; &#8212; ; il y a d&#233;j&#224; de la &#171; communalit&#233; &#187; &#224; l'&#233;gard de beaucoup de biens &#8212; par exemple lorsque l'on reconna&#238;t que le propri&#233;taire d'une source d'eau doit faire attention &#224; son cours quand l'eau passe chez un voisin, etc. Les codes civil, du patrimoine, de l'environnement, de la propri&#233;t&#233; intellectuelle, sont plein d'agencements qui font d&#233;j&#224; une place &#224; des int&#233;r&#234;ts communs&#8230;&lt;br /&gt;
Par exemple, quand on octroie un brevet, on n'oublie pas l'int&#233;r&#234;t de la soci&#233;t&#233; dans son ensemble ; quand on reconnait un b&#226;timent ou une &#339;uvre comme historique, on n'oublie pas le public ou les g&#233;n&#233;rations futures, etc. Leur propri&#233;t&#233; implique des charges pour servir cet int&#233;r&#234;t commun identifi&#233;.&lt;br /&gt;
En cons&#233;quence, cela aurait &#233;t&#233; une faiblesse de notre pr&#233;sentation si nous n'avions pas cherch&#233; &#224; rendre visibles tous ces agencements existants o&#249; l'on fait d&#233;j&#224; une place &#224; un int&#233;r&#234;t commun (&#171; patrimoine commun &#187;, &#171; obligations environnementales &#187;, propri&#233;t&#233; avec charges, choses communes, domaine public affect&#233; &#224; l'usage de tous, etc.). C'est pourquoi on a plut&#244;t cherch&#233; &#224; d&#233;finir la &#171; communalit&#233; &#187;, soit la part r&#233;serv&#233;e &#224; un int&#233;r&#234;t commun dans une multitude de constructions juridiques.&lt;br /&gt;
Les &#171; biens communs &#187; sont donc davantage une &#171; m&#233;ta-qualification &#187; qui r&#233;unit plein de constructions juridiques o&#249; une chose est affect&#233;e &#224; un int&#233;r&#234;t commun. Attention &#233;galement, nous n'avons parl&#233; de &#171; communs &#187; que quand, en outre, une forme de &#171; gouvernement &#187; par les membres des communaut&#233;s int&#233;ress&#233;es &#233;tait &#233;galement pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:22px;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Quelques d&#233;finitions et les distinctions juridiques, en droit fran&#231;ais actuel&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Choses communes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pr&#233;ambule du livre 3 du Code civil intitul&#233; &#171; des diff&#233;rentes mani&#232;res dont on acquiert la propri&#233;t&#233; &#187;, article 714 du Code civil alin&#233;a 1 : &#171; des choses qui n'appartiennent &#224; personne et dont l'usage est commun &#224; tous &#187;. Exemple : l'air, l'eau courante, &#8230;&lt;br /&gt;
Quelques &#233;l&#233;ments ressortent de l'article 714 : un rejet de l'appropriation, &#224; savoir de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e ou public ; un usage commun &#224; tous, inclusif et au b&#233;n&#233;fice d'une communaut&#233; ind&#233;termin&#233;e ; une possibilit&#233; que des lois de police r&#232;gle la fa&#231;on d'en jouir.&lt;br /&gt;
Seules les choses communes &#233;chappent aujourd'hui &#224; l'appropriation. La propri&#233;t&#233; publique quoi que voisine, d&#233;signe l'appropriation des biens par la puissance publique.&lt;br /&gt;
Les choses communes se distinguent aussi &#171; des ressources volontairement plac&#233;es en usage commun &#187; : on pense ici &#224; l'institution du &#171; libre &#187; par contrat, que ce soit &#224; l'&#233;gard de logiciel ou d'&#339;uvre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Biens publics &#187; (approche &#233;conomique)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le bien public dans la th&#233;orie &#233;conomique standard repose sur une classification des biens &#233;conomiques &#224; partir de deux propri&#233;t&#233;s fondamentales : la rivalit&#233; est l'exclusivit&#233;. Un bien ou un service sera dit :&lt;br /&gt;
&#8226; Rival, quand sa consommation ou son usage par un individu rend son usage par un autre individu impossible ou tr&#232;s difficile. Exemple : bien de consommation mat&#233;rielle (v&#234;tement, bien alimentaire)&lt;br /&gt;
&#8226; Non rival, si au contraire l'usage par un individu ne limite pas la possibilit&#233; d'usage pour les autres. Exemple : l'information (elle peut &#234;tre utilis&#233;e par un grand nombre d'individus).&lt;br /&gt;
&#8226; Exclusif, si l'usage est r&#233;serv&#233; &#224; un ou un petit groupe d'individus (Brevet, cin&#233;ma).&lt;br /&gt;
&#8226; Non exclusif, si tous les individus ou tous les individus appartenant &#224; un certain groupe une communaut&#233; nationale y ont librement acc&#232;s (poisson de la mer).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Mais qu'en est-il de la propri&#233;t&#233; dans tous ces constats ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous montrons que les dogmes de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e absolue et exclusive, ainsi que d'une propri&#233;t&#233; publique qui s'est peu &#224; peu align&#233;e sur ce mod&#232;le, ne correspondent pas &#224; la r&#233;alit&#233; de tous les agencements pr&#233;sents en droit. Il y a des propri&#233;t&#233;s qui font une place &#224; d'autres int&#233;r&#234;ts que celui du propri&#233;taire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Pouvez-vous nous donner quelques exemples de ce que vous avez appel&#233; &#171; communalit&#233; &#187;, &#171; &#233;chelle de communalit&#233; &#187;, dont le degr&#233; z&#233;ro pourrait &#234;tre la &#171; propri&#233;t&#233; priv&#233;e absolutiste et exclusiviste &#187; ? Et comment d&#233;finir les crit&#232;res permettant de d&#233;crire les divers &#171; degr&#233;s de communalit&#233; &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour mesurer le degr&#233; de communalit&#233;, nous proposons deux crit&#232;res&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt; :&lt;br /&gt;
1. Que soit bien identifi&#233; un int&#233;r&#234;t commun attach&#233; &#224; une chose. Le propri&#233;taire (quand il existe) est alors somm&#233; de d&#233;passer son seul int&#233;r&#234;t personnel et une part de communalit&#233; vient s'ajouter dans sa propri&#233;t&#233;.&lt;br /&gt;
2. Qu'il ne soit pas possible d'exclure autrui de l'une des utilit&#233;s de la chose, soit l'inverse de l'exclusivisme de la propri&#233;t&#233; priv&#233; (qui contient traditionnellement le &#171; droit d'exclure &#187;).&lt;br /&gt;
S'il y a cette communalit&#233;, cela signifie que des usages sont ouverts &#224; d'autres que le propri&#233;taire ou que la chose est pr&#233;serv&#233;e pour d'autres que lui/elle. Parfois m&#234;me, il y a une participation d'autres au gouvernement de la chose, ce qui rejoint les communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Comment d&#233;finir les communaut&#233;s qui sont int&#233;ress&#233;es &#224; une chose ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cela nous a donn&#233; beaucoup de fil &#224; retordre ! Il nous a paru int&#233;ressant de d&#233;finir 3 types de communaut&#233;s int&#233;ress&#233;es, dont d&#233;pendent leurs divers droits possibles (&#224; l'acc&#232;s, &#224; l'information, &#224; la gouvernance...) : la communaut&#233; des b&#233;n&#233;ficiaires (de l'usage ou de la pr&#233;servation de la &#171; ressource &#187;) ; la communaut&#233; d&#233;lib&#233;rative, soit celle qui participe au gouvernement de la chose ; la communaut&#233; de contr&#244;le, celle qui v&#233;rifie que l'affectation (l'int&#233;r&#234;t commun) est bien respect&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ces d&#233;finitions pourraient-elles s'appliquer &#224; l'entreprise o&#249; coexistent des int&#233;r&#234;ts multiples, priv&#233;s, collectifs, sociaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de d&#233;finition juridique de l'entreprise, mais c'est un sujet en pleine &#233;volution en droit. Avec la loi Pacte de 2019 et la r&#233;&#233;criture de l'article 1833 du code civil &#8212; qui exige d&#233;sormais que la soci&#233;t&#233; soit g&#233;r&#233;e dans son int&#233;r&#234;t social &#171; en consid&#233;ration des enjeux sociaux et environnementaux &#187; &#8212; la soci&#233;t&#233; ne pourrait plus se contenter de poursuivre son seul int&#233;r&#234;t social : on ajoute d'autres int&#233;r&#234;ts, sociaux et environnementaux, aux int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques ; la soci&#233;t&#233; peut aussi se donner une &#171; raison d'&#234;tre &#187; ou une &#171; mission &#187;. Les grandes entreprises, multinationales et m&#232;res, ont aussi, d&#233;sormais, un devoir de vigilance, c'est-&#224;-dire qu'elles ont &#224; identifier et minimiser les risques que font courir leur cha&#238;ne de valeur, envers les droits humains, la sant&#233; et la protection des travailleurs, et l'environnement. Elles doivent prendre des mesures de &#171; vigilance raisonnable &#187; pour att&#233;nuer ces risques et &#233;laborer leur &#171; plan de vigilance &#187; avec les parties prenantes de la soci&#233;t&#233;. O&#249; l'on voit que le vocabulaire des communs a p&#233;n&#233;tr&#233; le droit des soci&#233;t&#233;s&#8230; N&#233;anmoins, il n'y a pas de d&#233;finition juridique de ces parties prenantes et on ne sait pas si, au-del&#224; des salari&#233;s, des clients, des sous-traitants, des fournisseurs, on pourra aussi y inclure les territoires, les associations... Par ailleurs, si l'on a chang&#233; les missions et les &#171; int&#233;r&#234;ts &#187; de l'entreprise, on n'a pas chang&#233; sa gouvernance, ce qui est &#233;videmment fondamental !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_49 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image048.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image048.jpg?1732196771' width='500' height='749' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Vous avez souhait&#233; dans votre rapport :&lt;br /&gt;
1. &#171; Rendre visibles des cons&#233;quences de cette communalit&#233; d'ores et d&#233;j&#224; admises en droit positif, [...], Et donc [proc&#233;der &#224;] une mise en coh&#233;rence de tous les agencements&lt;br /&gt;
2. Aller plus loin et proposer un r&#233;gime commun minimal ou un socle de communalit&#233; &#187;&lt;br /&gt;
Quelles seraient les cons&#233;quences de ces propositions ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le moment o&#249; il y a une part de communalit&#233;, et des communaut&#233;s associ&#233;es &#8212; telles qu'on les a d&#233;finies &#8212;, on devrait avoir le m&#234;me socle minimal de r&#232;gles qui s'appliquent : des r&#232;gles de pr&#233;servation de l'int&#233;r&#234;t commun ; des r&#232;gles de consid&#233;ration de la communaut&#233; int&#233;ress&#233;e (information sur le bien, participation &#224; certaines d&#233;cisions sur le bien, contr&#244;le du respect de l'int&#233;r&#234;t commun, capacit&#233; d'agir en justice en cas contraire).&lt;br /&gt;
Je vous donne un exemple qui va dans ce sens : le Conseil d'Etat belge (la plus haute instance de justice administrative en Belgique) a admis comme recevable la demande d'une amatrice d'histoire qui s'est oppos&#233;e &#224; ce que le site de Waterloo devienne un site touristique et commercial ; comme il est class&#233; &#171; patrimoine commun de la nation &#187;, elle a estim&#233; que son int&#233;r&#234;t commun historique devait &#234;tre respect&#233; et qu'elle avait le pouvoir de le d&#233;fendre. Le Conseil d'Etat l'a admis, m&#234;me si cette personne n'habitait pas Waterloo&#8230; Or, en raisonnant ainsi, il reconna&#238;t qu'elle fait partie de l'une des communaut&#233;s &#8212; celles b&#233;n&#233;ficiaire et de contr&#244;le &#8212; et qu'elle peut faire respecter l'int&#233;r&#234;t commun. On voit l&#224; l'une des cons&#233;quences d'identifier un &#171; patrimoine commun &#187;, cons&#233;quence qui n'est toutefois pas admise pour l'heure en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous d&#233;fini, dans vos propositions, ce que pourraient &#234;tre des pr&#233;rogatives de &#171; commoneurs &#187;, des membres des communaut&#233;s r&#233;unies autour d'un int&#233;r&#234;t commun, permettant de mettre concr&#232;tement en &#339;uvre les communs au sens d'Ostrom ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Oui, nous nous sommes beaucoup inspir&#233;s pour cela, dans la deuxi&#232;me partie du rapport, d'une relecture juridique du faisceau de droits d'Ostrom : des droits d'usages et de pr&#233;l&#232;vement ; des droits relevant du gouvernement de la chose (&#234;tre inform&#233;, pouvoir d&#233;lib&#233;rer et participer aux d&#233;cisions, etc.). Par exemple, dans le cas de l'eau, dont une partie est consid&#233;r&#233;e comme &#171; patrimoine commun de la Nation &#187;, certains ont des droits de pr&#233;l&#232;vement, de gestion, d'&#234;tre inform&#233; de son &#233;tat, de son niveau, de sa qualit&#233; sanitaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Pouvez-vous pr&#233;ciser ce que vous entendez, dans ce cadre de r&#233;flexion, comme &#171; int&#233;r&#234;ts &#224; dimension pluri-individuelles &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t commun n'est pas facile &#224; d&#233;finir : ce n'est pas l'addition d'int&#233;r&#234;ts individuels de plusieurs personnes ; ce ne sont pas des int&#233;r&#234;ts coalis&#233;s ; ce n'est pas l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. C'est davantage un int&#233;r&#234;t indivisible d'un ensemble de personnes &#8212; un int&#233;r&#234;t commun &#8212;, qui transcende les int&#233;r&#234;ts individuels de chacun. Nous en avons men&#233; toute une cartographie dans le rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Vous suivez de pr&#232;s les proc&#232;s &#171; climatiques &#187; et vous avez publi&#233; un ouvrage sur le sujet, &#171; Justice pour le climat ! Les nouvelles formes de mobilisation citoyenne &#187;&lt;sup&gt;7&lt;/sup&gt; .&lt;br /&gt;
L'approche par les communs est-elle utile dans les argumentations qui s'y d&#233;veloppent ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces proc&#232;s actent l'&#233;chec de la gouvernance mondiale du climat et tentent de pousser les Etats et entreprises &#224; faire davantage. A titre personnel, la grille de lecture des communs me sert beaucoup : c'est un int&#233;r&#234;t commun mondial qui est en jeu ; d'ailleurs la Convention cadre des Nations Unies sur le climat de 1992 saisissait ici une &#171; pr&#233;occupation commune &#187;.&lt;br /&gt;
Par ailleurs, ces proc&#232;s sont des manifestations de &#171; concernement &#187; et de &#171; conscientisation &#187; des citoyens : ils agissent en justice ou signent des p&#233;titions pour soutenir les actions dans un int&#233;r&#234;t commun. Ces proc&#232;s constituent pour moi une sorte de &#171; gouvernement &#187; marginal du climat, un gouvernement citoyen qui tente de peser sur les orientations politiques et &#233;conomiques. En outre, chacune des actions men&#233;es &#224; l'&#233;chelle nationale participe &#224; une sorte de gouvernement du climat &#224; l'&#233;chelle mondiale.&lt;br /&gt;
Ces actions font &#233;voluer, murir certaines notions et responsabilit&#233;s. Il est dommage que cela se voit peu mais le Conseil d'Etat fran&#231;ais a par exemple reconnu que l'Etat n'&#233;tait pas dans sa &#171; trajectoire de conformit&#233; &#187; en mati&#232;re climatique ; c'est in&#233;dit. S'il ne s'y replace rapidement, il risque d'avoir &#224; payer une somme importante. D'autres proc&#232;s ont trait &#224; la structuration de notre &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Poser des limites &#224; la libert&#233; d'entreprendre au nom d'int&#233;r&#234;ts communs de l'humanit&#233; est donc n&#233;cessaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le droit est un outil d'arbitrage d'int&#233;r&#234;ts conflictuels. Ce n'est pas une honte d'avoir &#224; trancher entre de tels enjeux majeurs. C'est la vocation du droit, il a &#224; le faire. Les nouvelles d&#233;cisions prises au nom des g&#233;n&#233;rations futures &#8212; en Allemagne et en France &#8212; montrent d'ailleurs que l'on &#233;tend le conflit &#224; des int&#233;r&#234;ts transg&#233;n&#233;rationnels.&lt;br /&gt;
Par ailleurs, mettre des limites &#224; la libert&#233; d'entreprendre au nom d'un int&#233;r&#234;t commun n'est pas nouveau. Par exemple, on peut relever une d&#233;cision du Conseil Constitutionnel de 2021 : il a valid&#233; l'interdiction d'exportations de pesticides interdits en France &#8212; libert&#233; d'entreprendre &#8212; parce que l'environnement, &#171; patrimoine commun des &#234;tres humains &#187;, devait &#234;tre prot&#233;g&#233; hors de nos fronti&#232;res&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Cela peut-il s'appliquer &#224; la protection de la biodiversit&#233;, du vivant, comme &#233;l&#233;ment de protection du patrimoine commun de l'humanit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La biodiversit&#233;, c'est la catastrophe abyssale N&#176;2 cach&#233;e derri&#232;re la catastrophe abyssale N&#176; 1 du climat ! Les deux ont des liens et nous avons un m&#234;me int&#233;r&#234;t commun &#224; la pr&#233;servation de la biodiversit&#233; puisqu'elle conditionne tout autant l'habitabilit&#233; de la Terre. Il n'en demeure pas moins difficile de la saisir dans une notion juridique : est-ce un &#171; patrimoine commun &#187; &#224; d&#233;fendre ? La Charte constitutionnelle semble le reconna&#238;tre en France. Mais cette conception est tr&#232;s occidentale ; elle est en lien avec notre conception de la &#171; nature &#187;, &#171; chose &#187; dont nous pourrions avoir la ma&#238;trise. Or, sur ce point, il y a des discussions au plan international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Et quid de notre id&#233;e de propri&#233;t&#233; absolue ?&lt;br /&gt;
Est-ce que cette conception de notre droit, bas&#233;e sur la propri&#233;t&#233;, est un obstacle pour introduire la notion de commun ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le droit a eu de tr&#232;s bonnes raisons de d&#233;fendre la propri&#233;t&#233;... Elle fut proclam&#233;e au XVIIIe si&#232;cle comme la manifestation de la libert&#233; individuelle dans l'ordre des biens. Par ailleurs, pour les communs, la propri&#233;t&#233; ne constitue pas forc&#233;ment un obstacle ; tout d&#233;pend en r&#233;alit&#233; de la conception que l'on en a. On peut ainsi la concevoir comme moins absolue ou exclusive, comme un faisceau de droits distribu&#233;s entre plusieurs personnes, droits issus de la propri&#233;t&#233;. C'est ce que l'on appelle la conception r&#233;aliste et relationnelle de la propri&#233;t&#233;.&lt;br /&gt;
Ce que l'on doit affronter r&#233;ellement est d'un autre ordre : ce sont des conflits d'int&#233;r&#234;ts contradictoires, par exemple des int&#233;r&#234;ts &#224; la pr&#233;servation versus des int&#233;r&#234;ts &#224; l'exploitation, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Les changements majeurs que peuvent apporter le droit demandent-ils que soit &#233;tabli un consensus social ? Comment le droit agit-il au niveau de ce consensus ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pendant tr&#232;s longtemps, ces questions du bien commun, des communs n'&#233;taient pas une question pour les juristes. On a cependant senti un tournant en 2015-2017, quand on a fait para&#238;tre la premi&#232;re &#233;dition du Dictionnaire des biens communs aux PUF : les esprits &#233;taient ouverts &#224; la n&#233;cessit&#233; du partage ou de la pr&#233;servation de certains &#233;l&#233;ments.&lt;br /&gt;
Mais, pour v&#233;ritablement r&#233;pondre &#224; la question, il faut souligner qu'il est tr&#232;s rare que de grandes ruptures juridiques se fassent dans un consensus social ; il y a toujours des rapports de force et un moment o&#249; le l&#233;gislateur tranche (parfois des scandales l'y aident&#8230;).&lt;br /&gt;
La loi sur le patrimoine de 1913 en est un tr&#232;s bon exemple : il n'&#233;tait pas &#233;vident de dire &#224; un propri&#233;taire que son b&#226;timent pouvait &#234;tre d&#233;clar&#233; &#171; monument historique &#187; et que cela impliquerait des charges pour lui, dans un int&#233;r&#234;t commun (historique) ; qu'il ne pourrait plus le modifier, le r&#233;nover comme il l'entend ; c'&#233;tait assez inaudible au d&#233;but du XXe si&#232;cle. Dans un d&#233;bat tr&#232;s dense, le l&#233;gislateur a cependant choisi de faire pr&#233;valoir l'int&#233;r&#234;t historique. Il n'a pas attendu un consensus total pour cela.&lt;br /&gt;
Par ailleurs, il y a des mani&#232;res de parvenir &#224; des consensus. Je crois beaucoup &#224; l'int&#233;r&#234;t des consultations et des d&#233;lib&#233;rations citoyennes bien men&#233;es (mettre autour de la table des personnes repr&#233;sentatives, &#233;tablir des enjeux clairs, entendre des paroles pertinentes d'experts, faire intervenir une ing&#233;nierie de d&#233;bat solide) : l'exemple de la Convention citoyenne sur le climat a montr&#233; que l'on obtient des r&#233;sultats surprenants en termes de consensus et de propositions (elle a p&#234;ch&#233; par le fait qu'elle &#233;tait mal positionn&#233;e du point de vue institutionnel, en rognant sur les pr&#233;rogatives du parlement notamment, mais aussi de la Commission du d&#233;bat public).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;La publication du Dictionnaire des Communs a-t-elle stimul&#233; la discussion publique sur cette question ?&lt;br /&gt;
Comment voyez-vous ce d&#233;bat actuellement ? Au sein des professionnels du droit ? Avec les &#233;conomistes, les politiques, les activistes ? Dans la Presse ? Au niveau europ&#233;en ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je crois que les enjeux des communs ont &#233;t&#233; vulgaris&#233;s, dans diverses couches de la soci&#233;t&#233;, comme des voies possibles. Mais, sauf sur certains territoires, on ne peut pas dire qu'il existe une v&#233;ritable politique de soutien &#224; de telles options.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;1. &lt;a href=&#034;https://tinyurl.com/45avj48z&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://tinyurl.com/45avj48z&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Judith ROCHFELD, Professeure de droit priv&#233;, Universit&#233; Paris 1, Panth&#233;on- Sorbonne, Institut de recherche juridique de la Sorbonne ( IRJS), Marie CORNU, Directrice de recherches CNRS, Institut des sciences sociales du politique et Gilles J. MARTIN, Professeur &#233;m&#233;rite de l'Universit&#233; C&#244;te d' Azur, GRDEG, CNRS&lt;br class='autobr' /&gt;
2. &#171; Les Biens communs Usages et protection : regards crois&#233;s et perspectives &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Ibid&lt;br class='autobr' /&gt;
4. Ibid&lt;br class='autobr' /&gt;
5. Dictionnaire des Communs &lt;br class='autobr' /&gt;
6. Vous dites : &#171; Les crit&#232;res de la communalit&#233; ... : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Le premier tient en l'affectation de la chose ou du bien &#224; un int&#233;r&#234;t commun. ... l'affectation &#224; cet int&#233;r&#234;t teintera leur r&#233;gime,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; [Le second] renvoie quant &#224; lui &#224; l'inclusivit&#233;, que l'on peut d&#233;finir comme l'absence de la capacit&#233; d'exclure totalement autrui des utilit&#233;s de la chose, exclusion qui marque pourtant traditionnellement la propri&#233;t&#233;, priv&#233;e au moins ... &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
7. &#171; Justice pour le climat ! Les nouvelles formes de mobilisation citoyenne &#187; Judith Rochfeld (Voir aussi son article dans Le Monde du 22/10/2021 &#171; Le recours au judiciaire souligne l'absence d'institutions de gouvernance de nos grands communs que sont le climat ou la biodiversit&#233; &#187;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Framasoft, d&#233;fenseur du libre et des communs</title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/penser-les-communs/article/framasoft-defenseur-du-libre-et-des-communs</link>
		<guid isPermaLink="true">http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/penser-les-communs/article/framasoft-defenseur-du-libre-et-des-communs</guid>
		<dc:date>2024-11-27T08:11:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Framasoft va f&#234;ter ses 25 ans : une aussi longue dur&#233;e est rare pour une association fortement engag&#233;e ! Reconnue pour sa d&#233;fense militante et active du logiciel libre, de l'&#233;dition sous mod&#232;le &#233;conomique du libre, des communs num&#233;riques ; initiatrice d'un autre num&#233;rique o&#249; tout ne peut pas &#234;tre marchandis&#233;, offrant une alternative aux travers des gafam ; actrice d'une soci&#233;t&#233; de contribution, outillant le monde associatif dans ses combats anticapitalistes, engag&#233;e dans l'&#233;ducation (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/penser-les-communs/" rel="directory"&gt;Penser les communs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image082.jpg?1732200857' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Framasoft va f&#234;ter ses 25 ans : une aussi longue dur&#233;e est rare pour une association fortement engag&#233;e ! Reconnue pour sa d&#233;fense militante et active du logiciel libre, de l'&#233;dition sous mod&#232;le &#233;conomique du libre, des communs num&#233;riques ; initiatrice d'un autre num&#233;rique o&#249; tout ne peut pas &#234;tre marchandis&#233;, offrant une alternative aux travers des gafam ; actrice d'une soci&#233;t&#233; de contribution, outillant le monde associatif dans ses combats anticapitalistes, engag&#233;e dans l'&#233;ducation populaire ; Framasoft a adapt&#233; sa strat&#233;gie, avec t&#233;nacit&#233; et modestie, &#224; chaque grand changement de l'&#233;conomie du num&#233;rique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Et est-ce que tu peux nous pr&#233;senter Framasoft, son histoire, son &#233;volution et ses positions actuelles ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Tout commence en 2000, lorsqu'un professeur de math et une professeure de fran&#231;ais dans un coll&#232;ge &#224; Bobigny d&#233;cident de s'int&#233;resser &#224; Internet, technologie qui commence &#224; arriver dans les coll&#232;ges et les lyc&#233;es. Le nom de Framasoft pour fra[n&#231;ais] et ma[th&#233;matiques] d&#233;coule de cette rencontre !&lt;br /&gt;
L'id&#233;e de ces deux enseignants &#233;tait de creuser la question : &#171; qu'est-ce qu'internet et le num&#233;rique en g&#233;n&#233;ral peuvent apporter dans le cadre de l'&#233;ducation nationale ? &#187;. La prof de fran&#231;ais met des contenus p&#233;dagogiques pour le fran&#231;ais sur un site internet, au d&#233;part un intranet, non accessible &#224; l'ext&#233;rieur du lyc&#233;e. Et le prof de math, lui, met des cours, mais aussi et surtout des logiciels qui peuvent servir dans le cadre de l'enseignement. Ce premier projet s'appellera Framanet.&lt;br /&gt;
Petit &#224; petit, le site grossit, grandit, il est rendu public et il prend toujours plus d'ampleur &#224; partir de 2001. La partie r&#233;serv&#233;e aux logiciels est s&#233;par&#233; du reste du reste du site et nomm&#233;e Framasoft. La partie de cours de fran&#231;ais est aujourd'hui un site de r&#233;f&#233;rence, Weblettres&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt; , dans le milieu des enseignants de lettre.&lt;br /&gt;
Et en janvier 2004, il y a 20 ans, une association est cr&#233;&#233;e, l'association Framasoft avec pour objectif de promouvoir la culture libre en g&#233;n&#233;ral. Sur le site, on trouve un annuaire de logiciels &#233;ducatifs, qui, petit &#224; petit, s'&#233;tend &#224; d'autres types de logiciels (logiciels de retouche d'image, de musique, ...). Et peu &#224; peu, une communaut&#233; (rapidement 2000 personnes) se cr&#233;e, dans l'objectif de constituer un annuaire des logiciels libres. On est vraiment dans les ann&#233;es 2000, internet est tr&#232;s communautaire, essentiellement b&#233;n&#233;vole, tr&#232;s exp&#233;rimental. Aussi, chacun exp&#233;rimente de son c&#244;t&#233; et fait un certain nombre de publications. C'est aussi la p&#233;riode des blogs, etc.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_55 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image014.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image014.jpg?1732200980' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Les adh&#233;rents, sont-ils tous de l'&#233;ducation nationale ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Au d&#233;part, oui, pour la plupart, du primaire et secondaire au sup&#233;rieur ; et ce sont essentiellement des enseignants. Moi-m&#234;me, travaillant dans les services informatiques des universit&#233;s, je rejoins l'association d&#233;but 2005. Le principal projet de Framasoft, c'est l'annuaire, r&#233;alis&#233; de fa&#231;on participative et contributive. A cette &#233;poque, on voit na&#238;tre un vrai foisonnement d'associations autour du libre, quasiment dans chaque grande ville de France, avec des groupes d'utilisateurs de logiciels libres et &#231;a existe encore aujourd'hui.&lt;br /&gt;
A partir de 2006 - 2007, s'ouvre une nouvelle phase pour Framasoft : on exp&#233;rimente d'autres projets, dont la mise en place d'un espace de publication autour du libre et du commun, le Framablog, qui est aujourd'hui encore notre principal m&#233;dia. On y publie &#224; la fois des annonces, des r&#233;flexions, des interviews, des contenus courts ou parfois tr&#232;s longs. On y fait une forme de veille, de la curation de contenu. On lance d'autres projets, comme Framakey, qui est un ensemble de logiciels sur les cl&#233;s USB (en 2007, on est encore sur un mode d'utilisation de l'informatique o&#249; il faut t&#233;l&#233;charger les logiciels, et les installer sur son ordinateur).&lt;br /&gt;
Framasoft 2006, c'est aussi la cr&#233;ation d'un projet de maison d'&#233;dition, Framabook sur le principe des communs, et au sens large, des communs num&#233;riques. Les livres comme les logiciels peuvent &#234;tre des communs num&#233;riques. On d&#233;cide de publier des livres sous des licences libres, c'est-&#224;-dire des licences qui permettent le partage, la r&#233;utilisation, la modification des livres par tout un chacun.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Elinor Ostrom n'a eu son prix Nobel qu'en 2009. Le mot commun est-il d&#233;j&#224; repris par Framasoft ? Et celle d'&#233;ducation populaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;En 2006, 2007, on parle tr&#232;s peu d'&#233;ducation populaire &#224; Framasoft. Quelque part, on en fait, mais un peu comme monsieur Jourdain, sans le savoir. Le tournant &#233;ducation populaire va venir plus tard, plut&#244;t vers 2015, mais tu vas voir qu'il y a une coh&#233;rence dans tout &#231;a, &#224; l'&#233;poque aussi.&lt;br /&gt;
En 2013, il y a un &#233;v&#233;nement, pour nous majeur, dans l'histoire du num&#233;rique, ce sont les r&#233;v&#233;lations d'Edward Snowden. C'est l'&#233;t&#233; 2013. Edward Snowden, lanceur d'alerte qui est prestataire pour la NSA, les services du renseignement am&#233;ricain, part &#224; l'&#233;tranger avec un certain nombre d'informations, parmi lesquelles la r&#233;v&#233;lation de ce qui &#233;tait plus ou moins d&#233;j&#224; connu dans certains milieux, mais qui devient av&#233;r&#233; : les services de renseignement am&#233;ricains ont industrialis&#233; la surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e du monde gr&#226;ce &#224; internet.&lt;br /&gt;
Comment ? Facebook est cr&#233;&#233; en 2006, et devient tr&#232;s populaire &#224; partir de 2007, 2008. L'iPhone c'est 2007, et Google se popularise l&#224; aussi entre 2007 et 2010. L'informatique change compl&#232;tement de forme en tr&#232;s peu d'ann&#233;es. Les usages changent : au lieu de t&#233;l&#233;charger des logiciels et de les installer, on les utilise au sein de son navigateur ou de son smartphone. L'essentiel de la production, &#224; la fois intellectuelle, des lectures, du travail, ... bascule petit &#224; petit dans le navigateur.&lt;br /&gt;
Et cela permet aux services de renseignement am&#233;ricains de se dire : si on est capable de surveiller les g&#233;ants du num&#233;rique, on va pouvoir surveiller les donn&#233;es qui transitent chez eux. La surveillance de masse, &#233;conomiquement impossible il y a quelques ann&#233;es, devient extr&#234;mement peu ch&#232;re : en surveillant neuf entreprises am&#233;ricaines, ils peuvent acc&#233;der aux donn&#233;es de milliards de personnes pour un co&#251;t qui est extr&#234;mement faible.&lt;br /&gt;
On est apr&#232;s les attentats du 11 septembre 2001. Le d&#233;cret am&#233;ricain du Patriot Act permet &#224; l'Etat am&#233;ricain de dire aux entreprises am&#233;ricaines : vous n'avez pas le choix. Comme les &#201;tats-Unis sont la cible d'attaques terroristes, vous devez donner acc&#232;s &#224; vos machines au service de renseignement am&#233;ricain. Et c'est exactement ce que d&#233;montre Edward Snowden.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Comment cette surveillance de masse a-t-elle &#233;t&#233; possible ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;La surveillance de masse g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; une &#233;chelle inimaginable a &#233;t&#233; rendue &#233;conomiquement possible par le basculement de l'informatique en ligne, l'apparition des r&#233;seaux sociaux. Ces donn&#233;es sont aussi utilis&#233;es pour &#234;tre mon&#233;tis&#233;es. Les scandales comme celui de Cambridge Analytica utilisant ces donn&#233;es pour orienter les choix d'&#233;lecteurs viennent d'avoir lieu et montrent que l'on peut manipuler facilement la d&#233;mocratie, s'en affranchir. On se rend compte que du point de vue de la surveillance, de l'&#233;conomie, de la d&#233;mocratie, ces g&#233;ants du num&#233;rique sont un probl&#232;me.&lt;br /&gt;
Que peut-on faire ? Nous d&#233;cidons de mettre en place la campagne &#171; D&#233;googlisons Internet &#187;. Nous mettons en place des services en ligne que les gens peuvent utiliser sans craindre qu'on exploite leur attention, leurs donn&#233;es, qu'on oriente leur choix ou d'&#234;tre surveill&#233;s. Le logiciel libre apparait ainsi comme la r&#233;ponse &#224; ces d&#233;viances.&lt;br /&gt;
Pendant trois ann&#233;es, entre octobre 2014 et fin 2017, quasiment tous les mois, on sort un nouveau service, par exemple, Framapad pour r&#233;diger collaborativement, Framadate pour faire les agendas en ligne, Framaforms pour faire des formulaires. C'est une p&#233;riode tr&#232;s intense, sachant que les r&#233;v&#233;lations de Snowden ont fait r&#233;agir &#233;norm&#233;ment de gens.&lt;br /&gt;
C'est aussi une p&#233;riode o&#249; on impulse un collectif, les Chatons, pour le Collectif des H&#233;bergeurs Alternatifs, Transparent, Ouvert, Neutre et Solidaire. Le mod&#232;le dont on s'inspire c'est celui des AMAP : un minimum d'interm&#233;diaires entre les producteurs et les consommateurs. Le collectif r&#233;unit des artisans du num&#233;rique (la plus grosse entreprise elle doit avoir quatre ou cinq salari&#233;s) qui d&#233;cident de mettre &#224; disposition leur temps et leurs comp&#233;tences pour fournir des services, comme le fait Framasoft. Chatons vise &#224; les faire &#233;merger ou &#224; rendre visible sur le territoire national, en tout cas en francophonie.&lt;br /&gt;
Dans cette p&#233;riode, 2014 2020, on publie beaucoup, c'est un moment de croissance pour l'association (on passe de 2 &#224; 10 salari&#233;s) &#224; tel point qu'&#224; un moment donn&#233;, &#231;a devient tr&#232;s lourd pour nous. Et on d&#233;cide de fermer un certain nombre de services, et de les renvoyer vers les chatons.&lt;br /&gt;
En parall&#232;le de toute cette activit&#233;, on se rend bien compte que l'Education Nationale n'avance pas sur ce sujet du num&#233;rique libre et des communs. On ne peut pas lutter r&#233;ellement contre Microsoft ou Apple. Le billet &#171; Pourquoi Framasoft n'ira plus boire le th&#233; au minist&#232;re de l'&#233;ducation nationale ? &#187; marque la rupture formelle avec l'&#233;ducation nationale. Et on cherche des alli&#233;s pour continuer nos actions.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_56 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image022.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image022.jpg?1732201038' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Dans quelles directions vous engagez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;En 2015, Framasoft va demander et obtenir son agr&#233;ment Jeunesse Education Populaire, parce que l'&#233;ducation populaire nous para&#238;t beaucoup plus en phase avec nos valeurs.&lt;br /&gt;
On ne l'a plus aujourd'hui. La raison est int&#233;ressante : Il y a deux ans, un d&#233;cret impose que les associations qui veulent toucher des subventions doivent signer le &#171; contrat d'engagement r&#233;publicain &#187; qui stipule qu'elles respectent le drapeau fran&#231;ais, la Marseillaise, ... nous sommes tr&#232;s critiques ! Signer, c'est laisser place &#224; une part d'ambigu&#239;t&#233;, avec le risque qu'&#224; un moment donn&#233;, une institution, typiquement une pr&#233;fecture, viennent juger si tu es ou non un bon citoyen. L'objectif du gouvernement appara&#238;t clairement : avoir un secteur associatif qui se tienne bien sage. C'est une atteinte tr&#232;s forte &#224; la d&#233;mocratie. Signer, c'est accepter la m&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e : nous refusons de signer ! On fait de l'&#233;ducation populaire sans avoir l'agr&#233;ment, notamment aux enjeux du num&#233;rique, &#224; l'usage de services en ligne alternatifs &#224; ceux des g&#233;ants du num&#233;rique.&lt;br /&gt;
En 2022, 2023, le principal changement, est de nous adresser principalement au milieu associatif et de faire du num&#233;rique anticapitaliste : on outille la soci&#233;t&#233; de contribution. C'est un terme qu'on reprend du philosophe Bernard Stiegler, qui parlait d'&#233;conomie de contribution, et que l'on a &#233;tendu &#224; la &#171; soci&#233;t&#233; de contribution &#187;, c'est-&#224;-dire finalement &#224; une soci&#233;t&#233; des communs o&#249; ils auraient beaucoup plus de place.&lt;br /&gt;
Et si on vient me demander aujourd'hui ce que fait Framasoft, je r&#233;ponds : nous outillons cette soci&#233;t&#233; de contribution, les gens qui veulent changer le monde. Je vois Framasoft aujourd'hui comme une structure d'appui sur laquelle les associations et les personnes qui composent les associations, qui essaient d'avoir un impact positif sur le monde, peuvent s'appuyer : nous n'allons pas changer le monde directement, mais fournir les planches, les clous et les marteaux pour les gens qui y travaillent.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Quand tu dis l'association j'imagine que c'est tu relies cela avec l'ESS et les coop&#233;ratives ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Oui. La difficult&#233;, c'est que dans l'ESS, par exemple, il y a de tout. Il y a clairement des gens qui sont tr&#232;s orient&#233;s sur la question de l'environnement, sur la question de la justice sociale, ... ; Mais s'il y a des tr&#232;s belles scop, il y en a o&#249;, en dehors du principe &#171; une personne, une voix &#187;, rien dans la mission ou la gouvernance n'est modifi&#233; par rapport au syst&#232;me capitaliste ou entrepreneurial plus classique. Et ce qu'on essaie de promouvoir, ce n'est pas forc&#233;ment le statut, c'est effectivement les gens qui vont vouloir faire des choses pour plus de progr&#232;s social et plus de justice sociale.&lt;br /&gt;
Et le milieu associatif est &#224; un moment charni&#232;re : si on laisse G&#233;rald Darmanin et le contrat d'engagement r&#233;publicain, si on laisse la marchandisation et la mise en concurrence des associations, le principal risque, c'est que, dans dix ans, on ait des associations genre le club sportif, o&#249; toute la dimension politique du milieu associatif aura disparu. C'est un discours que porte tr&#232;s bien le Collectif Associations Citoyennes.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_57 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image011.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image011.jpg?1732201080' width='500' height='481' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Comment se situe votre action sur les communs ? Quelle est votre strat&#233;gie &#224; ce sujet ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous d&#233;veloppons une strat&#233;gie propre aux communs et elle joue sur diff&#233;rents niveaux.&lt;br /&gt;
Le premier niveau, c'est notre communication. L'identit&#233; graphique des sites de Framasoft, les dessins, ... sont adapt&#233;s au public qu'on souhaite toucher. La page d'accueil au d&#233;part ne va pas attirer la personne qui est dans l'ESS commerciale.&lt;br /&gt;
Le deuxi&#232;me niveau concerne notre cible prioritaire : les associations. Framaspace veut &#234;tre le cloud des associations, pour qu'elles puissent partager leurs fichiers, leurs contacts, leurs agendas. Nous touchons environ 1 000 associations. Et sur ces 1 000 associations, plus de 60 % travaillent sur des sujets de transitions, transition &#233;cologique, transition d&#233;mocratique, transition des territoires, autour de sujets &#233;ducatifs, d'&#233;ducation populaire. Les autres (du type club de foot de telle ville) cherchent juste un espace, mais le fait de se retrouver sur ces espaces avec une majorit&#233; de gens essayant d'avoir un impact positif sur le monde, peut jouer et les entra&#238;ner vers autre chose.&lt;br /&gt;
Le troisi&#232;me niveau concerne nos produits : tout ce que produit Framasoft appartient aux communs et est sous licence libre, tous les logiciels qu'on propose sont sous licence libre. Nous montrons qu'il est possible d'&#234;tre coh&#233;rent entre ce que l'on met en place et la fa&#231;on de le faire !&lt;br /&gt;
Sur ces trois niveaux, on essaie d'&#234;tre coh&#233;rent et de tenir &#224; distance les gens qui voudraient faire des communs compatibles avec le capitalisme.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Votre mod&#232;le &#233;conomique en mati&#232;re d'&#233;dition va tout &#224; fait dans le sens des communs, beaucoup plus, je crois, que votre premi&#232;re approche de l'&#233;dition, Framabook.&lt;br /&gt;
Comment situez-vous la question de la propri&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Notre projet, &#224; long terme, vise &#224; supprimer la propri&#233;t&#233;, et en tout cas, de transformer la propri&#233;t&#233; en une appartenance, en un commun. Un jardin partag&#233; peut tr&#232;s bien &#234;tre en commun. Ce &#171; jardin partag&#233; &#187;, appartient &#224; l'ensemble des membres de la communaut&#233; qui l'administre selon des r&#232;gles de gouvernance, etc. Il n'est pas la propri&#233;t&#233; de quelqu'un. Et en allant plus loin, ce jardin partag&#233; n'est pas la propri&#233;t&#233; de l'association qui le g&#232;re parce qu'il s'int&#232;gre forc&#233;ment sur un territoire, dans un quartier et, potentiellement, dans une histoire. Pour nous, tout ne peut pas &#234;tre marchandis&#233;, tout ne peut pas &#234;tre appropri&#233;, tout ne peut pas &#234;tre &#171; propri&#233;t&#233; de &#187; : c'est dans ce sens que nous pensons le futur d&#233;sirable.&lt;br /&gt;
La terre est en commun, mais g&#233;rer la terre, c'est compliqu&#233;. Par contre, g&#233;rer le lieu o&#249; on habite sous-forme de commun, g&#233;rer le jardin partag&#233; sous-forme de commun, g&#233;rer le logiciel sous-forme de commun, ou g&#233;rer un livre et une publication sous-forme de commun est possible et souhaitable, mais cela demande de se d&#233;partir de cette fausse n&#233;cessit&#233; de la propri&#233;t&#233;.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous d'autres intentions, d'autres projets li&#233;s aux communs ? Est-ce une strat&#233;gie pour vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Le projet &#171; Des livres en communs &#187; pr&#233;sent&#233; dans ce N&#176; d'Alters M&#233;dia par Christophe Masutti est probablement notre projet externe le projet le plus radical &#224; ce sujet. Mais par contre, il est &#224; une toute petite &#233;chelle : il concerne un ou deux auteurs, un ou deux livres par an. L'id&#233;e est de pr&#233;figurer quelque chose, d'exp&#233;rimenter. Si &#231;a marche, tant mieux. Si &#231;a ne marche pas, ce n'est pas grave. On aura appris des choses.&lt;br /&gt;
En interne, nous exp&#233;rimentons aussi ! Comme dans toute association, il y a au sein de Framasoft des personnes qui sont plus ou moins &#224; l'aise financi&#232;rement, des CSP plus et des personnes au RSA. Et avec la p&#233;riode covid, c'&#233;tait &#233;videmment tr&#232;s compliqu&#233; pour certaines personnes de savoir comment se nourrir. On a recr&#233;&#233; une esp&#232;ce de s&#233;curit&#233; sociale interne &#224; Framasoft. Un compte en banque a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; o&#249; toutes les personnes de l'association pouvaient mettre de l'argent. Et o&#249; toutes les personnes pouvaient en retirer. Ce n'&#233;tait pas l'argent de l'association, mais du collectif des cotisants individuels.&lt;br /&gt;
C'est vraiment un principe de s&#233;curit&#233;, essentiellement alimentaire d'ailleurs, plus que social. Et peu importe qui vient taper dans cette caisse commune. Ce sont des gens de l'association, on agit ensemble, on se fait confiance !&lt;br /&gt;
Pour l'instant &#231;a marche plut&#244;t bien. Cela ne r&#233;pond pas tout &#224; fait &#224; ta question, on n'est pas vraiment sur une question de commun, mais la mise en place d'un syst&#232;me de solidarit&#233; concret au sein de l'association est une manifestation de l'esprit des communs. Ce n'est pas dans toutes les associations que tu vas trouver &#231;a.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_58 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image013.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image013.jpg?1732201109' width='500' height='228' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Nous pr&#233;sentons un dossier sur la s&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation et montrons l'exemple d'une structure tr&#232;s proche des communs &#224; Marseille : les coop&#233;ratives &#171; H&#244;tel du nord &#187; et &#171; Les oiseaux de passage &#187;.&lt;br /&gt;
Votre strat&#233;gie pourrait-elle vous conduire &#224; aider ce genre d'initiative ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Oui, tout &#224; fait ! Nous avons choisi en 2019 &#8211; 2020 de formaliser cette strat&#233;gie en utilisant le concept d'archipellisation d'Edouard Glissant. C'est un concept &#233;videmment int&#233;ressant, puisqu'il permet de poser la question des rapports avec d'autres structures qui portent des valeurs communes, mais qui ont des moyens diff&#233;rents. La difficult&#233;, c'est le temps. Il y a des milliards de choses &#224; faire, mais nous ne sommes que quelques individus.&lt;br /&gt;
Nous pouvons &#234;tre un appui &#224; plusieurs niveaux : &#224; travers des comp&#233;tences ; en mettant &#224; disposition des outils ; sous-forme de partage et de retour d'exp&#233;rience sur les outils. Nous d&#233;veloppons ce type de rapport avec Mobicoop, Alternatiba, Open street map, Open food fact (une esp&#232;ce de Wikip&#233;dia autour de l'alimentation), la SSA ..., qui utilisent les services de Framasoft.&lt;br /&gt;
L'un des niveaux d'archipellisation concerne le partage de comp&#233;tences. Prenons un exemple :&lt;br /&gt;
Les communs num&#233;riques voient arriver &#233;norm&#233;ment d'argent. Le probl&#232;me, c'est que ne sont pas des vrais communs num&#233;riques, c'est du common washing. La communaut&#233; n'est pas r&#233;ellement une vraie communaut&#233;. Le plus souvent, c'est l'Etat ou une entreprise qui d&#233;cide. La ressource est en commun. Mais la communaut&#233; et la gouvernance ne le sont pas, ou tr&#232;s, tr&#232;s peu.&lt;br /&gt;
La distinction avec des communs r&#233;els est essentielle : nous cherchons une solution avec plusieurs structures et chercheurs, en r&#233;unissant des groupes, notamment autour des communs num&#233;riques. On essaie de se compter. Cela d&#233;marre.&lt;br /&gt;
Nous r&#233;pondons aussi aux structures qui nous posent des questions, m&#234;me si elles ne travaillent pas du tout sur les m&#234;mes sujets que nous, mais que l'on estime &#234;tre dans notre archipel.&lt;br /&gt;
Plut&#244;t que de citer plusieurs exemples, mais je pr&#233;f&#232;re parler d'Info climat : c'est une association d'amateurs et d'amatrices des questions &#224; la fois m&#233;t&#233;o et climat, et qui regroupe 4 000 adh&#233;rents au niveau national et qui souhaitait embaucher. Ils ont des petites stations m&#233;t&#233;o et r&#233;unissent des climatologues et des m&#233;t&#233;orologues amateurs. Ils sont dans le domaine de l'&#233;ducation populaire et des communs. Ils font des relev&#233;s m&#233;t&#233;o, ils enrichissent une base de donn&#233;es accessible publiquement, partagent des infos, des comp&#233;tences, des savoirs entre eux, etc.&lt;br /&gt;
Cette association nous a contact&#233; &#224; propos de l'embauche de leur premier salari&#233; (&#234;tre tous b&#233;n&#233;voles devenait trop compliqu&#233;). Nous apportons notre exp&#233;rience pratique pour renforcer leur commun.&lt;br /&gt;
Un autre mode d'entraide consiste &#224; faire du &#171; ruissellement &#187; !&lt;br /&gt;
Framasoft est une association qui arrive &#224; plut&#244;t bien faire ses collectes en ligne : nous redistribuons aupr&#232;s d'associations qui nous paraissent int&#233;ressantes et qui auraient besoin de 500 &#8364; pour se r&#233;unir. L'enveloppe est d'environ 5 000 &#8364; par an. C'est proche des principes de la s&#233;curit&#233; sociale dont je te parlais tout &#224; l'heure, c'est du don sans contrepartie. On cherche pas du tout &#224; adh&#233;rer &#224; la structure.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034; style=&#034;text-align: right;&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;1. &lt;a href=&#034;https://www.weblettres.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.weblettres.net&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustrations : David Revoy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - F&#233;vrier 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>des Communs et du Num&#233;rique</title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/penser-les-communs/article/des-communs-et-du-numerique</link>
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		<dc:date>2024-11-27T08:11:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'histoire du d&#233;veloppement des communs croise &#233;videmment celle du d&#233;veloppement du num&#233;rique. L'histoire des enclosures du XVII&#232; si&#232;cle se rejoue : la mati&#232;re du num&#233;rique (ses codes, ses donn&#233;es...) sera-t-elle partag&#233;e au service du d&#233;veloppement humain, laiss&#233;e libre d'acc&#232;s ; ou captur&#233;e, appropri&#233;e au service d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s ? La technologie sera-t-elle mise au service de l'humain et de son avenir, ou deviendra-t-elle l'un des outils pour le manipuler voire l'asservir ? Cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/penser-les-communs/" rel="directory"&gt;Penser les communs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image092.jpg?1732201503' class='spip_logo spip_logo_right' width='143' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'histoire du d&#233;veloppement des communs croise &#233;videmment celle &lt;br class='autobr' /&gt;
du d&#233;veloppement du num&#233;rique. L'histoire des enclosures du XVII&#232; si&#232;cle se rejoue : la mati&#232;re du num&#233;rique (ses codes, ses donn&#233;es...) sera-t-elle partag&#233;e au service du d&#233;veloppement humain, laiss&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt;
libre d'acc&#232;s ; ou captur&#233;e, appropri&#233;e au service d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La technologie sera-t-elle mise au service de l'humain et de son avenir, ou deviendra-t-elle l'un des outils pour le manipuler voire l'asservir ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette histoire, Val&#233;rie Peugeot l'a v&#233;cue en premi&#232;re ligne, ayant particip&#233; &#224; l'aventure de VECAM, une association pionni&#232;re dans &lt;br class='autobr' /&gt;
la d&#233;fense &#224; la fois de la libert&#233; du num&#233;rique au service des humains, et &#224; celle des communs comme moyen d'&#233;chapper aux menaces &lt;br class='autobr' /&gt;
de l'anthropoc&#232;ne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:22px;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le strat&#233;gique des Communs&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Vous avez pr&#233;sid&#233; et dirig&#233; pendant de nombreuses ann&#233;es l'association VECAM qui a port&#233; la question des communs d&#232;s le milieu des ann&#233;es 2000.&lt;br /&gt;
Quelles sont les raisons qui vous ont pouss&#233; &#224; soutenir &#171; cette aspiration en un mode non binaire, nourri de nouvelles dynamiques sociales, auquel nous invite les communs &#187;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;L'extension r&#233;guli&#232;re des droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle sur les connaissances m'a amen&#233;e &#224; me pencher sur les communs. Sans &#234;tre directement une association de libristes, Vecam &#233;tait proche de mouvements promoteurs du logiciel libre. Ainsi en 2002, nous avions co-organis&#233; avec un collectif d'associations, dont l'April&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;, les rencontres de &#171; l'internet citoyen &#187; &#224; Montr&#233;al auxquelles Richard Stallman, concepteur des premi&#232;res licences du logiciel libre, avait particip&#233;. En 2003, le prisme s'&#233;largit aux contenus : lors d'une r&#233;union pr&#233;paratoire au sommet mondial de la soci&#233;t&#233; de l'information (SMSI), tenue &#224; Paris et port&#233;e par le collectif I3C (internet cr&#233;atif, collaboratif et citoyen) dans lequel Vecam &#233;tait impliqu&#233;, sont convi&#233;s les repr&#233;sentants de Creative Commons, les licences cr&#233;es par le juriste &#233;tats-unien Larry Lessig, permettant de faciliter le partage d'&#339;uvres de l'esprit. La rencontre se cl&#244;t avec l'id&#233;e de porter au SMSI les questions de propri&#233;t&#233; intellectuelle qui en &#233;taient absentes&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;. C'est cette entr&#233;e par le refus de l'enfermement du code logiciel et des cr&#233;ations qui a sem&#233; les premi&#232;res graines d'une pens&#233;e d&#233;gag&#233;e du carcan propri&#233;tariste, m&#234;me si &#224; l'&#233;poque nous ne parlions pas encore de &#171; communs &#187;.&lt;br /&gt;
Le v&#233;ritable tournant conceptuel est venu deux ans plus tard, lorsque nous avons organis&#233; de nouveau &#224; Paris une rencontre internationale intitul&#233;e &#171; Le d&#233;veloppement face au bien commun de l'information et &#224; la propri&#233;t&#233; intellectuelle&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt; &#187;, &#224; laquelle ont particip&#233; des promoteurs du m&#233;dicament g&#233;n&#233;rique, de la science ouverte, du logiciel libre, ou encore des semences libres. L'information en partage au service du d&#233;veloppement des connaissances constituait le fil rouge de cette rencontre. Qu'il s'agisse du g&#233;nome d'une plante, du code d'un logiciel, ou du principe d'un m&#233;dicament, nous partions du constat que leur enfermement dans des droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle sans cesse &#233;tendus nuisaient aux paysans, prisonniers de semences qu'ils n'avaient pas le droit de replanter, aux malades, priv&#233;s de traitement rendus trop couteux, &#224; la recherche, limit&#233;e dans son acc&#232;s aux savoirs.&lt;br /&gt;
La m&#234;me ann&#233;e, le regrett&#233; Philippe Aigrain publie &#171; Cause commune, l'information entre bien commun et propri&#233;t&#233; &#187; premier ouvrage francophone consacr&#233; au sujet, qui fera date. Quelques ann&#233;es plus tard, il sera avec Vecam l'un des fondateurs du r&#233;seau francophone des communs.&lt;br /&gt;
Signe que la pens&#233;e n'&#233;tait pas encore aboutie, nous parlions alors de &#171; bien commun &#187; au singulier, synonyme d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, confondu avec les communs au pluriel, c'est &#224; dire des ressources partag&#233;es et g&#233;r&#233;es par un collectif qui en assure la gouvernance et la protection.&lt;br /&gt;
C'est progressivement, et notamment au contact de la pens&#233;e d'Elinor Ostrom qu'Herv&#233; Le Crosnier, autre membre de Vecam, lisait d&#233;j&#224; avant son prix Nobel de 2009, que nous avons pris conscience de toute la port&#233;e heuristique du concept de communs. Notre regard s'est progressivement d&#233;centr&#233; de la ressource et des conditions de son partage, pour mieux s'int&#233;resser &#224; la dynamique sociale qui l'accompagne.&lt;br /&gt;
Par la suite, notamment en co-organisant deux festivals internationaux &#8211; &#171; Villes en biens communs &#187; et &#171; Le Temps des communs &#187;&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt; &#8211;, nous avons continu&#233; &#224; pousser la question des communs dans l'espace public, montrant en quoi ils fournissent un cadre th&#233;orique partag&#233; &#224; un large &#233;ventail d'initiatives citoyennes. Depuis les communs ont pris leur envol si je puis dire, et sont aujourd'hui port&#233;s et appropri&#233;s &#224; la fois par de nombreux travaux acad&#233;miques et dans une multiplicit&#233; d'ar&#232;nes.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_60 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image091.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image091.jpg?1732201436' width='500' height='287' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Les enclosures du XVIII&#232; si&#232;cle ont d&#233;truit les communs, cr&#233;&#233; des parcelles. La soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale renforce &#224; l'extr&#234;me cette privatisation et cette individualisation au point que les luttes pour l'&#233;mancipation en sont venues &#224; se concurrencer et &#224; se fragiliser. Et &#224; concurrencer l'&#233;mancipation collective, &#224; la r&#233;duire &#224; une &#233;mancipation de chacun sur sa &#171; parcelle &#187;.&lt;br /&gt;
Les communs dans cette situation ne devrait-il pas alors de d&#233;passer cet enfermement sur des valeurs en concurrence ? Et s'appuyer sur des valeurs plus globales, tout en s'assurant que chacune des valeurs individuelles soit respect&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Autrefois et parfois encore aujourd'hui, on appelait &#224; gauche &#224; &#171; la convergence des luttes &#187; pour d&#233;passer cette parcellisation des &#233;mancipations que vous &#233;voquez. Je n'aime pas tellement cette expression. Mis &#224; part son c&#244;t&#233; surann&#233;, deux raisons &#224; cela. D'une part elle repose sur une vision d&#233;fensive et guerri&#232;re l&#224; ou je crois que nous avons d'abord besoin d'imaginaires et d'alternatives, ce qui ne veut pas dire pour autant absence de conflictualit&#233; ou d'enjeux de pouvoirs, mais c'est l'horizon de sens porteur d'espoir qui nous manque avant tout dans la p&#233;riode de grand d&#233;sarroi intellectuel et politique que nous traversons. D'autre part, l'id&#233;e de convergence inscrit dans nos repr&#233;sentations mentales l'id&#233;e d'unicit&#233;, gommant ainsi toute la complexit&#233; li&#233;e &#224; la diversit&#233; des moteurs de l'engagement individuel et collectif, obfuscant en quelque sorte les d&#233;saccords internes aux mouvements sociaux. Il nous faut au contraire construire un espace mental politique rizhomatique, dans lequel les collectifs d'action s'assemblent et se d&#233;sassemblent en fonction des objets sur lesquels ils portent leur attention et leur capacit&#233; cr&#233;ative.&lt;br /&gt;
C'est l&#224;, &#224; mes yeux, toute la beaut&#233; et la fragilit&#233; des communs. C'est un concept qui n'&#233;crase pas la diversit&#233; mais l'encourage. De plus il n'y a pas de hi&#233;rarchie entre les collectifs de communs, d'objet noble ou non. Elinor Ostrom prenait souvent en exemple de &#171; commun &#187; le collectif de voisins qui &#233;tablit des r&#232;gles de stationnement dans les espaces d&#233;neig&#233;s pendant le long hiver du nord de l'Am&#233;rique. Ce &#171; micro-commun &#187; ordinaire, infra politique, participe &#224; sa mani&#232;re &#224; introduire du collectif et du partage dans le quotidien de ces habitants. &#192; l'autre bout, une r&#233;flexion mondialis&#233;e est indispensable pour par exemple sanctuariser l'espace et en faire un commun, au lieu que ne prosp&#232;re dans la &#171; res nullius &#187; actuelle les app&#233;tits des lanceurs de satellite qui transforment l'espace en gigantesque poubelle &#224; ciel plus qu'ouvert et sans ramassage ! Entre les communs d'extr&#234;me proximit&#233; du quotidien et les communs universels &#224; construire, il existe une infinit&#233; de communs &#224; relier, &#224; articuler, &#224; faire r&#233;sonner les uns avec les autres. J'&#233;voquais tout &#224; l'heure ce colloque fondateur de 2005. Il illustre bien mon propos : les militants du m&#233;dicament, du logiciel, des semences ou de la science ouverte n'avaient jamais jusque-l&#224; pris conscience de participer &#224; une m&#234;me logique de construction de communs. Cette prise de conscience ne les a pas conduit &#224; abandonner la sp&#233;cificit&#233; de leur engagement mais leur a fourni un horizon partag&#233; qui l&#233;gitimise d'autant plus leur action.&lt;br /&gt;
En zoomant sur ce qui se passe dans les territoires, on observe des dynamiques collectives d'innovation sociale qui se d&#233;ploient soit de mani&#232;re palliative ou r&#233;paratrice face aux reculs des services publics et &#224; l'ineffectivit&#233; des services priv&#233;s, soit en mode cr&#233;atif pour inventer les r&#233;ponses dont nous avons besoin face aux enjeux contemporains, notamment &#233;cologiques. C'est dans ces dynamiques que s'inscrivent bon nombre d'acteurs de l'&#233;conomie sociale et solidaire de proximit&#233; ainsi que les collectifs de &#171; commoners &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:22px;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le du num&#233;rique sous domination n&#233;olib&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;strong&gt;Comment les politiques r&#233;gulant les technologies num&#233;riques peuvent-elles aider &#224; r&#233;pondre aux menaces sur la d&#233;mocratie tr&#232;s r&#233;elles de nos jours ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les technologies num&#233;riques jouent un r&#244;le consid&#233;rable non pas tant dans la diversification que dans l'amplification des menaces qui p&#232;sent sur la d&#233;mocratie. &#192; cet &#233;gard, il faut distinguer deux grands ensembles de technologies.&lt;br /&gt;
D'une part des technologies pens&#233;es &#224; des fins de s&#233;curit&#233; et qui aujourd'hui nourrissent directement une surveillance de masse, je pense notamment &#224; la reconnaissance faciale, mais aussi &#224; des logiciels comme P&#233;gasus, qui permet d'espionner les t&#233;l&#233;phones mobiles.&lt;br /&gt;
D'autre part des technologies qui poursuivent des finalit&#233;s sans rapport avec la s&#233;curit&#233; mais qui de fait peuvent contribuer &#224; tisser une infrastructure de surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e. En poursuivant des objectifs tous plus l&#233;gitimes les uns que les autres, comme la lutte contre la fraude, la recherche m&#233;dicale ou la simplification des d&#233;marches administratives, les &#201;tats mettent en place un maillage de traitements informatiques contenant des donn&#233;es &#224; caract&#232;re personnel toujours plus nombreux.&lt;br /&gt;
Ceux-ci ne posent pas de probl&#232;mes tant que les proc&#233;dures de s&#233;curit&#233; sont respect&#233;es, ce qui n'est pas toujours le cas quand on voit le nombre d'h&#244;pitaux, pour ne citer que cet exemple, qui sont victimes de cyberattaques, et surtout tant que nos gouvernements conservent un caract&#232;re d&#233;mocratique effectif. Quand je vois qu'un pr&#233;sident des &#201;tats-Unis est capable de d&#233;truire des documents classifi&#233;s ou d'encourager l'assaut du Capitole, croyez-vous que demain un homologue fait du m&#234;me bois se g&#234;nerait pour aller consulter des bases de donn&#233;es publiques, par exemple pour recueillir des donn&#233;es m&#233;dicales sur ses concurrents, ou pour organiser des actions discriminantes contre des cat&#233;gories de population qui ne cadrent pas avec son projet id&#233;ologique ? Les effets politiques de notre &#233;difice technologique d&#233;pendent de la solidit&#233; d&#233;mocratique de nos institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_61 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image090.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image090.jpg?1732201439' width='500' height='272' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;L'exemple du tourisme marchand est int&#233;ressant pour analyser le poids du num&#233;rique (sous domination des plateformes, et dans le contexte de la mondialisation) sur la soci&#233;t&#233;.&lt;br /&gt;
A 15 ans de distance, des villes touristiques comme Syracuse en &#233;t&#233;, sont totalement transform&#233;es et d&#233;natur&#233;es par les plateformes type AirBnB, symbole de cet impact catastrophique sur le monde des villes et du tourisme.&lt;br /&gt;
En prenant aussi l'exemple des r&#233;seaux sociaux type Facebook, comme v&#233;hicule de valeurs de haine, de m&#233;pris pour la notion de v&#233;rit&#233;...&lt;br /&gt;
Mais il ne faut pas juger &#171; le num&#233;rique &#187; en soi, au risque de reporter sur l'outil les d&#233;fauts du contexte social dans lequel il est mis en &#339;uvre.&lt;br /&gt;
Comment jugez-vous le r&#244;le du num&#233;rique, domin&#233; comme il l'est actuellement par les plateformes et l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale ?&lt;br /&gt;
Ne joue-t-il pas dans ces conditions un r&#244;le non n&#233;gligeable dans cette destruction des liens sociaux et des valeurs de convivialit&#233; au sens de vivre ensemble ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;viterais de parler &#171; du num&#233;rique &#187; de fa&#231;on g&#233;n&#233;rique. Les technologies num&#233;riques sont plurielles, leurs concepteurs, leurs mod&#232;les &#233;conomiques, leurs usages, leurs r&#233;gulations tout autant. Le singulier tend &#224; essentialiser les effets produits par les technologies quand elles rencontrent nos pratiques. De m&#234;me accuser les outils de communication de la destruction de liens sociaux est un proc&#232;s qui remonte&#8230; au t&#233;l&#233;phone ! Et nous n'avons jamais autant communiqu&#233;, &#233;chang&#233;, interagi qu'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple des plateformes comme AirBnB nous oblige &#224; penser la complexit&#233;. L'intention de ses concepteurs n'a certainement pas &#233;t&#233; de d&#233;figurer des villes par le tourisme, mais &#8211; et je crois &#224; une forme de sinc&#233;rit&#233; dans les premi&#232;res publicit&#233;s de ce service &#8211; au contraire de d&#233;mocratiser les voyages, de secouer un secteur h&#244;telier dont la qualit&#233; de service laissait globalement &#224; d&#233;sirer, et d'inventer une mani&#232;re de voyager plus authentique, nourrie de rencontres, tout en procurant un revenu &#224; des personnes qui pouvaient avoir besoin. On sait ce qu'il en est advenu : les logements chez l'habitant sont devenus portion congrue pendant que fleurissaient dans les m&#233;tropoles les offres de multipropri&#233;taires, v&#233;ritables petits entrepreneurs touristiques &#233;chappant aux contraintes fiscales et r&#233;glementaires, contribuant ainsi &#224; une explosion des prix de l'immobilier et &#224; chasser les habitants des centre-villes. Aujourd'hui un grand nombre de ces m&#233;tropoles ont r&#233;agi en mettant en place des limitations &#224; ces pratiques, soutenues parfois &#224; l'&#233;chelle nationale par des projets de lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut avoir plusieurs lectures de cette d&#233;rive. La premi&#232;re consiste &#224; en faire porter la responsabilit&#233; sur &#171; le num&#233;rique &#187;, alors que la technologie n'a que trop bien rempli son office, c'est &#224; dire d&#233;mocratiser le tourisme. Je lui pr&#233;f&#232;re une seconde qui renvoie les acteurs publics &#224; leurs responsabilit&#233;s. Les cr&#233;ateurs de ce type de services n'ont jamais cach&#233; leur inscription dans un capitalisme n&#233;olib&#233;ral, celui qui r&#232;gne dans la Silicon Valley, et ils ont pouss&#233; leur jeu, celui qui consiste &#224; asseoir par tous les moyens une position quasi monopolistique et &#224; maximiser leurs profits. En revanche face &#224; eux, les acteurs publics ont longtemps laiss&#233; prosp&#233;rer ces pratiques sans les encadrer, fascin&#233;s par le monde des start-ups. &#192; cet &#233;gard la messe n'est pas dite, quand on voit les d&#233;bats r&#233;cents autour d'un amendement gliss&#233; dans la loi de finance 2024 pr&#233;voyant une diminution importante de l'abattement fiscal dont b&#233;n&#233;ficient les propri&#233;taires de meubl&#233;s de tourisme, amendement auquel le gouvernement s'est oppos&#233;. Il est int&#233;ressant de comparer la politique d'encadrement d'une ville comme Barcelone, mise en place par une maire, Ada Colao, venue des mouvements pour le droit au logement et celle minimaliste d'une ville comme Milan, qui adh&#232;re au prisme lib&#233;ral dans lequel s'inscrivent ces entreprises. La question n'est une fois de plus pas tellement technologique mais &#233;minemment politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, il est certes de nombreux usages des technologies que l'on peut regretter &#8211; complotisme, fake news, harc&#232;lement&#8230; &#8211;. Mais d'une part je ne voudrais pas que ceux-ci nous am&#232;nent &#224; oublier tout ce qu'elles ont aussi apport&#233; d'int&#233;ressant dans nos vies. Je pense ici &#224; la capacit&#233; &#224; garder des liens faibles et &#224; interagir avec un cercle &#233;largi de personnes ; ou &#224; l'acc&#232;s d&#233;cupl&#233; &#224; l'information, instaurant une dose de transparence dans nos soci&#233;t&#233;s, et &#224; une multitude de connaissances r&#233;serv&#233;es jusqu'ici &#224; une &#233;lite ; ou encore &#224; la capacit&#233; pour tout un chacun de devenir producteur d'information, que celle-ci prenne la forme d'un simple emoticon, d'une photo ou, en version plus &#233;labor&#233;e, d'un tuto. D'autre part, apr&#232;s une phase &#171; far west &#187; qui a grosso modo dur&#233; des ann&#233;es 1990 aux ann&#233;es 2010, on assiste &#224; un retour du politique et des r&#233;gulations, en Europe pour le moins. Le r&#232;glement g&#233;n&#233;ral de protection des donn&#233;es (RGPD) en a &#233;t&#233; le premier v&#233;hicule, et la floraison de textes r&#233;cemment adopt&#233;s ou en cours d'adoption &#8211; DGA, DSA, DMA, IA Act&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt;, data act &#8211; en sont la traduction. Si ces textes sont loin d'&#234;tre parfaits, ils constituent un tournant essentiel. Il nous faut collectivement encore et toujours politiser les technologies, c'est &#224; dire les mettre en d&#233;bat dans l'espace public, plut&#244;t que de les laisser aux mains de leurs concepteurs et promoteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;La question se pose de savoir comment le potentiel &#233;norme du num&#233;rique pourrait &#234;tre mieux utilis&#233; pour :&lt;br /&gt;
&#8226; Corriger des d&#233;fauts et des d&#233;rives criantes du num&#233;rique de plateformes marchandes. Pouvez-vous nous pr&#233;senter des axes de progr&#232;s envisag&#233;s, des initiatives dans ce sens ?&lt;br /&gt;
&#8226; Aider, via les technologies num&#233;riques, &#224; cr&#233;er des usages plus prometteurs et humanistes dans le contexte actuel d'une soci&#233;t&#233; marchande et domin&#233;e par les plateformes.&lt;br /&gt;
Pouvez-vous nous pr&#233;senter des initiatives dans ce sens, des exemples ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons tirer deux fils rouges me semble-t-il. D'une part, encourager les initiatives alternatives &#224; l'approche purement capitalistique, lorsqu'elles peuvent trouver un mod&#232;le &#233;conomique, ce qui n'est pas le plus simple. De la m&#234;me mani&#232;re que Wikipedia a r&#233;ussi &#224; proposer une alternative mondialis&#233;e et d'acc&#232;s libre aux encyclop&#233;dies historiques inaccessibles, ou qu'OpenStreetMap offre une option libre &#224; Google Maps, il faut encourager et accompagner des alternatives dans un nombre toujours plus large de secteurs. Je pense aux &#171; Licoornes &#187;, ces coop&#233;ratives qui se d&#233;ploient dans le champ de l'&#233;nergie, avec Enercoop, de la mobilit&#233;, avec MobiCoop et Railcoop, etc. Elles ont toutes pour point commun de remettre en cause le prisme propr&#233;tariste d'une mani&#232;re ou d'une autre &#8211; propri&#233;t&#233; des moyens de production, propri&#233;t&#233; des cr&#233;ations. Dans le domaine touristique, je pense aux &#171; Oiseaux de passage &#187; ou &#224; &#171; Fairbnb.coop &#187;.&lt;br /&gt;
Par ailleurs, toute l'&#233;conomie n'ayant pas vocation &#224; basculer (au moins &#224; moyen terme !) dans l'&#233;conomie sociale et solidaire, un encadrement des innovations technologiques doit &#234;tre mis en place de fa&#231;on it&#233;rative et d&#233;licate, de mani&#232;re &#224; ne pas brider la cr&#233;ativit&#233; trop t&#244;t, &#224; ne pas nous priver de ce que les technologies peuvent nous apporter de positif.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align: right;&#034;&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;1 vecam.org Apr&#232;s 25 ans d'engagements, ... &lt;br class='autobr' /&gt;
2 April est la principale association de promotion et de d&#233;fense du logiciel libre dans l'espace francophone. april.org&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Compte rendu journalistique de la rencontre transfert.net/Sommet-mondial-sur-la-societe-de-l&lt;br class='autobr' /&gt;
4 La rencontre a donn&#233; lieu &#224; la publication d'un ouvrage chez C&amp;F &#233;ditions.&lt;br class='autobr' /&gt;
5 En 2013 et 2015&lt;br class='autobr' /&gt;
6 Data Governance Act ; Digital Service Act ;Digital market Act ; Articial Intelligence Act&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - D&#233;cembre 2023&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Une recherche sur le potentiel de transformation sociale des communs</title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/penser-les-communs/article/une-recherche-sur-le-potentiel-de-transformation-sociale-des-communs</link>
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		<dc:date>2024-11-27T08:11:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La recherche d'Herv&#233; Defalvard porte sur le potentiel de transformation radicale et d&#233;mocratique que repr&#233;sentent les Communs dans notre monde en complet bouleversement. Les territoires sont les lieux o&#249; se manifestent les destructions induites par le capitalisme, o&#249; s'expriment les luttes et le potentiel des communs. Ils portent une dimension politique unique du fait de leur objet (la d&#233;fense collective et d&#233;mocratique des droits d'une communaut&#233; attach&#233;e &#224; la durabilit&#233; de ressources (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/penser-les-communs/" rel="directory"&gt;Penser les communs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image072.jpg?1732626425' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La recherche d'Herv&#233; Defalvard porte sur le potentiel de transformation radicale et d&#233;mocratique que repr&#233;sentent les Communs dans notre monde en complet bouleversement. Les territoires sont les lieux o&#249; se manifestent les destructions induites par le capitalisme, o&#249; s'expriment les luttes et le potentiel des communs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils portent une dimension politique unique du fait de leur objet (la d&#233;fense collective et d&#233;mocratique des droits d'une communaut&#233; attach&#233;e &#224; la durabilit&#233; de ressources menac&#233;es), de leur capacit&#233; &#224; associer divers acteurs dans ces communaut&#233;s dans l'action.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;La soci&#233;t&#233; du commun et la conqu&#234;te de l'h&#233;g&#233;monie face au n&#233;o lib&#233;ralisme&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Votre livre &#171; La soci&#233;t&#233; du commun, Pour une &#233;cologie politique et culturelle des territoires &#187; cherche &#224; montrer comment les Communs peuvent &#234;tre une strat&#233;gie pour sortir du n&#233;olib&#233;ralisme comme derni&#232;re version du capitalisme.&lt;br /&gt;
Vous introduisez d&#232;s le d&#233;part un &#233;l&#233;ment cl&#233; de votre r&#233;flexion : la notion d'&#171; h&#233;g&#233;monie &#187; que vous empruntez &#224; Gramsci. Ainsi la bourgeoisie a su, tout au long des 17&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et 18&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles en France face &#224; la soci&#233;t&#233; aristocratique et &#224; l'absolutisme, construire les bases mat&#233;rielles, id&#233;ologiques, culturelles... de sa puissance et conqu&#233;rir l'h&#233;g&#233;monie qui lui a permis de conqu&#233;rir le pouvoir politique et le consolider tout au long du 19&#232;me si&#232;cle.&lt;br /&gt;
De m&#234;me, face &#224; la strat&#233;gie n&#233;olib&#233;rale visant une extension illimit&#233;e de la marchandisation du monde et de la domination de la nature, le mouvement de r&#233;sistance &#224; cette h&#233;g&#233;monie n&#233;o lib&#233;rale aurait, par les communs, &#224; conqu&#233;rir une forme d'h&#233;g&#233;monie au b&#233;n&#233;fice du vivant.&lt;br /&gt;
Cet exemple illustre-t-il votre position ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Oui, ce parall&#232;le est juste, &#224; manier avec pr&#233;caution car les conditions ne sont pas identiques. La critique du syst&#232;me dominant actuel, le n&#233;olib&#233;ralisme, m'a conduit &#224; cet emprunt du concept d'h&#233;g&#233;monie &#224; Gramsci, ainsi que des concepts de &#171; bloc historique &#187; (qui structure la soci&#233;t&#233; en infrastructure, soci&#233;t&#233; civile et soci&#233;t&#233; politique), celui d'intellectuel organique (reli&#233; &#224; des forces sociales), de crise h&#233;g&#233;monique. Cela donne une architecture, une colonne vert&#233;brale au livre.&lt;br /&gt;
Je prolonge ces concepts en utilisant celui de &#171; subsomption &#187; formelle et r&#233;elle de Marx : la soci&#233;t&#233; bourgeoise a r&#233;alis&#233; cette subsomption formelle au sein du bloc historique qu'&#233;tait l'ancien r&#233;gime, pour, lorsque sa puissance avec les manufactures et la diffusion de ses valeurs ont &#233;t&#233; suffisantes, lui substituer un nouveau bloc historique. Je d&#233;fends l'id&#233;e que la soci&#233;t&#233; des communs pourrait constituer le nouveau bloc contre-h&#233;g&#233;monique op&#233;rant une subsomption r&#233;elle en se substituant au bloc n&#233;olib&#233;ral (on revient &#224; Gramsci).&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Cette h&#233;g&#233;monie serait donc &#224; acqu&#233;rir dans chaque domaine de la vie sociale, avec tous les outils &#224; la disposition de la soci&#233;t&#233; et &#224; toutes les &#233;chelles territoriales ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Oui, d'ailleurs Gramsci sort en partie du mat&#233;rialisme historique, et en tous cas de la surd&#233;termination de la soci&#233;t&#233; civile et politique par l'infrastructure : il affirme le r&#244;le de l'intellectuel au sein de la soci&#233;t&#233; civile dans la r&#233;alisation d'une alternative soci&#233;tale. Mais c'est au niveau de l'infrastructure (et des rapports sociaux de production et d'&#233;change) que se situe la premi&#232;re bataille contre le capitalisme. Elle a deux volets :&lt;br /&gt;
D'une part au niveau des rapports sociaux de production et d'&#233;change, pour substituer des rapports alternatifs aux anciens : par exemple, la lutte &#224; Notre Dame des Landes, o&#249; la substitution d'une zone humide (repr&#233;sentant le vivant) &#224; l'a&#233;roport (image du capitalisme) est tr&#232;s symbolique. Elle a deux aspects d&#233;fensifs et offensifs.&lt;br /&gt;
D'autre part au niveau de la production et la diffusion des id&#233;es : il y a interaction entre pens&#233;e et lutte ; cette production des id&#233;es se fait par une alliance entre des activistes ou acteurs militants et des chercheurs ou intellectuels, de la soci&#233;t&#233; civile, qui s'allient pour porter ces nouvelles id&#233;es et chercher des d&#233;bouch&#233;s politiques.&lt;br /&gt;
Il y a une co d&#233;termination des trois volets ; mais comme le pense Marx et Gramsci, la soci&#233;t&#233; politique est touch&#233;e en dernier par l'&#233;volution, elle va r&#233;sister longtemps &#224; la pouss&#233;e r&#233;volutionnaire. Il peut y avoir des petites conqu&#234;tes au cours du temps, mais l'inertie institutionnelle est forte. Aussi c'est dans les marges de l'ensemble de ces composantes que la lutte peut &#234;tre men&#233;e : ainsi, nous avons cherch&#233; &#224; introduire dans le droit des notions li&#233;es aux biens communs en pr&#233;parant avec des d&#233;put&#233;s un projet de loi d&#233;battu &#224; l'Assembl&#233;e Nationale.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_65 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/local/cache-vignettes/L400xH591/cahiers_2_image003-7e114.jpg?1732846854' width='400' height='591' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Il me semble que le raisonnement le plus facile &#224; faire accepter pour pr&#233;senter la strat&#233;gie des communs, ce n'est pas de faire r&#233;f&#233;rence &#224; Marx et &#224; Gramsci, mais de partir d'une analyse concr&#232;te de la r&#233;alit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Le livre ne propose pas de raisonner autrement !&lt;br /&gt;
Et c'est d'ailleurs l'objet d'une actualisation de la pens&#233;e de Gramsci. Car les luttes n'ont plus pour &#233;picentre l'usine (avec la perspective du socialisme) mais pour lieu les territoires. Dans les luttes, la dimension &#233;cologique devient premi&#232;re, et si elle devient une lutte contre le capital, c'est par rapport &#224; la dimension &#233;cocide du capitalisme. En faisant un tour de France des territoires solidaires et des communs, j'ai pu observer ce changement : dans un village proche de Cluny, un collectif lutte contre l'extension d'une carri&#232;re ; dans l'Orne, c'est contre l'&#233;largissement d'une nationale en deux fois deux voies. Ce n'est plus dans les usines que se d&#233;roulent principalement les luttes et lorsqu'elles s'y d&#233;roulent leur victoire d&#233;pend beaucoup de leur capacit&#233; &#224; se relier aux enjeux du territoire.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Et pourquoi selon vous cette &#233;volution, &#233;trange du point de vue marxiste ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Il n'y a pas d'analyse de ce passage dans le livre, mais on peut exprimer deux raisons :&lt;br /&gt;
D'une part, la d&#233;localisation du travail vers le Sud a consid&#233;rablement r&#233;duit le nombre d'usines dans les pays d&#233;velopp&#233;s, o&#249;, par ailleurs, le travail s'est pr&#233;caris&#233; (par exemple, les livreurs de Deliveroo) et s'effectue de plus en plus hors de l'usine. Cela explique la fin de l'usine, mais pas pourquoi le territoire est devenu le lieu des luttes.&lt;br /&gt;
D'autre part, si en Europe, le capitalisme a am&#233;lior&#233; les conditions de vie des populations, avec la destruction de la biodiversit&#233;, la rar&#233;faction des ressources, la transformation du climat, il a profond&#233;ment d&#233;truit l'habitabilit&#233; de la Terre, des territoires. Le vivant, c'est le territoire, d'o&#249; leur r&#244;le &#233;minent dans la lutte pour la vie.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le mouvement des communs et les territoires en commun&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Vous d&#233;crivez les Communs &#224; partir de leur histoire : la r&#233;action au d&#233;but des ann&#233;es 1980 contre les privatisations du vivant et du num&#233;rique ; celles des ann&#233;es 2010 vis-&#224;-vis des enclosures n&#233;olib&#233;rales portant sur la vie sociale et urbaine.&lt;br /&gt;
Pouvez-vous pr&#233;senter cette id&#233;e de Communs et r&#233;sumer son &#233;volution ? Comment situez-vous les grands communs &#171; mondiaux &#187; que sont le climat, la biodiversit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous constatons un renouveau des communs, mais ceux-ci &#233;taient d&#233;j&#224; &#224; la base des soci&#233;t&#233;s traditionnelles qui g&#233;raient selon ce mode collectif les ressources naturelles (l'eau, les for&#234;ts, les p&#226;turages). Le capitalisme, en d&#233;truisant les communs par ses enclosures, a profond&#233;ment d&#233;truits ces modes de gestion. Sous sa forme coloniale, il a poursuivi cette &#233;radication dans les pays colonis&#233;s. Ce ph&#233;nom&#232;ne de marchandisation, d&#233;velopp&#233; avec la complicit&#233; de l'&#201;tat, a &#233;t&#233; d&#233;crit par Marx.&lt;br /&gt;
Deux facteurs expliquent le renouveau des communs : dans les ann&#233;es 1980, la volont&#233; de main mise par divers groupes sur la propri&#233;t&#233; des logiciels (par exemple, en 1980 le Copyright Act donne aux cr&#233;ateurs de logiciels le contr&#244;le sur la copie, la vente et la location de leurs &#339;uvres sous certaines conditions) provoque une r&#233;sistance importante et la naissance des communs num&#233;riques prot&#233;geant leur ouverture par diverses licences.&lt;br /&gt;
De m&#234;me, les tentatives de breveter des semences par des groupes comme Monsanto visent &#224; mettre la main sur le vivant : les r&#233;sistances paysannes obtiennent le principe de non appropriation du vivant, consid&#233;r&#233; comme bien commun.&lt;br /&gt;
Une seconde vague d'enclosure et d'appropriation priv&#233;e de biens communs va porter sur les for&#234;ts (ressource commune des peuples d'Amazonie, par exemple) et sur le sous-sol va provoquer des r&#233;sistances de communaut&#233;s organis&#233;es pour g&#233;rer ces ressources au nom des communs.&lt;br /&gt;
La troisi&#232;me vague se d&#233;veloppe d&#232;s 2010 et concerne la r&#233;sistance contre les transferts de biens publics vers le priv&#233; : l'exemple embl&#233;matique est l'occupation en 2010 d'un th&#233;&#226;tre public &#224; Rome qui fait &#233;chec &#224; la tentative de la ville de le c&#233;der au priv&#233;. On voit ainsi la naissance de communs urbains.&lt;br /&gt;
Chacun de ces communs sont diff&#233;rents. Mais la chercheuse am&#233;ricaine, Elinor Ostrom, qui obtiendra pour cela le prix Nobel, met en &#233;vidence leur structure commune qui d&#233;finit les communs : pour d&#233;fendre une ressource menac&#233;e que sont les biens communs, une Communaut&#233; se cr&#233;e, se dote de r&#232;gles et d'une gouvernance d&#233;mocratique permettant la gestion durable de la ressource menac&#233;e. Les communs sont des alternatives &#224; la fois au march&#233; et &#224; l'&#201;tat, constitu&#233;s par leur mission sp&#233;cifique : la d&#233;fense de la durabilit&#233; d'un bien commun menac&#233;.&lt;br /&gt;
Dans le renouveau des communs, ce qui est nouveau, c'est leur dimension politique : ils se posent comme alternative politique &#224; la soci&#233;t&#233; capitaliste et &#224; l'&#201;tat pour prot&#233;ger les ressources que le capitalisme menace. Deux autres attributs doivent &#234;tre signal&#233;s :&lt;br /&gt;
&#8226; Une sorte de gouvernement de l'immanence : cette communaut&#233; met en place un gouvernement d&#233;mocratique du &#171; faire en commun &#187;, o&#249; chacun est &#224; &#233;galit&#233;. &#171; Ce sont ceux qui font qui d&#233;cident &#187;. Ainsi lors du COVID, il fallait que des personnes agissent ensemble et &#224; &#233;galit&#233;, dans une urgence d&#233;mocratique, pour faire fonctionner la cha&#238;ne des n&#233;cessit&#233;s vitales.&lt;br /&gt;
&#8226; Un universalisme non align&#233; : les communs d&#233;fendent l'acc&#232;s (au) et les usages durables des ressources sous la forme de droits fondamentaux universels, mais pas uniformes, c'est-&#224;-dire en prenant en compte les diversit&#233;s concr&#232;tes n&#233;es de l'histoire. Aucun territoire ne cherche &#224; aligner les autres.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_63 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image057.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image057.jpg?1732626749' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Toutes les sp&#233;cificit&#233;s ne sont pas gomm&#233;es comme pourrait le faire le capital financier, qui va r&#233;duire les relations humaines concr&#232;tes en un chiffre unique : une plus-value.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Oui, les communs s'organisent pour qu'il y ait une possibilit&#233; d'&#233;panouissement, de ce que j'appelle une &#171; plus-value de vie &#187; sur les territoires (vie des humains comme des non humains) qui s'oppose &#224; la plus-value du capital.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Les notions d'&#171; &#233;chelle de communalit&#233; &#187; d&#233;velopp&#233;es sous la direction de Judith Rochfeld sont extr&#234;mement utiles pour renouveler le droit bien s&#251;r, mais aussi pour tracer une route strat&#233;gique sur le chemin de la transformation, positionner les divers efforts des acteurs.&lt;br /&gt;
Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Le droit en France, avec notre code Napol&#233;on, est un verrou : il existe des pays plus ouverts au communs que la France. Il y a donc un enjeu strat&#233;gique &#224; faire sauter ce verrou. L'un des avantages de l'&#233;chelle de Communalit&#233; promue notamment par Judith Rochfeld est d'abord qu'elle permet de sortir de la querelle entre public et priv&#233;. C'est aussi de permettre d'&#234;tre proche des r&#233;alit&#233;s, de leur complexit&#233;, et de pouvoir s'adapter souplement. J'en discute dans le livre.&lt;br /&gt;
Il y a dix ans, beaucoup de partisans des communs pouvaient nous dire que &#171; non, d&#232;s qu'il y avait une collectivit&#233; territoriale, on n'&#233;tait plus dans un commun, parce que c'&#233;tait soit public, soit commun, on ne pouvait pas avoir les deux &#187;. L'&#233;chelle de communalit&#233; permet d'avoir cette souplesse et de concevoir des communs qui peuvent &#234;tre port&#233;s avec des collectivit&#233;s publiques locales.&lt;br /&gt;
La ville de Thiers a souhait&#233; passer d'une gestion &#171; publique &#8211; priv&#233; &#187; organis&#233;e avec le groupe Saur, &#224; une r&#233;gie municipale de l'Eau &#233;tendue &#224; l'&#233;chelle intercommunale, mais sous la forme d'un commun. Qu'est-ce que cela signifie ?&lt;br /&gt;
&#8226; Que les diff&#233;rents usages peuvent &#234;tre d&#233;battus, et valid&#233;s collectivement.&lt;br /&gt;
&#8226; Que les divers usagers (agriculteurs, industriels, habitants des quartiers comme ceux qui ont des piscines) doivent discuter de l'&#233;volution de leurs usages pour r&#233;pondre &#224; la rar&#233;faction de l'Eau sur le territoire qui est maintenant r&#233;guli&#232;rement en stress hydrique.&lt;br /&gt;
&#8226; Que cela peut d&#233;boucher sur des tarifs diff&#233;renci&#233;s de l'Eau.&lt;br /&gt;
&#8226; Qu'il faut imaginer une gouvernance d&#233;mocratique de cette ressource.&lt;br /&gt;
L'&#233;chelle de communalit&#233; permet d'imaginer ce type de gouvernance d&#233;mocratique. Le droit est un enjeu majeur dans notre lutte, mais il ne change que si les forces sociales sont au rendez-vous, que s'il y a un rapport de force pour le faire &#233;voluer.&lt;br /&gt;
Je pr&#233;sente dans le livre la lutte tr&#232;s dure d'un collectif &#171; Douar Didoull &#187; dans une for&#234;t bretonne, pour conserver un droit d'usage en commun d'une for&#234;t, remis en cause par la vente par l'&#201;tat &#224; un Groupe australien Variscan Mines d'un &#171; permis exclusif de recherche mini&#232;re &#187;. L'&#201;tat a &#233;t&#233; oblig&#233; de rembourser Variscan et la for&#234;t est rest&#233;e for&#234;t domaniale.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;crivez : &#171; C'est en sortant de l'entre-soi de l'ESS que l' &#171; ESS en commun &#187; construit le territoire en commun comme sa raison d'&#234;tre &#187;.&lt;br /&gt;
Comment situez-vous l'ESS vis-&#224;-vis des communs ? Qu'appelez-vous &#171; ESS en commun &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Cette rencontre entre l'ESS et les communs est tr&#232;s importante. Apr&#232;s le prix Nobel d'Elinor Ostrom en 2009, lorsque les communs ont commenc&#233; &#224; &#234;tre diffus&#233;s dans la soci&#233;t&#233; civile et l'espace intellectuel, beaucoup de personnes dont moi-m&#234;me avons senti que les communs avaient une dimension plus politique que l'ESS, qu'ils pouvaient &#234;tre une alternative au capitalisme.&lt;br /&gt;
Pourquoi ? Parce que la mani&#232;re usuelle de d&#233;finir l'ESS, celle par laquelle elle se d&#233;finit, c'est d'&#234;tre un ensemble d'organisations qui ont des caract&#233;ristiques communes li&#233;es &#224; des statuts (association, mutuelle, coop&#233;rative). Cette d&#233;finition ne permet pas &#224; l'ESS de se positionner comme alternative au capitalisme. Les communs poussent l'ESS &#224; se d&#233;finir dans leur rapport &#224; l'&#233;conomie dominante : on y distingue en fait trois familles. Deux de ces familles participent &#224; l'&#233;conomie n&#233;olib&#233;rale.&lt;br /&gt;
Il s'agit d'une part des coop&#233;ratives financiaris&#233;es (les banques coop&#233;ratives, les mutuelles, les grandes coop&#233;ratives agricoles de l'agro-alimentaire, ...). Une partie importante de leurs activit&#233;s d&#233;pend des march&#233;s financiers et se cale sur eux. Une autre partie est satellis&#233;e par l'&#233;tat n&#233;olib&#233;ral, c'est tous les organismes du secteur social et m&#233;dico-social.&lt;br /&gt;
Qu'est-ce qui reste ? La partie de l'ESS participant &#224; une &#233;conomie alternative, beaucoup plus r&#233;duite : c'est ce que j'appelle &#171; l'ESS en commun &#187;, qui, sur les territoires, vont s'associer &#224; des collectivit&#233;s et des entreprises classiques, pour d&#233;velopper des strat&#233;gies de mutualisation et de coop&#233;ration pour un d&#233;veloppement durable et solidaire du territoire. Elles ne sont plus dans l'orbite n&#233;olib&#233;rale ; leur r&#233;f&#233;rentiel n'est plus le r&#233;f&#233;rentiel n&#233;olib&#233;ral, mais celui de la valeur pour le territoire.&lt;br /&gt;
Et je prends comme exemple de cette ESS en commun, certains p&#244;les territoriaux de coop&#233;ration &#233;conomique (PTCE) et certaines exp&#233;rimentations de Territoires z&#233;ro ch&#244;meur de longue dur&#233;e. Elles se trouvent associ&#233;es &#224; des organisations d'un autre type (public, priv&#233; classique) avec un objectif de Commun, celui d'un territoire durable, solidaire, qui porte une alternative. L'ESS devient ainsi plus grande qu'elle-m&#234;me. Elle est bouscul&#233;e en quelque sorte par les communs.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;&lt;div class='spip_document_64 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image058.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image058.jpg?1732626758' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;volution de l'entreprenariat est aussi un &#233;l&#233;ment important de la transformation &#224; mener. Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Avec des coll&#232;gues du parti communiste, nous avons r&#233;dig&#233; une proposition de loi &#171; Entreprise et Territoire, nouvelle r&#233;gulation d&#233;mocratique &#187;. Il s'agissait de donner un droit aux collectivit&#233;s territoriales sur des entreprises qui pourraient &#234;tre d&#233;localis&#233;es : ce droit de pr&#233;emption deviendrait actif si se constituait un collectif avec un projet de d&#233;veloppement &#233;conomique et social sur le territoire. Ce projet de loi d'exp&#233;rimentation a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; dans une commission du s&#233;nat, mais n'est pas all&#233; plus loin.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Le projet de comptabilit&#233; alternative, CARE, est un outil pour mesurer les impacts sociaux et environnementaux que l'activit&#233; de production d'une entreprise peut engendrer. Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;La comptabilit&#233; &#233;cosyst&#233;mique a permis de d&#233;construire le capital d'une entreprise, de ne plus limiter le capital aux seuls capitaux financiers, mais d'y introduire le capital social et environnemental. C'est encourageant. Est-ce que c'est suffisant ? Bien s&#251;r que non. Il faut avoir une vision sur le long terme : la soci&#233;t&#233; bourgeoise a elle-m&#234;me pris le pouvoir sur l'ancien r&#233;gime en l'affaiblissant peu &#224; peu et dans la dur&#233;e. La soci&#233;t&#233; du commun verra le jour &#224; travers un processus de longue haleine.&lt;br /&gt;
Les entreprises &#224; but d'emploi (EBE) sont un exemple de nouveau mode d'entrepreneuriat. Ce n'est plus l'entreprise qui d&#233;cide seule de son activit&#233; sur le march&#233; : les d&#233;cisions strat&#233;giques doivent &#234;tre aussi valid&#233;es par le territoire, c'est-&#224;-dire le comit&#233; local pour l'emploi. C'est une d&#233;cision politique, multifactorielle, multidimensionnelle tendue par la question de l'emploi sur le territoire z&#233;ro ch&#244;meur. Le r&#233;f&#233;rentiel de l'EBE, c'est plus le march&#233;, c'est le territoire, un territoire construit par les acteurs qui sont au sein du comit&#233; local pour l'emploi pr&#233;sid&#233; par le maire de la commune.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Votre id&#233;e centrale concerne la notion de &#171; territoires en commun &#187;. Pour vous, &#171; la subsomption r&#233;elle du capitalisme par les communs interviendra par le d&#233;veloppement de territoires en commun, &#224; partir de leur structure de plus en plus int&#233;grale et translocale &#187;.&lt;br /&gt;
Pouvez-vous pr&#233;ciser cette strat&#233;gie et ces notions de &#171; territoires en commun &#187; et de &#171; structure de plus en plus int&#233;grale et translocale &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Notre strat&#233;gie est en fait une strat&#233;gie d'encerclement de la grande entreprise et de l'&#201;tat par les territoires ! Les grandes entreprises, avec leurs capacit&#233;s de production, peuvent &#234;tre utiles mais elles doivent &#234;tre adapt&#233;es aux communs : ainsi, en Bretagne, dans la r&#233;gion de Redon, le Parc &#233;olien citoyen a-t-il &#171; encercl&#233; &#187; Enedis, en d&#233;livrant de l'&#233;lectricit&#233; &#224; tout le Canton (8 000 habitants). Si tous les territoires faisaient de m&#234;me, ils auraient le pouvoir d'orienter la production d'&#233;lectricit&#233; et d'&#233;nergie. Ainsi, les d&#233;fenseurs de la for&#234;t et leur collectif Douar Didoull ont-ils encercl&#233; l'entreprise mini&#232;re australienne Variscan. Et &#224; Rome, les d&#233;fenseurs du Th&#233;&#226;tre menac&#233; ont-ils fait reculer la ville.&lt;br /&gt;
Cette strat&#233;gie de l'encerclement est &#224; promouvoir et c'est &#224; fur et &#224; mesure que les territoires en commun peuvent agr&#233;ger leurs forces en ayant une structure de plus en plus int&#233;grale &#8211; recouvrant l'ensemble de nos rapports de production et d'&#233;change &#8211; et de plus en plus translocale &#8211; en reliant l'&#233;chelle locale aux &#233;chelles supra-locales jusque et y compris mondiale&lt;br /&gt;
L'ESS financiaris&#233; et l'ESS a minima peuvent &#234;tre des alli&#233;s disponibles : dans ces grandes banques coop&#233;ratives, il y a des personnes qui refusent la mani&#232;re dont elles ont &#233;volu&#233; et elles souhaitent qu'elles retrouvent un r&#244;le de boussole dans le financement de projets de valeur sur les territoires. On retrouve ainsi l'id&#233;e qu'il faut d'autres r&#233;f&#233;rentiels, par exemple la comptabilit&#233; Care. Et cet encerclement n'aura d'importance que s'il y a un rapport de force av&#233;r&#233; imposant une r&#233;orientation du capital et de l'&#201;tat.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034; style=&#034;text-align: right;&#034;&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;,&lt;br /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - D&#233;cembre 2023&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>TETRIS : &#171; Quand on rentre dans les cases, on disparait ! &#187;</title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/mettre-en-pratique/article/tetris-quand-on-rentre-dans-les-cases-on-disparait</link>
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		<dc:date>2024-11-27T08:11:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Tiers-lieu port&#233; par TETRIS &#224; Grasse se distingue d'abord par la prodigalit&#233; et la richesse inventive des innovations sociales d&#233;velopp&#233;es sur un m&#234;me lieu, dans un cadre de pens&#233;e particuli&#232;rement ouvert. Mais sa particularit&#233; la plus notable est la grande imbrication de cette pratique et de la pens&#233;e th&#233;orique : on retrouve dans les concepts une volont&#233; de consolidation et d'&#233;tayage de la recherche pratique, et dans celle-ci un souci de v&#233;rification des propositions th&#233;oriques. L'objet (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/mettre-en-pratique/" rel="directory"&gt;Mettre en pratique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image051.jpg?1732627640' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Tiers-lieu port&#233; par TETRIS &#224; Grasse se distingue d'abord par la prodigalit&#233; et la richesse inventive des innovations sociales d&#233;velopp&#233;es sur un m&#234;me lieu, dans un cadre de pens&#233;e particuli&#232;rement ouvert. Mais sa particularit&#233; la plus notable est la grande imbrication de cette pratique et de la pens&#233;e th&#233;orique : on retrouve dans les concepts une volont&#233; de consolidation et d'&#233;tayage de la recherche pratique, et dans celle-ci un souci de v&#233;rification des propositions th&#233;oriques. L'objet cependant de cette recherche imbriqu&#233;e est de fusionner la force des communs, de l'ESS et du concept pratique de capabilit&#233; pour asseoir une &#233;mancipation du n&#233;olib&#233;ralisme destructeur de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_72 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image033.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image033.jpg?1732627849' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Devant cette grande diversit&#233;, on comprend qu'il y a au fond une grande unit&#233; d'intention. Pouvez-vous expliquer cette unit&#233; et pourquoi cette diversit&#233; ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Cette unit&#233; est bien le point de d&#233;part du mouvement : nous sommes dans un cadre institutionnel, qu'il nous soit ext&#233;rieur (les normes, le droit, les institutions, ...) ou int&#233;rioris&#233;, totalement empreign&#233; d'imaginaire n&#233;olib&#233;ral et donc contraire &#224; la poursuite d'un monde vivable. D'o&#249; notre intention d'ouvrir les portes du possible, d'exp&#233;rimenter pour transformer au niveau personnel, organisationnel et institutionnel (l'imaginaire).&lt;br /&gt;
La diversit&#233; de TETRIS se comprend par les r&#233;flexions suivantes :&lt;br /&gt;
Nous sommes dans de telles contraintes int&#233;rieures et ext&#233;rieures &#224; nous, que la solution est d'ins&#233;rer des petits coins d&#232;s qu'il y a une faille qui ouvre des possibles, d'y poser des petites briques : cela peut durer 6 mois, puis elles seront contraintes &#224; rester en suspens, mais cela n'est pas grave, une autre brique viendra s'agencer et elles &#233;largiront ensemble la br&#232;che initiale. En fonction de ce que l'on ressent comme &#233;tant une opportunit&#233;, celle du hacking et non celle du march&#233;, on plantera de nouvelles graines, on ouvrira un autre possible !&lt;br /&gt;
On ne peut pas pr&#233;juger du chemin : nous sommes dans une telle incertitude radicale, celle de l'humain sur la Terre, que la logique de projet n'a pas de sens, c'est un mythe ! Plus on ouvrira des possibles, plus appara&#238;tront toutes sortes de chemins !&lt;br /&gt;
Comme nous ne voulons pas tomber dans le travers n&#233;olib&#233;ral qui sp&#233;cialise, simplifie, s&#233;pare, met &#224; distance tous les &#233;l&#233;ments de la complexit&#233; ; dans la simplification du r&#233;el et qui morcelle ; comme nous voulons garder l'approche syst&#233;mique, il nous faut permettre &#224; quelqu'un qui arrive de ressentir la complexit&#233; : on ne sait pas par o&#249; un individu va passer pour &#233;voluer dans son rapport au monde, on ne sait pas ce qui va faire qu'une personne va ouvrir une porte, comment il va s'engager. Et donc on multiplie les portes d'entr&#233;e tout en gardant la coh&#233;rence du tout !&lt;br /&gt;
Or les Tiers-lieux permettent de construire des cadres pour des rencontres et des avenirs improbables. Comme on ne sait pas d'o&#249; viendront les solutions, on peut utiliser des &#171; ar&#232;nes &#187;, pour reprendre l'expression d'Elinor Ostrom, qui multiplieront les probabilit&#233;s de rencontres : cr&#233;er au m&#234;me endroit une cantine solidaire et un centre de recherche, par exemple !&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;N'est-ce pas bien r&#233;sum&#233; par le d&#233;velopp&#233; de votre nom, le sigle TETRIS : &#171; Transformations Ecologiques Territoriales par la Recherche et l'Innovation Sociale &#187; ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Oui, nous avons d&#233;cid&#233; d'ailleurs d'afficher beaucoup plus frontalement notre radicalit&#233;, notre volont&#233; d'aller &#224; la racine des questions en changeant en 2020 le mot Transition en Transformations qui figure maintenant dans ce sigle TETRIS. Il r&#233;sume le pourquoi de notre agir, et les modalit&#233;s (Recherche et Innovation Sociale) pour trouver notre chemin. L'une des jeunes accueillie ici a d'ailleurs r&#233;sum&#233; dans une phrase superbe ce qui est l'essence de notre combat et le lien avec son sigle : &#171; quand on rentre dans les cases, on disparait ! &#187;.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Votre th&#232;se, comme son titre l'indique, lie Communs, Capabilit&#233;s, Economie sociale et Solidaire, PTCE et d&#233;veloppement durable. Comme l'activit&#233; de TETRIS, elle d&#233;borde d'inventivit&#233; conceptuelle, de mises en relations solidement &#233;tablies et justifi&#233;es, de propositions innovantes et pratiques, de rigueur et clart&#233; dans la pr&#233;sentation th&#233;orique. Au-del&#224; de la recherche th&#233;orique, on voit une intention de consolidation d'une recherche pratique, et un souci d'&#233;tayage des propositions th&#233;oriques.&lt;br /&gt;
En quoi la recherche que vous avez engag&#233;e en 2015 et qui a donn&#233; lieu &#224; votre th&#232;se a-t-elle infl&#233;chi la trajectoire de TETRIS ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Il y a une imbrication totale de la trajectoire de TETRIS et de ma recherche : celle-l&#224; alimente la recherche, qui elle-m&#234;me influence la dynamique de TETRIS. Je suis 365 jours par an sur le Tiers lieux, qui nourrit cette forme de &#171; recherche embarqu&#233;e &#187; en partageant la dimension politique de la dynamique collective ; l'une et l'autre cheminent ensemble sans se positionner en surplomb. Mais il faut signaler que TETRIS n'est pas le point de d&#233;part de ce trajet : il s'initie dans un club de d&#233;veloppement durable construit dans les ann&#233;es 2000 avec des &#233;l&#232;ves dans un lyc&#233;e.&lt;br /&gt;
Au d&#233;part, je suis &#233;conomiste agr&#233;g&#233;e, form&#233;e d'abord &#224; Dauphine (entre 86 et 90) en &#233;conomie internationale, puis par un DEA de recherche &#224; Science Po sur les relations internationales. Je pr&#233;pare ma th&#232;se (La r&#233;forme mon&#233;taire dans les pays de l'Est) sous la direction de Raymond Barre. La naissance d'un enfant handicap&#233; interrompt cette th&#232;se, mais Raymond Barre avec beaucoup d'humanit&#233; me facilite la possibilit&#233; de suivre l'agr&#233;gation en auditeur externe &#224; l'&#201;cole Normale Sup&#233;rieure de la rue d'Ulm. Je fais le choix d'enseigner dans les lyc&#233;es plut&#244;t qu'&#224; la fac, car c'est l&#224; o&#249; la pens&#233;e se forme et o&#249; il y a d&#233;j&#224; le plus de diversit&#233; intellectuelle.&lt;br /&gt;
Dans le Lyc&#233;e de Grasse o&#249; j'enseigne, j'ouvre avec des lyc&#233;ens un Club de d&#233;veloppement durable, th&#233;matique qui ne figure pas alors dans les programmes. Cette ouverture donne &#224; des jeunes de 14 &#224; 18 ans le d&#233;bouch&#233; vers l'action qui r&#233;pond &#224; leur angoisse. L'approche du d&#233;veloppement durable par les capabilit&#233;s d'Amartya Sen (qui est alors au programme avec Marx et Bourdieu) permet de sortir de l'approche environnementaliste qui s'impose en France et de permettre le dialogue entre scientifique et litt&#233;raire, de d&#233;cloisonner et f&#233;d&#233;rer &#233;l&#232;ves et agents du lyc&#233;e.&lt;br /&gt;
En r&#233;ponse &#224; l'appel &#224; projets &#171; l'&#201;cole agit pour le Grenelle de l'Environnement &#187; en 2008, nous proposons une &#171; m&#233;thode &#224; fa&#231;on &#187; pour associer professeurs, &#233;l&#232;ves, parents, et intervenants ext&#233;rieurs dans une approche interdisciplinaire et syst&#233;mique du d&#233;veloppement durable men&#233;e localement (Le Lyc&#233;e Vert). C'est le point de d&#233;part : le secr&#233;tariat d'Etat au d&#233;veloppement durable nous soutient et nous cr&#233;ons l'Association Eval&#233;co, ext&#233;rieure au Lyc&#233;e, qui obtient plus tard un agr&#233;ment &#201;ducation Populaire.&lt;br /&gt;
Mais peu &#224; peu, on s'aper&#231;oit que pour &#233;chapper &#224; une institutionnalisation de ce travail, il faut aller plus loin. D&#232;s 2011, nous sommes en s&#233;minaires crois&#233;s avec l'Institut Godin d'Amiens. La recherche hors cadre d&#233;marre, associant les r&#233;flexions th&#233;oriques de l'Institut sur l'innovation sociale et notre capacit&#233; &#224; traduire cela en &#233;ducation populaire. De plus, les collectivit&#233;s territoriales locales s'int&#233;ressent &#224; nos activit&#233;s et nous avons l'opportunit&#233; de les d&#233;velopper dans des locaux plus grands et &#224; plus grande &#233;chelle. Nous d&#233;cidons de cr&#233;er une SCIC, v&#233;hicule juridique adapt&#233; aux coop&#233;rations entre collectivit&#233;s territoriales, recherche et acteurs priv&#233;s. Ainsi, Eval&#233;co conserve sa libert&#233; militante tout en alimentant les travaux de recherche par la dimension &#201;ducation Populaire. Cela se traduit aussi par l'&#233;mergence d'un PTCE en 2015.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment en &#234;tes-vous venue aux communs ? Et &#224; la notion, centrale dans votre th&#232;se, des communs de capabilit&#233; ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Par la militance : &#224; l'&#233;poque, 2011, un mouvement pour faire reconna&#238;tre l'eau comme bien commun au niveau europ&#233;en et pour stopper sa marchandisation &#233;tait lanc&#233; en Italie. Eval&#233;co a soutenu ce mouvement avec nombre de Caf&#233;-d&#233;bat, ap&#233;ro-lecture. Dans le cadre des &#201;tats g&#233;n&#233;raux de l'ESS, nous avons aussi contribu&#233; &#224; l'&#233;criture des Cahiers d'esp&#233;rance ; en m&#234;me temps que la visite l'Elinor Ostrom &#224; Paris poussait les d&#233;bats sur les communs, enfin distingu&#233;s des biens communs.&lt;br /&gt;
Mon intuition au d&#233;part &#233;tait de bien lier, th&#233;oriquement et pratiquement, l'ESS et le d&#233;veloppement durable. Cela semblait aller de soi, mais en fait ce n'est pas du tout &#233;vident : l'ESS &#233;tait clairement n&#233;e dans une approche essentiellement sociale, ind&#233;pendante des questions du d&#233;veloppement durable et de l'&#233;cologie. L'ESS a un potentiel transformateur, car fond&#233; sur la justice sociale, mais sa limite est d'&#234;tre anthropocentr&#233;e, elle ne pense qu'&#224; partir de l'humain et non du vivant plus largement. Institutionnalis&#233;e par l'Universit&#233;, elle y perd son fondement historique d'allier pens&#233;e et action situ&#233;e pour devenir surplombante et &#171; neutre &#187;. Car &#339;uvrer d'un point de vue &#233;thique et situ&#233; contredit l'&#233;pist&#233;mologie positiviste dominante.&lt;br /&gt;
Quels &#233;taient les fondements th&#233;oriques de ce lien implicite entre ESS et d&#233;veloppement durable ?&lt;br /&gt;
Par ailleurs, je voulais faire une th&#232;se pour outiller les dynamiques collectives que nous engagions, leur permettant d'&#233;viter d'&#234;tre rabattues sur des logiques n&#233;olib&#233;rales de march&#233;, et de se lier avec un projet de transformation sociale. Faire une th&#232;se qui soit le plus possible imbriqu&#233;e et en relation r&#233;flexive avec notre propre pratique de transformation.&lt;br /&gt;
Mon apport au d&#233;part &#233;tait, de part de l'exp&#233;rience v&#233;cue avec Eval&#233;co, que les capabilit&#233;s &#233;taient un concept tr&#232;s puissant pour transformer la r&#233;alit&#233;, un concept op&#233;rationnel qui m'avait permis de changer largement la vie de jeunes, de transformer un &#233;tablissement scolaire, mais aussi d'agir sur une institution nationale (puisque nous avions contribu&#233; &#224; l'&#233;criture d'une circulaire sur la mise en &#339;uvre du D&#233;veloppement durable dans les &#233;tablissements scolaires au niveau national).&lt;br /&gt;
Je le savais, mais il fallait fonder th&#233;oriquement cet ensemble de liens ESS - D&#233;veloppement Durable &#8211; Communs - Capabilit&#233;s :&lt;br /&gt;
&#8226; Les communs &#233;taient ce lien avec le D&#233;veloppement Durable car c'est un mode d'action collective comme l'ESS, mais r&#233;ellement bas&#233; non pas uniquement sur le social comme l'est l'ESS, mais sur le r&#233;agencement total de l'&#233;conomie r&#233;-encastr&#233;e dans le social, lui-m&#234;me ayant &#171; atterri &#187; dans la biosph&#232;re et les limites de la Terre.2&lt;br /&gt;
&#8226; Les capabilit&#233;s op&#233;rationnalisent l'approche &#233;thique de l'action et de l'&#233;conomie qui permet le renouv&#232;lement de l'ESS (la justice sociale devenant ainsi constitutive d'une dimension &#233;cologique plus large, &#233;thique et concr&#232;te).&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_73 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image050.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image050.jpg?1732627865' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment s'imbriquent ces concepts d'ESS, de communs et de capabilit&#233;s ? Pouvez-vous nous pr&#233;senter le concept cl&#233; de votre d&#233;marche, le &#171; commun de capabilit&#233; &#187; ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Avant de r&#233;pondre sur le fond &#224; votre question, je voudrai pr&#233;ciser un point qui peut donner des pistes sur la nature des recherches &#224; d&#233;velopper pour aborder cette question centrale : Tetris est la seule structure de l'ESS &#224; avoir &#233;t&#233; reconnue par le Minist&#232;re de la Recherche comme &#171; entreprise universitaire produisant des connaissances fondamentales et appliqu&#233;es en &#233;tant en dehors de l'Universit&#233; &#187;. Cela souligne &#224; quel point cette question doit &#234;tre abord&#233;e dans un cadre m&#234;lant entreprise et recherche, pratique et th&#233;orie.&lt;br /&gt;
Il fallait identifier la conception du d&#233;veloppement durable politiquement et &#233;pist&#233;mologiquement compatible avec l'ESS. J'ai consid&#233;r&#233; que le d&#233;veloppement socialement soutenable bas&#233; sur une approche par les capabilit&#233;s est un type-id&#233;al d'approche du d&#233;veloppement durable comportant une dimension suppl&#233;mentaire de responsabilit&#233; et d'&#233;thique compatible avec une ESS &#224; vis&#233;e transformative. Les communs, comme action collective produisant des agencements institutionnels bas&#233;s sur une responsabilit&#233; sociale et sur des &#233;changes r&#233;ciprocitaires, permettaient d'atterrir concr&#232;tement.&lt;br /&gt;
Le concept de communs de capabilit&#233; est construit comme un type id&#233;al d'actions collectives qui sont potentiellement porteuses d'un d&#233;veloppement socialement soutenable. Un type-id&#233;al d'action collective permettant de concilier radicalement les dimensions politiques et pragmatiques du d&#233;veloppement durable et l'ESS.&lt;br /&gt;
Les communs de capabilit&#233;s sont un type-id&#233;al susceptibles de guider une action collective effective pour en renforcer les potentialit&#233;s de transformation positives. Ce concept est aussi le r&#233;sultat d'une r&#233;flexion sur les m&#233;canismes de transformation sociale. TETRIS porte des tiers-lieux qui sont pens&#233;s et organis&#233;s comme des espaces de d&#233;veloppement des capabilit&#233;s individuelles et collectives. TETRIS est une action collective guid&#233;e par le type-id&#233;al d'un commun de capabilit&#233;s qui ce faisant augmente la probabilit&#233; que les transformations individuelles, collectives et institutionnelles induites par ses activit&#233;s puissent contribuer aux transformations &#233;cologiques souhait&#233;es de son territoire. Mais bien s&#251;r rien ne garantit que cela survienne. Les outils que nous avons propos&#233;s cherchent &#224; guider l'action dans ce sens.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Et justement, comment prenez-vous en compte le risque r&#233;el de r&#233;cup&#233;ration de cet effort d'innovation sociale par &#171; le capital financier et l'&#201;tat n&#233;olib&#233;ral &#187; ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous avons dans le cours de ma th&#232;se, initi&#233; un programme de recherche li&#233; &#224; ce type de question : le cadre institutionnel et l'imaginaire n&#233;olib&#233;ral, colonialiste, patriarcal qu'il porte pousse constamment &#224; nous rabattre sur des questions qui n'ont aucun sens pour nous (&#171; quel est votre mod&#232;le &#233;conomique ? &#187;...). Comment percole-t-il et arrive-t-il &#224; rentrer dans notre propre imaginaire et influence-t-il nos comportements ? Comment fa&#231;onne-t-il nos comportements et comment d&#233;coloniser nos esprits ? Apprendre &#224; d&#233;construire ces questions est l'apport essentiel de l'&#233;ducation populaire.&lt;br /&gt;
Nos travaux avec la Coop des Communs nous ont r&#233;v&#233;l&#233; un autre impens&#233; : c'est via les outils de gestion, d'&#233;valuation, les dossiers de demande de subvention... (que l'on suppose neutres), que p&#233;n&#232;tre cet imaginaire n&#233;olib&#233;ral, dans la repr&#233;sentation du temps, de la valeur... Il faut reposer les probl&#233;matiques du droit et des cadres juridiques qui font partie du cadre institutionnel, d&#233;construire ces outils par lesquels le n&#233;olib&#233;ralisme vide de son sens politique toutes les initiatives transformatrices. Les Tiers-Lieux peuvent &#234;tre des espaces dans lesquels ces contraintes peuvent &#234;tre questionn&#233;es et desserr&#233;es, o&#249; le rapport n&#233;olib&#233;ral au temps et &#224; la valeur est suspendu &#8211; Ce sont les nouvelles capacit&#233;s organisationnelles des individus entre eux dans ces espaces qui fondent notre programme de recherche.&lt;br /&gt;
Par exemple, pourquoi l'automobile a-t-elle envahi tout notre espace physique et imaginaire ? On peut montrer que les stations-services sont un concentr&#233; du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral qu'elles contribue &#224; diffuser. &#192; l'instar, Les Tiers-lieux sont des espaces o&#249; l'on peut exp&#233;rimenter d'autres imaginaires. On doit faire attention &#224; ce que la logique marchande n'y domine jamais, mais qu'ils soient au service de la logique r&#233;procitaire qui doit s'y &#233;panouir.&lt;br /&gt;
Que signifie la mise &#224; distance totale de la propri&#233;t&#233; ? Nous nous sommes aper&#231;us que les lieux physiques o&#249; l'on atterrit ne sont pas neutres : nous avons exp&#233;riment&#233; toutes sortes de lieux, des squats, des locations, des commodats ou pr&#234;ts &#224; usages... Ils impr&#233;gnaient tous la dynamique sociale. On a cherch&#233; comment les modes de relations au lieu rentraient en rapport avec nos logiques r&#233;ciprocitaires : comment ils prennent soin de nous, en rapport avec la fa&#231;on dont nous prenons soin d'eux ; en quoi la logique de propri&#233;t&#233; des lieux peut induire certains comportements. C'est en travaillant sur la question des communs dans la vall&#233;e du fleuve S&#233;n&#233;gal que j'ai compris ce rapport : la propri&#233;t&#233; nous donne un sentiment de s&#233;curit&#233;, mais en fait nous faire perdre de vue la situation d'incertitude radicale dans laquelle nous sommes rentr&#233;s.&lt;br /&gt;
Ici, rien n'est achet&#233; : les meubles, les ordinateurs, les objets sont soit r&#233;cup&#233;r&#233;s soit issus des liens de r&#233;ciprocit&#233;s avec d'autres organisations. Ils sont aussi redistribu&#233;s. Nous mettons &#224; distance la propri&#233;t&#233;, pour &#233;viter que le mat&#233;riel ne &#171; plombe &#187; notre dynamique. C'est la logique r&#233;ciprocitaire qui domine tant au niveau des individus que du collectif. Questionner l'organisation du travail est une autre fa&#231;on de se pr&#233;munir : exp&#233;rimenter la d&#233;sp&#233;cialisation pour changer de mode de faire, ne plus syst&#233;matiquement cloisonner les temps sociaux des temps de travail ou de loisirs&#8230; comme l'explique Genevi&#232;ve Pruvost3. Si l'on veut avancer vers un commun de capabilit&#233;s, il faut se d&#233;faire de la sp&#233;cialisation, s'engager dans la d&#233;sp&#233;cialisation qui change radicalement notre mode de faire. Nous cherchons &#224; voir si cela accentue ou au contraire rel&#226;che les tensions, les frottements et donc &#233;vite l'&#233;puisement in&#233;vitable dans nos modes traditionnels de fonctionnement. Le capitalisme dans sa recherche de r&#233;sultats financiers a introduit les notions de logique projet, gestion sur r&#233;sultats, d'impact, &#224; travers laquelle il introduit tout son imaginaire. Nous cherchons &#224; d&#233;construire ces logiques et ces mots comme &#171; impact &#187; et &#224; faire prendre conscience &#224; nos partenaires de ce que cela porte comme type d'imaginaire.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Les apports de l'anthropologie &#224; la recherche sur les communs sont manifestes : les travaux de David Graeber autour de la r&#233;flexion sur la valeur (cf. son livre &#171; La fausse monnaie de nos r&#234;ves, Vers une th&#233;orie anthropologique de la valeur &#187;) peuvent servir de base &#224; cette approche de la valeur.&lt;br /&gt;
Y a-t-il l&#224; des champs de recherche que vous d&#233;veloppez ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;&#192; partir du moment o&#249; on travaille sur la valuation, on se pose les questions de ce type : &#171; qu'est-ce qui compte ? &#187;, &#171; &#224; quoi accorder de la valeur ? &#187;. Et on ne peut penser la valeur, sans penser au temps. Dans la logique capitaliste, la valeur n'arrive qu'&#224; la fin, lorsque l'offre rencontre la demande. Cela mod&#232;le totalement notre id&#233;e non seulement de la valeur, mais aussi du temps : dans ces conditions, on a toujours l'impression de manquer de temps. Contre cela, nous tentons de nous penser comme un inachev&#233; permanent : la construction sociale qu'est la valeur est dans le chemin donc toujours pr&#233;sente. Pour nous la valeur est dans la relation r&#233;procitaire, dans la r&#233;ciprocit&#233; permanente, nous ne sommes jamais quitte !&lt;br /&gt;
Nous continuons &#224; travailler sur les questions de communs de capabilit&#233;s notamment en Afrique et aux Antilles : dans la vall&#233;e du fleuve S&#233;n&#233;gal, les Communs organisent les droits d'exister, au sens des droits culturels que met en pratique Prosper Wanner4, ou de droits &#224; disposer des capacit&#233;s d'exister pleinement. Ils reposent sur le devoir d'inclure avant d'avoir celui d'exclure. Ces questionnements reposent sur l'accessibilit&#233; r&#233;elle aux choses, et permettent une passerelle avec la notion d'&#233;chelle de communalit&#233;.&lt;br /&gt;
Nous sommes aussi tr&#232;s inspir&#233;s par les travaux de Latour : par exemple sur la l&#233;gitimation du sensible, sur les lieux comme actants dynamiques, sur les concernements (au c&#339;ur de l'analyse des communs, &#224; la base de l'agir, du sentiment de responsabilit&#233; et de libert&#233; positive), sur leur &#233;largissement &#224; la sph&#232;re de la Plan&#232;te toute enti&#232;re, &#224; la notion de territoire &#171; o&#249; l'on vit et dont on vit &#187;... Cela est vrai aussi d'Isabelle Stengers ou de Baptiste Morizot.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - D&#233;cembre 2023&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La logique des communs, outil au service de la S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation</title>
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		<dc:date>2024-11-27T08:11:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



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&lt;p&gt;La capacit&#233; des projets de S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation de faire vivre sur le terrain, une d&#233;mocratie alimentaire directe, associant b&#233;n&#233;ficiaires et producteurs sans aucune exclusive et notamment pas celle qui serait bas&#233;e sur le budget, est le gage de leur succ&#232;s. Ces modalit&#233;s de gestion d&#233;mocratique de ressources communes, vitales pour tous, par des collectifs locaux rapprochent le SSA des communs. L'alimentation et le monde agricole et de l'agroalimentaires sont des syst&#232;mes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/" rel="directory"&gt;S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image046.jpg?1732628002' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='140' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La capacit&#233; des projets de S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation de faire vivre sur le terrain, une d&#233;mocratie alimentaire directe, associant b&#233;n&#233;ficiaires et producteurs sans aucune exclusive et notamment pas celle qui serait bas&#233;e sur le budget, est le gage de leur succ&#232;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces modalit&#233;s de gestion d&#233;mocratique de ressources communes, vitales pour tous, par des collectifs locaux rapprochent le SSA des communs. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'alimentation et le monde agricole et de l'agroalimentaires sont des syst&#232;mes dont la transformation demande l'apport de recherche participative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_75 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image054.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image054.jpg?1732628364' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Vous &#234;tes co fondatrice du Collectif D&#233;mocratie Alimentaire qui anime la lutte pour la S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation.&lt;br /&gt;
Comment avez-vous plong&#233; dans cette question de l'alimentation ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Je m'y suis int&#233;ress&#233;e en tant que chercheuse au Campus agro de Montpellier, en m'appuyant d'abord sur les travaux de Yuna Chiffoleau sur les circuits courts, puis sur l'ouvrage de Louis Malassis &#171; Nourrir les hommes &#187;, fondement de la modernit&#233; du syst&#232;me alimentaire, et les travaux de Tim Lang, chercheur en sant&#233; publique concernant la d&#233;mocratie alimentaire.&lt;br /&gt;
Comprendre l'alimentation, c'est la saisir comme syst&#232;me alimentaire, c'est comprendre qu'il faut des activit&#233;s de production agricole, de transformation de ces produits, de logistique, de dispositifs techniques et enfin des lieux et des produits &#224; consommer, pour pouvoir manger. On ne peut manger sans cet ensemble d'activit&#233;s : ce qui compte ce sont les conditions sociales (travail, r&#233;mun&#233;ration, organisation, etc.) dans lesquelles tout cela est produit. Les questions de la logistique, mais aussi des d&#233;chets sont importantes et transversales au syst&#232;me.&lt;br /&gt;
Cette vision syst&#233;mique renouvelle la politisation de l'alimentation : c'est &#224; partir d'elle qu'appara&#238;t le concept de &#171; d&#233;mocratie alimentaire &#187;, fin 90, dans la mouvance du contre-sommet sur la s&#233;curit&#233; alimentaire, organis&#233; par des organisations agricoles (Campesina) en 1996. Ce contre-sommet constate que la paysannerie, &#224; l'&#233;chelle internationale, &#224; la base de l'alimentation, a du mal &#224; vivre et elle-m&#234;me &#224; se nourrir.&lt;br /&gt;
Le concept de souverainet&#233; alimentaire et la remise en question de la fa&#231;on dont celle -ci est pens&#233;e et calcul&#233;e par les organisations internationales dont la FAO, &#233;mergent dans ce contexte. Ce calcul, bas&#233; sur un simple ratio de la production sur le nombre d'humains, se fait sans tenir compte, ni des r&#233;alit&#233;s propres &#224; chaque r&#233;gion et son syst&#232;me alimentaire, ni du contexte global : c'est dans les ann&#233;es 80 que l'on voit appara&#238;tre l'acc&#233;l&#233;ration des industries agro-alimentaires et la mise en place des accords commerciaux internationaux. La cr&#233;ation de l'Organisation Mondial du Commerce en 1994 int&#232;gre l'agriculture comme une marchandise comme une autre : obligation de baisse des subventions &#224; l'exportation, baisse des droits de douane, baisse des subventions &#224; la consommation locale, etc&#8230; La souverainet&#233; alimentaire assur&#233;e avant ces accords dispara&#238;t au profit d'un syst&#232;me alimentaire mondialis&#233;.&lt;br /&gt;
A partir de l&#224;, en 1998, s'&#233;labore (avec Tim Lang) une autre fa&#231;on de penser, dont le concept central est la d&#233;mocratie alimentaire. Les &#201;tats ne peuvent plus r&#233;guler efficacement car le syst&#232;me alimentaire devient mondialis&#233; (le Big Food) est assujetti aux accords de l'OMC. En outre les scandales sanitaires dont celui de la Vache Folle au d&#233;but des ann&#233;es 1990 renforcent cette id&#233;e de d&#233;mocratie alimentaire : c'est aux citoyens et citoyennes de reprendre la main sur leurs syst&#232;mes alimentaires d&#232;s maintenant.&lt;br /&gt;
Tout cela s'appuie sur la repolitisation de la question alimentaire &#224; travers divers mouvements &#224; l'&#233;chelle internationale : aux US, le mouvement Food Citizen et le CSA qui est une forme d'AMAP ; au Japon le mouvement des T&#233;k&#233;s qui s'appuie sur le mouvement des femmes en lutte contre la pollution des sols apr&#232;s les attaques nucl&#233;aires ; en France, avec l'arriv&#233;e des premi&#232;res AMAP en 2001le renouveau des groupements d'achats modernes &#8211; reliant producteurs et familles qui existent depuis la seconde guerre mondiale.&lt;br /&gt;
Cette politisation s'effectue &#224; travers le renouvellement des circuits courts (reliant producteurs et consommateurs) en rapport avec les conditions de production sociale et environnementale des aliments, de l'achat local en vue d'assurer un revenu agricole correct et la sant&#233; des consommateurs. Deux &#233;v&#232;nements vont acc&#233;l&#233;rer le mouvement : la d&#233;cision du Minist&#232;re de l'agriculture de prendre en compte et valoriser ces circuits courts ; les &#233;meutes de la faim en ville dans les pays du Sud, qui soulignent aussi que le probl&#232;me alimentaire prend une dimension tr&#232;s sensible en ville et se politise.&lt;br /&gt;
La presse va ainsi relayer &#224; partir de 2008, ces pr&#233;occupations de la soci&#233;t&#233; &#224; travers des articles concernant essentiellement la question agricole et la pr&#233;carit&#233; alimentaire. L'augmentation de ces articles est exponentielle encore aujourd'hui. Cette fabrique journalistique relatant initiatives, situation macro-&#233;conomique participe &#224; ce processus de politisation.&lt;br /&gt;
La recherche acad&#233;mique commence &#224; s'int&#233;resser au renouvellement des circuits courts, &#224; produire des connaissances &#224; ce sujet, notamment &#224; l'INRAE : je me rends compte alors que les personnes &#224; petits budgets sont absentes par exemple dans ce syst&#232;me des AMAP.&lt;br /&gt;
J'ai suivi la cr&#233;ation du MIRAMAP (Mouvement inter r&#233;gional des AMAP), dont les fondateurs &#233;taient des hommes, tr&#232;s outill&#233;s sur les questions agricoles et de politique agricole, avec un fort consensus entre eux : ils vont orienter le mouvement, o&#249; r&#232;gne une grande diversit&#233;.&lt;br /&gt;
La Charte qui est adopt&#233;e &#224; ce moment, d&#233;finit ce que l'on appelle AMAP, leur mode de fonctionnement et leur mode de cr&#233;ation. Elle &#233;labore ce qui sera appel&#233;e la &#171; garantie participative &#187; (une innovation qui soutient la politisation de la question alimentaire) ; elle sert de base &#224; ce mouvement. N&#233;anmoins, la r&#233;daction de la Charte, qui lance le mouvement, masque l'existence de certains dissensus. Elle s'appuie sur l'adh&#233;sion enthousiaste des personnes envers des id&#233;es, qui n'ont pas encore &#233;t&#233; confront&#233;es aux r&#233;alit&#233;s. Elle d&#233;fend un mod&#232;le qui va concerner principalement les classes moyennes avec un certain niveau d'&#233;ducation. Cependant elle invisibilise le travail important des femmes qui assurent une bonne partie du quotidien du fonctionnement de ces amap.&lt;br /&gt;
Les dissensus au sein du mouvement se sont manifest&#233;s d&#232;s l'origine, notamment &#224; Marseille : le r&#233;seau anim&#233; par des femmes dont une chercheuse, porte l'id&#233;e de Collectifs locaux et de d&#233;mocratie participative, d'alliance avec les luttes sur l'environnement (en particulier l'utilisation des pesticides) et pour l'acc&#232;s au foncier et entre autres dans ce qui peut &#234;tre les pr&#233;misses de l'agriculture urbaine. La cr&#233;ation du MIRAMAP ne valorise pas la r&#233;alit&#233; de ce r&#233;seau dont le fonctionnent se ramifie dans plusieurs espaces concernant les activit&#233;s n&#233;cessaires au syst&#232;me alimentaire et notamment dans sa reterritorialisation. &#192; ce moment-l&#224;, le Miramap fait le choix d'une organisation verticale.&lt;br /&gt;
Mon hypoth&#232;se est la suivante : si les femmes tr&#232;s engag&#233;es dans les amap, au moment de la fondation du Miramap avaient pu prendre la main, on aurait aujourd'hui un mouvement alternatif beaucoup large qu'il ne l'est, bas&#233; sur une organisation de besoins adoss&#233;s &#224; la vie quotidienne. Tout est question de timing et de conscientisation et &#224; cette &#233;poque, d'une part le mouvement f&#233;ministe &#233;tait fragment&#233; et peu sur ces questions et d'autre part, l'exp&#233;rience inspirante du mouvement des femmes japonaises est rest&#233;e dans les contraintes patriarcales habituelles.&lt;br /&gt;
Ce mouvement social, que j'appelle Agricolo-alternatif, croise des organisations reconnues comme des vecteurs d'un mouvement alternatif par l'&#201;tat comme par exemple les CIVAM. Le syndicat agricole la Conf&#233;d&#233;ration paysanne et l'association de soutien &#171; Les amis de la Conf&#233;d&#233;ration &#187; alli&#233;.es naturels, int&#232;grent l'alimentation et donc les consommateurs et consommatrices, dans leur strat&#233;gie et ainsi ils participent &#224; renforcer ce mouvement social autour de l'acc&#232;s &#224; une alimentation de qualit&#233;. Ils auront un r&#244;le important dans la cr&#233;ation du collectif SSA.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment ce mouvement aborde-t-il la question de la d&#233;mocratie directe, participative et remet-il en cause la d&#233;mocratie repr&#233;sentative ? Comment int&#232;gre-t-il de la question des Communs ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Le croisement autour des communs et avec les mouvements qui s'en r&#233;clame ne s'est pas encore fait. L'id&#233;e de d&#233;mocratie alimentaire est particuli&#232;rement large, elle s'appuie majoritairement sur le d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie participative citoyenne, promue par l'Europe et reprise en France &#224; partir des ann&#233;es 2000. Le mouvement, lui, a une vision de la participation qui passe en fait essentiellement par la repr&#233;sentation, et sur des rapports de domination peu questionn&#233;s, &#171; des gens qui savent sur d'autres qui ne savent pas &#187;.&lt;br /&gt;
De plus, il faut comprendre que dans ce mouvement autour de l'alimentation, il y a deux entr&#233;es de revendications et de luttes :&lt;br /&gt;
&#8226; celle de l'agriculture avec un soutien &#224; l'agriculture paysanne,&lt;br /&gt;
&#8226; celle de la pr&#233;carit&#233; alimentaire et des r&#233;ponses sociales pour la population pauvre.&lt;br /&gt;
Ces deux entr&#233;es, soutenues par les politiques publiques cernent les projets alimentaires. D'o&#249; la connexion &#224; partir du milieu des ann&#233;es 2010 entre les participant.es du soutien &#224; l'agriculture paysanne avec les milieux de l'action sociale. Cette connexion est une avanc&#233;e pour le mouvement social et un pas de plus vers le projet de SSA. Cependant le mod&#232;le de la d&#233;mocratie reste celui de la participation mise en place par ceux et celles qui animent et organisent ces initiatives. L'approche consiste &#224; intervenir par l'interm&#233;diation.&lt;br /&gt;
Pour des chercheuses comme moi, issue du travail social radical, la d&#233;mocratie c'est d'abord et avant tout rencontrer les gens l&#224; o&#249; ils et elles sont et partir de leurs besoins. Mais c'est surtout laisser leurs capacit&#233;s de s'auto-organiser, de s'entraider et non d'intervenir avec une ing&#233;nierie du social ancr&#233;e essentiellement dans l'offre alimentaire. A partir de l&#224;, on sait rarement o&#249; on va, la navigation &#224; vue est un des principes.&lt;br /&gt;
Dans cette application de la participation des personnes et familles &#224; petits budget (n&#233;cessaire au march&#233; capitaliste) les associations caritatives ou philanthropiques, les services publics d'action sociale ont un r&#244;le important dans l'encadrement de ces populations. Il y a, au sein de certaines de ces associations (en particulier ATD Quart Monde) &#224; la fois un &#233;norme travail en direction et avec des personnes en situation de pauvret&#233; et un rapport de domination difficile &#224; transformer. On entend souvent des personnes en situation de pr&#233;carit&#233; ayant particip&#233; &#224; des r&#233;unions d'instances europ&#233;ennes dire : &#171; on ne nous &#233;coute pas ! &#187;. La professionnalisation de la participation si elle a ouvert une mont&#233;e en comp&#233;tence pour former des professionnels.les souvent tr&#232;s impliqu&#233;.es, elle emp&#234;che aussi l'auto-organisation des populations concern&#233;es.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_76 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image069.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image069.jpg?1732628364' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Dans l'interview de Marie Massart, &#233;lue de Montpellier, est &#233;voqu&#233; le fait que le mouvement aura besoin des contributions des entreprises lorsque l'on devra &#233;tendre l'action de la SSA &#224; une fraction plus importante de la population.&lt;br /&gt;
Qu'en pensez-vous ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Ces projets restent dans les limites du march&#233; capitaliste. Cela va de pair avec le pouvoir de la finance et on est dans l'am&#233;nagement du syst&#232;me tel qu'il existe. Ces exp&#233;rimentations, si elles sont tr&#232;s importantes pour la construction d'un r&#233;cit politique et si elles font partie de la lutte contre ce syst&#232;me agroalimentaire mondial, restent dans des espaces micro ; il ne faut pas oublier la puissance des tenants de l'offre alimentaire et le rapport de force, pour l'instant, n'existe pas. Ces exp&#233;rimentations font bouger des choses &#224; l'int&#233;rieur de ces micro-marges laiss&#233;es par l'agro-industrie.&lt;br /&gt;
Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas le faire, mais il faut chercher d'autres pistes : on a besoin d'alliances plus grandes qui ne soient pas concentr&#233;es sur l'id&#233;e de filet de s&#233;curit&#233; pour des personnes en situation d'exclusion, qui conduisent obligatoirement &#224; chercher du c&#244;t&#233; de la ressource publique. Or la ressource publique, telle qu'elle existe aujourd'hui, arrive au bout. Faire appel aux autres acteurs de l'offre telle qu'elle existe, c'est donner carte blanche aux industries agroalimentaires, qui sauront construire de nouveaux segments de march&#233;. L'assiette dite &#171; d&#233;mocratie alimentaire &#187; deviendra un segment de march&#233;.&lt;br /&gt;
&#8226; La premi&#232;re piste demeure la ressource publique, mais avec la garantie de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et l'arr&#234;t des appels &#224; projets qui mettent en concurrence les initiatives, y compris en les poussant &#224; former des conglom&#233;rats entre elles qui vont &#224; leur tour emp&#234;cher les autres petites initiatives d'acc&#233;der aux ressources : la sagesse d&#233;mocratique serait plut&#244;t de partager et s'entraider.&lt;br /&gt;
&#8226; La seconde piste est, que le syst&#232;me alimentaire fran&#231;ais est construit sur une multitude de PME et de TPE. Cela ouvre une autre piste, m&#234;me si cela ne change pas radicalement la nature du march&#233;.&lt;br /&gt;
&#8226; Une troisi&#232;me id&#233;e est que l'alimentation n'est pas une marchandise comme les autres, que l'on ne peut laisser aux mains du capitalisme dans les accords internationaux. Ce qui veut dire reprendre politiquement la main, &#224; l'&#233;chelle de la France et de l'Union Europ&#233;enne, et repartir de l'id&#233;e de souverainet&#233; alimentaire. Derri&#232;re cette troisi&#232;me piste, il y a l'id&#233;e de mutuelle.&lt;br /&gt;
&#8226; Et puis il y a une quatri&#232;me piste qui est celle du mouvement &#233;cologiste auquel je participe qui est de reterritorialiser de fa&#231;on un peu diff&#233;rente des autres pistes, en mettant au c&#339;ur l'id&#233;e des communs liant comp&#233;tences et espaces, bas&#233; sur le travail de subsistance. Ce travail de subsistance peut d'ailleurs se mettre en place d&#232;s maintenant m&#234;me si les comp&#233;tences sont &#171; confin&#233;es &#187; dans des interstices et qu'il faut aller les chercher.&lt;br /&gt;
Mais pour cela, il faut consolider les alliances par le d&#233;veloppement d'une r&#233;elle d&#233;mocratie alimentaire : il faut admettre un point de vue critique de d&#233;mocratie radicale. Elle seule peut permettre d'&#233;laborer une boussole et de travailler sur les contours de l'alliance. Or aujourd'hui, on a une vision &#171; sociale-d&#233;mocrate &#187; refusant toute radicalit&#233;, qui s'accommode du march&#233;.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;La reconnaissance juridique du principe de d&#233;mocratie alimentaire, des principes des communs seraient des acquis. Judith Rochfeld a propos&#233; dans un travail de recherche important des pistes pour la reconnaissance juridique des communs.&lt;br /&gt;
Comment abordez-vous la question juridique ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Sur le plan juridique, il faut noter que l'on est dans le d&#233;sert le plus total. Ce qui existe concerne le droit de la consommation, qui permet de prot&#233;ger le march&#233; tel qu'il existe ; ce n'est pas du tout le droit &#224; l'alimentation. C'est pourquoi nos exp&#233;rimentations restent aussi limit&#233;es et il faut se dire que si les caisses alimentaires s'ouvrent aux entreprises, cela d&#233;clenchera probablement des contr&#244;les du fisc ou de l'URSAFF, comme on a pu les voir au d&#233;but de la cr&#233;ation des AMAP. Les prises en main par les collectivit&#233;s territoriales sont importantes, mais elles comportent le risque d'&#234;tre rapidement institutionnalis&#233;es et de suspendre la r&#233;appropriation et le contr&#244;le populaire.&lt;br /&gt;
Actuellement, quand on fait le bilan des politiques alimentaires des territoires (les PAT), c'est d&#233;risoire par rapport &#224; ce que l'on aurait pu attendre. Certes cela nourrit la politisation de l'alimentation, mais cela cadre les initiatives que l'on pourrait avoir par-ci, par l&#224;. La dimension juridique se r&#233;duit &#224; l'heure actuelle &#224; des discours sur les droits humains, mais pas du tout sur le droit &#224; l'alimentation. Cela a permis de soutenir la fili&#232;re de l'aide alimentaire, mais c'est justement cela qu'il faut d&#233;passer.&lt;br /&gt;
Au plan juridique, en parall&#232;le des travaux sur des questions de droit priv&#233;, il y a des travaux sur le droit agricole, sur le droit de la consommation, mais peu sur le droit &#224; l'alimentation et les syst&#232;mes alimentaires. On reste sur une vision de produits alimentaires assujettis &#224; la production agricole. Il faudrait &#233;laborer une branche du droit li&#233;e au syst&#232;me alimentaire &#224; l'&#233;chelle de l'Europe.&lt;br /&gt;
La piste des mutuelles, la cotisation sociale propos&#233;e par le collectif SSA sont &#224; explorer car il n'y a que l'&#201;tat qui peut d&#233;cider d'un imp&#244;t. Les Collectivit&#233;s territoriales ne peuvent pas le faire.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;On ne peut pas changer le syst&#232;me agricole si on ne r&#233;forme pas le syst&#232;me alimentaire. Celui-ci exprime le besoin. A quelles &#233;chelles doit-on agir pour changer le syst&#232;me ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Le changement agricole au niveau individuel ne changera pas le syst&#232;me alimentaire, ni le syst&#232;me agricole, m&#234;me si c'est n&#233;cessaire. On est pris dans une interd&#233;pendance du syst&#232;me international, au niveau des pays et des continents, et on ne changera qu'en posant la question aussi &#224; ce niveau. Le confinement du covid nous a permis de voir concr&#232;tement cette interd&#233;pendance entre pays &#224; ce niveau. Mais il nous a montr&#233; aussi ce qui se passe quand des citoyen.es s'entraident et se mettent ensemble pour faire face &#224; une situation de restriction.&lt;br /&gt;
On doit r&#233;fl&#233;chir &#224; la co existence des syst&#232;mes alimentaires : s'imaginer la renationalisation de l'agriculture est une erreur. Il faut reterritorialiser, certes, mais ne pas rester &#224; ce niveau l&#224; uniquement. Si tout l'H&#233;rault &#233;tait cultiv&#233;, on nourrirait Montpellier ; mais on voit que cette question de la relocalisation a des effets secondaires non n&#233;gligeables : relocaliser, il faut le faire, mais cela ne suffit pas, cela ne nourrira qu'une partie de la population ; l'alimentation serait capt&#233;e par la m&#233;tropole de Montpellier. Se pose alors la question de savoir comment les petites communes font pour garder leur subsistance et permettre &#224; leurs habitant.es de se nourrir du syst&#232;me alimentaire local.&lt;br /&gt;
La coexistence des syst&#232;mes alimentaires r&#233;gionaux est indispensable : nous dans le sud, nous produisons des fruits pour le nord, de m&#234;me qu'eux produisent des betteraves et des pommes de terre pour les r&#233;gions du sud. Et on ne peut ignorer l'Espagne.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Pour sortir de ce dilemme, ne faut-il pas partir de l'id&#233;e que le syst&#232;me ne peut r&#233;pondre &#224; tous les probl&#232;mes, qu'il g&#233;n&#232;re &#233;norm&#233;ment de failles ; que c'est en agissant au niveau de ces failles, peu &#224; peu, qu'on peut le faire basculer ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;C'est pour l'instant ce qui nous est collectivement possible. Dans ce contexte, la SSA permet l'&#233;laboration d'un contre-r&#233;cit. Ce contre r&#233;cit est bien re&#231;u dans les pays autour de nous. Une alliance internationale sur la s&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation peut &#234;tre la base d'une transformation. Elle ne s'exprimera pas uniquement par une SSA &#224; la fran&#231;aise, mais celle-ci s'exporte de fa&#231;on int&#233;ressante : sa fonction est politique plus qu'une r&#233;elle incarnation politique. Mais on peut imaginer et penser au changement du syst&#232;me productiviste ; cela se retrouve dans des dynamiques au sein de pays comme la Belgique, la Suisse avec la Convention genevoise et le droit &#224; l'alimentation. On voit aussi des &#233;volutions en Espagne, en Sicile ... et cette mise en commun politique &#224; cette &#233;chelle a de l'importance.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_77 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image071.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image071.jpg?1732628364' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment r&#233;pondre &#224; divers questionnements sur la SSA ?&lt;br /&gt;
Les producteurs vont se faire imposer quoi produire !&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Ils sont d&#233;j&#224; dans ces contraintes dans le syst&#232;me actuel ! Leur libert&#233; (y compris celle de savoir quoi produire) est d&#233;j&#224; contrainte. Or l'objectif de l'agriculture ce n'est pas seulement nourrir les gens. La critique serait plut&#244;t de savoir comment ils pourraient reprendre la main sur leur m&#233;tier, r&#233;pondre &#224; aux enjeux de biomasse, des d&#233;chets, de la pollution...&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;La d&#233;mocratie notamment au niveau des conventionnements et de l'orientation des productions agricoles, donnera lieu &#224; des abus, de la bureaucratie !&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous sommes dans une p&#233;riode o&#249; l'on se recentre sur une vision de la d&#233;mocratie appuy&#233;e sur la repr&#233;sentation (y compris dans sa forme am&#233;lior&#233;e type convention citoyenne). Passer &#224; un mod&#232;le o&#249; l'on reprend en main sa vie quotidienne, o&#249; l'on prend la parole &#224; propos de sa vie ordinaire repr&#233;sente un gap &#233;norme pour les gens. Cela passe d&#233;j&#224; par le fait de nous &#233;couter mutuellement, de reconna&#238;tre nos besoins universels encastr&#233;s dans les changements climatique, d'accepter de questionner le mod&#232;le de domination culturelle : c'est un gros travail &#224; mettre en place ! D'autant que le syst&#232;me est ancr&#233; dans une vision colonialiste et patriarcale, refusant de reconna&#238;tre la place des pays du Sud et celle des femmes.&lt;br /&gt;
Si on ne prend pas ces choses en main, rien ne changera : il faut faire un effort de reconnexion avec l'histoire des syst&#232;mes alimentaires. La modernisation des &#233;changes pose la question des ressources, de comprendre que l'&#233;conomie n'est pas ind&#233;pendante de la pens&#233;e politique, et qu'il faut penser la question des march&#233;s concrets, de r&#233;encastrer l'&#233;conomie dans le social et le politique, comme le pr&#244;nait Polanyi d&#232;s 1947.&lt;br /&gt;
On retrouve l&#224; les questions d&#233;battues par les &#233;cof&#233;ministes, au c&#339;ur de la reconnexion entre consommation et circuit court et travail li&#233; &#224; la subsistance. Ce sont ces pistes qu'il faut mettre au travail, notamment dans leur dimension de transformation politique.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&#199;a va co&#251;ter cher !&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Si on reste dans le syst&#232;me actuel, qui exclue, pollue, d&#233;truit des ressources, engendre d'&#233;normes catastrophes, certes, cela va co&#251;ter cher ! Continuer dans la logique des gains de productivit&#233; (et des b&#233;n&#233;fices r&#233;partis toujours entre les m&#234;mes) et des externalit&#233;s n&#233;gatives (elles &#224; la charge des citoyens), oui cela co&#251;tera cher aux populations, qui devront subir et payer !&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - Janvier 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Montpellier, pionni&#232;re dans l'exp&#233;rimentation de la SSA </title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/montpellier-pionniere-dans-l-experimentation-de-la-ssa</link>
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		<dc:date>2024-11-27T08:11:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'exp&#233;rimentation men&#233;e par la Ville et la M&#233;tropole de Montpellier d'une Caisse d'Alimentation commune, g&#233;r&#233;e par un Comit&#233; citoyen compos&#233; par moiti&#233; de personnes en situation de pauvret&#233;, sur les principes de la SSA est pionni&#232;re et riche d'enseignement. L'&#233;chelle est r&#233;duite, mais la visibilit&#233; du projet est forte. L'impact positif sur l'agriculture locale est modeste, mais prometteuse car stimulant l'agriculture locale et de qualit&#233;. Le lien social est renforc&#233;, et les externalit&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/" rel="directory"&gt;S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image056.jpg?1732695786' class='spip_logo spip_logo_right' width='121' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'exp&#233;rimentation men&#233;e par la Ville et la M&#233;tropole de Montpellier d'une Caisse d'Alimentation commune, g&#233;r&#233;e par un Comit&#233; citoyen compos&#233; par moiti&#233; de personnes en situation de pauvret&#233;, sur les principes de la SSA est pionni&#232;re et riche d'enseignement. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;chelle est r&#233;duite, mais la visibilit&#233; du projet est forte. L'impact positif sur l'agriculture locale est modeste, mais prometteuse car stimulant l'agriculture locale et de qualit&#233;. Le lien social est renforc&#233;, et les externalit&#233;s n&#233;gatives sortent diminu&#233;e. L'exp&#233;rience d&#233;mocratique a une valeur inestimable car directe, concr&#232;te, transparente et tout &#224; fait innovante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_83 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image065.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image065.jpg?1732696613' width='500' height='561' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Quelle est la situation alimentaire dans la ville et la M&#233;tropole de Montpellier ?&lt;br /&gt;
L'aide alimentaire actuelle, quelques donn&#233;es pr&#233;cises ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;La pr&#233;carit&#233; (alimentaire, logement) est forte &#224; Montpellier : 26 % de la population est sous le seuil de pauvret&#233; et elle augmente avec cette p&#233;riode d'inflation. L'alimentation est une variable d'ajustement et le &#171; choix &#187; se fait sur la qualit&#233;, avec des effets massifs sur la sant&#233;. Le paysage alimentaire est contrast&#233;, avec des d&#233;serts alimentaires, c'est-&#224;-dire des quartiers sans offre de produits de qualit&#233;.&lt;br /&gt;
L'enjeu pour la Municipalit&#233; est d'assurer une certaine r&#233;partition. L'aide alimentaire est une n&#233;cessit&#233; (sous peine d'&#233;meutes de la faim), mais nous sommes tr&#232;s critiques sur ce syst&#232;me : les structures d'aide (secours populaire, restau du c&#339;ur, ...) distribuent des repas &#224; partir de produits qui proviennent de surplus de la grande distribution, ou envoy&#233;s par l'Europe : les produits re&#231;us lors des &#171; ramasses &#187; sont des invendus, avec des dates limites de consommation tr&#232;s courtes (quelques jours), des produits p&#233;rim&#233;s, ... ce qui impose beaucoup de tri, mais est aussi tr&#232;s insatisfaisant pour les b&#233;n&#233;voles des associations. Ce syst&#232;me est un cercle vicieux puisque ces personnes n'ont le plus souvent pas acc&#232;s au syst&#232;me de sant&#233;. Il est souvent humiliant pour les personnes de se pr&#233;senter &#224; l'aide alimentaire.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Disposez-vous d'un certain poids sur la production agricole locale ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Oui, indirect, mais il existe : les achats pour la restauration scolaire (et plus largement collective), pour l'aide alimentaire et la S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation permettent de valoriser les produits locaux, de r&#233;orienter la production vers la production bio et vers l'agro&#233;cologie, vers certaines fili&#232;res (l&#233;gumineuses) et aider &#224; les structurer, de renforcer les circuits courts. Le March&#233; d'Int&#233;r&#234;t National (MIN) nous permet d'agir aupr&#232;s des producteurs agricoles locaux, nous travaillons aussi avec les Chambres d'agricultures, le CIVAM. &lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment est n&#233; le projet de S&#233;curit&#233; Sociale Alimentaire &#224; Montpellier ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;L'id&#233;e a germ&#233; dans le secteur de la recherche &#8211; action, sur la base des constats des limites de l'aide alimentaire et des probl&#232;mes des producteurs eux-m&#234;mes. Cette premi&#232;re id&#233;e est r&#233;sum&#233;e par le concept d'une alimentation de qualit&#233; et choisie pour tous. En lien avec certains acteurs associatifs, l'id&#233;e a donn&#233; naissance au Collectif &#171; Territoire &#224; Vivres &#187;, qui se d&#233;veloppe en France sur quatre territoires.&lt;br /&gt;
La ville et la M&#233;tropole de Montpellier sont rentr&#233;s dans le Collectif, avec 25 structures (pouvoirs publics, associations, mouvements agricoles, MIN, structures de l'aide alimentaire), au m&#234;me titre que les autres partenaires. Nous n'avons pas souhait&#233; nous positionner comme leader, mais &#234;tre facilitateur, apporter des moyens. Au total, sur deux ans, la ville a apport&#233; 45 k&#8364; et la M&#233;tropole 60, soit 105 k&#8364; et 45 % du budget de la Caisse, structure qui a port&#233; le projet. Le p&#233;rim&#232;tre de l'action est le territoire de la m&#233;tropole et elle porte sur 350 personnes.&lt;br /&gt;
2021 et 2022ont &#233;t&#233; des p&#233;riodes de r&#233;flexion et de pr&#233;paration. Nous sommes encore dans la phase exp&#233;rimentale : les premiers paiements ont eu lieu en f&#233;vrier 2023, et le Comit&#233; scientifique qui fera une &#233;valuation g&#233;n&#233;rale, au plan de l'efficacit&#233; et des co&#251;ts, en juillet 2024. Les premiers retours sont positifs et nous pensons que nous continuerons, mais attendons le bilan.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment concevez-vous et pratiquez-vous la d&#233;mocratie alimentaire ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Les deux ans de pr&#233;paration &#233;taient n&#233;cessaires, car nous devions nous conna&#238;tre, mettre en place des dispositifs d&#233;mocratiques. Nous avons confi&#233; la gestion &#224; un Comit&#233; citoyen qui g&#232;re la &#171; Caisse d'Alimentation Commune &#187;, depuis octobre 2022. Il est compos&#233; &#224; l'origine de 47 personnes, 50 % de personnes en situation de pauvret&#233;, d'usagers et adh&#233;rents de l'association &#171; Territoire &#224; Vivres &#187;, du CCAS. Nous l'avons &#233;largi par appel &#224; candidature et tirage au sort de 47 au d&#233;part &#224; 61 personnes repr&#233;sentatives de la population en termes d'&#226;ges et de revenus.&lt;br /&gt;
Ce Comit&#233; de citoyens a fix&#233; les r&#232;gles :&lt;br /&gt;
&#8226; Outre les 47 personnes du Comit&#233; citoyen de d&#233;part, 350 personnes seront b&#233;n&#233;ficiaires du dispositif au d&#233;part. Elles ont &#233;t&#233; choisies elles aussi par appel &#224; volontariat et tirage au sort.&lt;br /&gt;
&#8226; Chacune des 350 personnes re&#231;oit 100 &#8364; par mois, vers&#233; par la Caisse, sous forme de monnaie locale d&#233;mat&#233;rialis&#233;e, la Mona.&lt;br /&gt;
&#8226; Elles cotisent &#224; hauteur de leurs moyens entre 1 &#8364; et 150 &#8364; (en moyenne 60 &#8364;). Tout le monde peut cependant cotiser. Une grille d&#233;termine un montant, purement indicatif, des cotisations en fonction des revenus.&lt;br /&gt;
&#8226; Les organismes conventionn&#233;s aupr&#232;s desquels les b&#233;n&#233;ficiaires peuvent faire leurs achats avec la Mona (39 &#224; ce jour dont 30 producteurs) ont &#233;t&#233; choisi sur la base de crit&#232;res (27) pr&#233;cisant la qualit&#233; des produits pouvant faire l'objet de ces achats : ces crit&#232;res vont au-del&#224; des produits agricoles eux-m&#234;mes, int&#233;grant la gestion des d&#233;chets, l'accessibilit&#233; du commerce notamment pour les personnes en situation de handicap, le mode de gouvernance de l'entreprise... Ces crit&#232;res sont plut&#244;t exigeants, et un super march&#233; ne pourraient pas &#234;tre conventionn&#233;.&lt;br /&gt;
&#8226; Les prix pratiqu&#233;s pour les produits conventionn&#233;s sont ceux du march&#233;. Les b&#233;n&#233;ficiaires sont compl&#232;tement libres de choisir la structure conventionn&#233;e. Ils peuvent ne pas tout d&#233;penser dans le mois.&lt;br /&gt;
&#8226; Les crit&#232;res sur les produits correspondent &#224; des aliments de qualit&#233;, mais sont exclus l'alcool et les produits d'hygi&#232;ne.&lt;br /&gt;
Cela leur permet aux b&#233;n&#233;ficiaires, outre d'avoir acc&#232;s &#224; des produits de qualit&#233;, de d&#233;couvrir de nouveaux produits et de nouveaux commer&#231;ants ou producteurs (certains freins culturels sautent). Cela pousse aussi &#224; la mixit&#233; sociale, aussi bien chez les commer&#231;ants qu'aupr&#232;s des producteurs. Les producteurs conventionn&#233;s rentrent d&#233;j&#224; dans la grille, mais cela incite aussi de nouveaux &#224; &#233;voluer.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Quels sont les effets de cette action ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous avons &#224; ce stade de bons retours de la part des b&#233;n&#233;ficiaires, des commer&#231;ants et des producteurs.&lt;br /&gt;
La ville et la M&#233;tropole ont laiss&#233; une large autonomie au Comit&#233; citoyen, qui a manifest&#233; une tr&#232;s grande motivation : les participants ont &#233;t&#233; syst&#233;matiquement pr&#233;sents et actifs aux 17 r&#233;unions depuis deux ans ! Le r&#244;le des Collectivit&#233;s territoriales a &#233;t&#233; de financer, de s'impliquer dans l'association &#171; territoire &#224; Vivres &#187;, de mettre &#224; disposition du temps et de faciliter mat&#233;riellement le travail (pr&#234;t de salles, d'&#233;quipements...) et de renforcer la visibilit&#233; et la communication du projet.&lt;br /&gt;
Les effets de ce travail est visible : on sent que cela int&#233;resse du fait, nouveau et innovant, que l'on touche au social, &#224; la sant&#233;, &#224; l'environnement, au d&#233;veloppement local. Nous souhaitons &#234;tre d&#233;monstrateur, montrer qu'un autre mod&#232;le est possible. La &#171; Caisse d'Alimentation Commune &#187;, c'est le nom que nous donnons au projet, constitue une forme de solidarit&#233; alimentaire nouvelle, qui, sans &#234;tre critique de l'aide alimentaire, la transforme profond&#233;ment. Nous voulons montrer qu'il est pr&#233;f&#233;rable d'apporter de l'argent public dans ce type d'action, vers&#233; directement aux producteurs locaux, plut&#244;t qu'aux grands distributeurs.&lt;br /&gt;
Le bilan sera fait en juillet, et ces effets ne sont pas encore chiffr&#233;s, mais on constate des cons&#233;quences claires sur :&lt;br /&gt;
&#8226; Le respect de la dignit&#233; humaine (il est tr&#232;s dur pour certaines personnes de se pr&#233;senter &#224; l'aide alimentaire ; l'usage de la Mona est compl&#232;tement anonyme et non stigmatisant), le renforcement du lien social, la mixit&#233; sociale, le d&#233;veloppement d'une autre forme de convivialit&#233; (on propose des cours de cuisine, les personnes peuvent inviter &#224; manger chez elles...) ;&lt;br /&gt;
&#8226; Le d&#233;veloppement &#233;conomique local, ouvrant des d&#233;bouch&#233;s aux commer&#231;ants et aux producteurs locaux,&lt;br /&gt;
&#8226; Le respect de l'environnement, exig&#233; au niveau de la production, mais aussi dans la gestion des d&#233;chets, dans la logistique et les circuits courts ; l'am&#233;lioration de la sant&#233; sont tr&#232;s sensibles.&lt;br /&gt;
Autrement dit, les externalit&#233;s positives sont augment&#233;es et les externalit&#233;s n&#233;gatives sont r&#233;duites : un euro d&#233;pens&#233; ainsi est plus utile socialement que dans le syst&#232;me d'aide alimentaire.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment l'exp&#233;rience est-elle per&#231;ue dans d'autres villes et r&#233;gions ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;L'exp&#233;rience &#224; Montpellier est pionni&#232;re : d'autres collectivit&#233;s se sont engag&#233;es dans de telles exp&#233;rimentations et observent avec int&#233;r&#234;t ce que nous faisons : Paris (18e, 20e...), Lyon, Strasbourg, Bordeaux... Nous avons cr&#233;&#233; un r&#233;seau d'&#233;lu locaux et des &#233;changes d'exp&#233;rience se font, notamment sur la question de la gouvernance. Le pari est d'influencer les fonds orient&#233;s sur le social et l'environnemental pour qu'ils financent ces projets ; et faire &#233;voluer la loi sur le droit &#224; l'alimentation.&lt;br /&gt;
La cr&#233;ation de la S&#233;curit&#233; Sociale en 1945 nous sert de mod&#232;le : elle a elle-m&#234;me &#233;t&#233; lanc&#233;e suite &#224; des exp&#233;rimentations, sur les principes de l'universalit&#233; du processus, du conventionnement des produits accessibles organis&#233; d&#233;mocratiquement, et d'un financement assis sur une cotisation. Faire une nouvelle loi n'est cependant pas &#224; l'ordre du jour du gouvernement actuel.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_80 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image070.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image070.jpg?1732696026' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Peut-on tenir localement, et en restant isol&#233;, si le nombre de b&#233;n&#233;ficiaires du projet augmente ? A quelles conditions peut-il s'&#233;tendre peu &#224; peu sur les territoires de la R&#233;gion ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;La M&#233;tropole compte 500 000 habitants, et il y a 20 % de personnes pr&#233;caires (environ 100 000). M&#234;me si nous passions &#224; 800 b&#233;n&#233;ficiaires, ce ne serait pas significatif.&lt;br /&gt;
Si l'on passait &#224; une &#233;chelle plus importante, il faudrait un financement public plus important. Mais aussi faire participer des entreprises qui cotiseraient pour leurs salari&#233;s. A une &#233;chelle encore plus grande, il faudrait passer &#224; un financement r&#233;gional et &#224; une aide financi&#232;re de l'&#201;tat.&lt;br /&gt;
Un groupe travaille sur cette question de l'&#233;volution du dispositif. Mais la premi&#232;re limite serait que nous n'aurions pas le volume de produits locaux, ni les circuits de distribution courts qui correspondent &#224; nos crit&#232;res. Il faudrait augmenter l'offre, cr&#233;er de nouvelles fili&#232;res, modifier le paysage alimentaire. Cr&#233;er de la demande, conduit &#224; cr&#233;er de l'offre, peut-&#234;tre un peu plus ch&#232;re, mais avec des effets indirects positifs.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Y a -t-il des r&#233;flexions sur l'avenir du dispositif &#224; moyen terme ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Le groupe de travail mentionn&#233; ci-dessus travaille &#224; ce sujet. L'&#233;valuation permettra certainement elle aussi de r&#233;fl&#233;chir &#224; cela. La question est au c&#339;ur de la politique agricole de la M&#233;tropole. Installer de nouveaux agriculteurs, imaginer une autre restauration scolaire, une politique de sourcing... C'est un travail de longue haleine !&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Travaillez-vous avec certains partenaires ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Avec d'autres parties prenantes comme le CIVAM, la conf&#233;d&#233;ration paysanne, oui ; avec les autres syndicats agricoles, pas directement, mais nous travaillons avec la Chambre d'agriculture (majoritairement proche de la FNSEA). Il n'y a pas de blocage : notre &#233;chelle est trop petite, cela ne change pas le mod&#232;le agricole et ils ont d'autres pr&#233;occupations.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;La perspective d'un d&#233;veloppement du nombre de b&#233;n&#233;ficiaires posera sans doute la question de cotisation de la part d'entreprises. Or elles ont leur propre logique, et vous avez la v&#244;tre.&lt;br /&gt;
Accepteriez-vous ces dons des entreprises et cela changerait-il vos r&#232;gles de gouvernance ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Il existe d'ores et d&#233;j&#224; des dons de fondations priv&#233;es comme la Fondation Carasso et la Fondation de France. Mais au-del&#224;, il y aurait des conditions : nous n'accepterions sans doute pas n'importe quelle entreprise, celles qui font du tort &#224; la population. Mais il y a d&#233;bat &#224; ce sujet, ainsi que sur la question de la d&#233;fiscalisation des dons.&lt;br /&gt;
Concernant les cotisations d'entreprises, si elles sont locales, s'il s'agit de cotisations pour leurs salari&#233;s, si nous devions passer &#224; plus grande &#233;chelle, il n'y aurait pas grands risques, car le pouvoir est au Comit&#233; citoyen. Les entreprises pourraient y voir un int&#233;r&#234;t double : une bonne image, un meilleur rapport avec leurs salari&#233;s qui trouveraient ainsi une meilleure alimentation.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment r&#233;pondriez-vous &#224; certaines critiques non malveillantes au sein de la population ?&lt;br /&gt;
&#171; &#199;a va co&#251;ter cher ! &#187;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;On nous dit d&#233;j&#224; : &#171; cela ne sert pas &#224; beaucoup de personnes &#187;. Et c'est vrai, au regard de l'aide alimentaire qui d'ailleurs continue de fonctionner sur la M&#233;tropole. Notre atout est sur la qualit&#233; et celle-ci ne se per&#231;oit que sur le long terme. Les personnes qui sont b&#233;n&#233;ficiaires en sont bien s&#251;r heureuses, mais la collectivit&#233; aussi car le lien social est renforc&#233;, la dignit&#233; des personnes est respect&#233;e et l'espace social est mieux utilis&#233;, l'environnement respect&#233;.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&#171; La d&#233;mocratie directe cela ne fonctionnera pas ! &#187;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Elle est fragile et les collectivit&#233;s territoriales y sont particuli&#232;rement sensibles : cette forme de d&#233;mocratie directe demande un apprentissage de tous, citoyens, collectifs, collectivit&#233;s territoriales. Il faut construire une culture du consensus, ce qui demande du temps et de bien se conna&#238;tre.&lt;br /&gt;
Nous avons pris la d&#233;cision de ne pas utiliser de structure juridique pour la Caisse (sinon une structure boite aux lettres pour percevoir des financements) : cela pr&#233;sente une force (une d&#233;mocratie plus directe) et des faiblesses (prendre des d&#233;cisions demande du temps). Le Comit&#233; citoyen a &#233;t&#233; accompagn&#233;, form&#233;, dispose des outils pour g&#233;rer de tels d&#233;bats ; il y a parfois des votes, mais ils sont tr&#232;s rares (le nom de la monnaie locale, par exemple). L'essentiel est obtenu par consensus.&lt;br /&gt;
Je n'ai jamais vu de dispositif aussi d&#233;mocratique ! L'objectif est que les gens se r&#233;approprient leur alimentation, d&#233;cident de ce qu'ils veulent et poussent l'offre &#224; s'adapter &#224; ces d&#233;cisions. Cet apprentissage de la d&#233;mocratie directe a un sens profond et m&#233;rite un vrai d&#233;bat public.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;&#171; Les producteurs vont se faire imposer quoi produire ! &#187;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Ce n'est pas une question qui nous a &#233;t&#233; pos&#233;e : les producteurs ont int&#233;r&#234;t &#224; ce syst&#232;me, souhaitent qu'on les conventionne.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - Janvier 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Transformer les mod&#232;les de l'alimentation et de la production agricole </title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/transformer-les-modeles-de-l-alimentation-et-de-la-production-agricole</link>
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		<dc:date>2024-11-27T08:11:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les bouleversements de l'anthropoc&#232;ne auront sur l'alimentation des impacts que notre soci&#233;t&#233; urbaine du chacun pour soi aura du mal &#224; absorber si elle maintient s&#233;par&#233;s les deux mod&#232;les des syst&#232;mes alimentaire et agricole. La SSA a le pouvoir de relier dans une approche syst&#233;mique, mutualis&#233;e et bas&#233;e sur les principes des communs, la production agricole durable de qualit&#233; et la consommation choisie pour et par tous. C'est l'objet de l'innovation sociale men&#233;e &#224; Grenoble que de d&#233;montrer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/" rel="directory"&gt;S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image031.jpg?1732696860' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les bouleversements de l'anthropoc&#232;ne auront sur l'alimentation des impacts que notre soci&#233;t&#233; urbaine du chacun pour soi aura du mal &#224; absorber si elle maintient s&#233;par&#233;s les deux mod&#232;les des syst&#232;mes alimentaire et agricole. La SSA a le pouvoir de relier dans une approche syst&#233;mique, mutualis&#233;e et bas&#233;e sur les principes des communs, la production agricole durable de qualit&#233; et la consommation choisie pour et par tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l'objet de l'innovation sociale men&#233;e &#224; Grenoble que de d&#233;montrer que ces principes, sur une &#233;chelle r&#233;duite, mais politiquement sensible, peuvent apporter de la s&#233;curit&#233; alimentaire aux b&#233;n&#233;ficiaires, mais aussi un autre mod&#232;le pour l'agriculture et l'alimentation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_85 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image052.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image052.jpg?1732697021' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Vous &#234;tes en charge, au sein de la Municipalit&#233; de Grenoble du projet de S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation (SSA).&lt;br /&gt;
Comment est n&#233; et &#233;volue ce projet ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Ma d&#233;l&#233;gation au sein de la municipalit&#233; de Grenoble porte sur les risques et la r&#233;silience territoriale, la prospective, l'&#233;valuation et les nouveaux indicateurs, la strat&#233;gie alimentaire. La question de l'alimentation doit d&#233;sormais se penser dans le cadre des bouleversements induits par l'Anthropoc&#232;ne, c'est-&#224;-dire de la profonde instabilit&#233; du climat, de l'&#233;puisement de ressources vitales comme les sols ou l'eau, de la pollution&#8230; Aujourd'hui 80 % de la population fran&#231;aise habite en ville, ce qui constitue une vuln&#233;rabilit&#233; r&#233;elle et s&#233;rieuse en cas de perturbation dans l'approvisionnement alimentaire. Aux &#233;chelles nationale et territoriale, nous avons besoin d'une approche syst&#233;mique. Le projet de S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation1, connectant l'acc&#232;s de toutes et tous &#224; une alimentation choisie avec la durabilit&#233; des modes de production et la juste r&#233;mun&#233;ration des agriculteur&#183;ices, s'il &#233;tait men&#233; au niveau national, serait une r&#233;ponse syst&#233;mique en mati&#232;re d'agriculture et d'alimentation. Sans attendre, il revient aux collectivit&#233;s territoriales d'appuyer toutes les initiatives qui souhaiteraient tester et &#233;prouver cette volont&#233; de mise en s&#233;curit&#233; de notre alimentation, de la rendre plausible et d&#233;sirable comme r&#233;ponse locale &#224; des vuln&#233;rabilit&#233;s globales.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Quelles ont &#233;t&#233; les &#233;tapes de la mise en place de votre projet ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;En 2021 et 2022, nous avons men&#233; un travail de prospective2 dans le cadre du PAiT (Projet Alimentaire inter-Territorial) qui rassemble la M&#233;tropole et la Ville de Grenoble, deux parcs naturels r&#233;gionaux (Vercors et Chartreuse), les communaut&#233;s de communes avoisinantes&#8230; soit un territoire rassemblant environ 300 communes et 700 000 habitant&#183;es. Avec l'aide de Solagro3, avec la participation d'acteurs du monde agricole, de la distribution et de la soci&#233;t&#233; civile, deux sc&#233;narios ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;s &#224; l'horizon 2050, &#224; partir de l'analyse de l'&#233;volution du climat, de l'artificialisation des sols, de l'&#233;volution des habitudes alimentaires, des relations entre les syst&#232;mes agricoles et alimentaires : un sc&#233;nario tendanciel et un sc&#233;nario d&#233;sirable. Des pr&#233;conisations ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;es, puis une feuille de route soumise &#224; d&#233;lib&#233;ration dans les diff&#233;rentes collectivit&#233;s. La SSA au niveau local est apparue comme une hypoth&#232;se prioritaire, aussi la Ville de Grenoble s'est propos&#233;e d'en &#233;tudier la faisabilit&#233;.&lt;br /&gt;
Notons que nous avons d&#233;fini une strat&#233;gie alimentaire qui, entre autres actions, vise &#224; consolider les acteurs locaux de l'alimentation solidaire, notamment les structures de l'ESS qui op&#232;rent d&#233;j&#224; dans ce champ. La Ville de Grenoble est d'ailleurs entr&#233;e dans la gouvernance d'une SCIC4 qui distribue les denr&#233;es issues d'exploitations locales, s&#233;curisant ainsi l'approvisionnement jusqu'au c&#339;ur de nos quartiers.&lt;br /&gt;
Le projet national de SSA vise &#224; mettre en commun une fraction de la richesse produite, puis de la redistribuer &#224; toutes et tous sous forme d'un montant forfaitaire mensuel, utilisable dans un r&#233;seau de distribution conventionn&#233; d&#233;mocratiquement. Nous avons engag&#233; aussit&#244;t une &#233;tude de faisabilit&#233; de la SSA sur le p&#233;rim&#232;tre de la commune (160 000 habitants, 18 km&#178;) avec l'aide des cabinets d'experts Terralim5 et Tero6. Si au niveau local il n'est pas permis de cr&#233;er d'imp&#244;t, nous explorons le principe d'une caisse associative abond&#233;e par cotisation volontaire des habitant&#183;es, compl&#233;t&#233;e de fonds publics (collectivit&#233;s, recherche) voire priv&#233;s (fondations). Des entreprises qui le souhaiteraient pourraient &#233;galement prendre en charge tout ou partie de la cotisation de leurs salari&#233;&#183;es.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment ont r&#233;agi les structures agricoles pr&#233;sentes dans ces r&#233;flexions ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;La Chambre d'agriculture de l'Is&#232;re &#233;tait pr&#233;sente lors des d&#233;bats, il n'y a eu aucune hostilit&#233; a priori, plut&#244;t une attitude prudente qu'on pourrait r&#233;sumer par : &#171; d&#233;montrez que cela marche et on verra ! &#187;. Certains syndicats agricoles restent attentistes, d'autres accueillent la proposition avec plus d'enthousiasme. Le temps agricole est long, son inertie au changement assez palpable, avec cependant une ouverture aux id&#233;es faisant la preuve de leur efficacit&#233;.&lt;br /&gt;
Il n'y a pour ainsi dire pas de production agricole dans le p&#233;rim&#232;tre de notre commune. Le tissu grenoblois est compos&#233; principalement de coop&#233;ratives d'achat, d'&#233;piceries solidaires, d'AMAP7, d'un supermarch&#233; coop&#233;ratif qui applique une tarification solidaire, d'associations et de collectifs citoyens. Il existe d'ailleurs un collectif local SSA38 dont certains membres sont investis dans l'initiative locale.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment avez-vous pens&#233; la gouvernance du dispositif ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;D&#232;s le mois de mars 2023, une assembl&#233;e des acteurs locaux de l'alimentation et de la solidarit&#233; s'est tenue, rassemblant une soixantaine de personnes, une autre a suivi en novembre. Toutes les clarifications sur les volont&#233;s des uns et des autres, comme les capacit&#233;s d'engagement, ont &#233;t&#233; partag&#233;es. Des groupes de travail th&#233;matiques se sont mis en place. La Ville apporte son soutien &#224; la cellule d'animation pour pr&#233;parer les r&#233;unions et la logistique, et deux &#233;lu&#183;e&#183;s contribuent au travail partenarial.&lt;br /&gt;
J'insiste sur ce point : la qualit&#233; du travail partenarial est une condition majeure de r&#233;ussite du projet. Certes la Ville de Grenoble est un acteur singulier avec un important budget mobilis&#233;, avec une forte ambition en termes d'ampleur du m&#233;canisme et de calendrier. Malgr&#233; l'asym&#233;trie, le principe d'&#233;galit&#233; entre partenaires nous conduit &#224; des prises de d&#233;cisions par consensus.&lt;br /&gt;
Dans la gouvernance provisoire actuelle, par rapport &#224; la gouvernance finale souhait&#233;e, il manque le monde paysan et les consommateurs et consommatrices. Sur le premier point, nous travaillons avec les acteurs de l'ESS en lien avec les producteurs et productrices ainsi qu'avec un repr&#233;sentant de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, rassembl&#233;s au sein du groupe de travail &#171; production &amp; distribution &#187;. Pour le second point, nous ferons &#233;merger cette ann&#233;e une Assembl&#233;e citoyenne de l'alimentation qui int&#233;grera la gouvernance du m&#233;canisme. Le choix a &#233;t&#233; de commencer le travail partenarial sans attendre que le parcours d'engagement citoyen aboutisse, car l'horloge tourne, le mandat est court. La synchronisation s'op&#233;rera dans le passage d'un r&#233;gime transitoire &#224; un r&#233;gime nominal, dans le d&#233;ploiement d'un m&#233;canisme de SSA fonctionnel et robuste dans la derni&#232;re phase du mandat.&lt;br /&gt;
Nous visons un lancement de la Caisse &#224; l'automne 2024, avec ses r&#232;gles et son syst&#232;me de gouvernance ; que les premi&#232;res cotisations puissent &#234;tre vers&#233;es, que les premiers b&#233;n&#233;ficiaires puissent faire leurs achats dans le r&#233;seau de distribution conventionn&#233;. Nombre de questions restent encore &#224; trancher, d'inconnues &#224; clarifier, de pr&#233;cisions &#224; apporter, notamment sur le v&#233;hicule mon&#233;taire&#8230; Je suis confiant, les groupes de travail sont tr&#232;s actifs, l'imagination et l'expertise se combinent plut&#244;t bien !&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_86 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image061.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image061.jpg?1732697033' width='500' height='457' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Souhaitez-vous que, comme &#224; Montpellier par exemple, les b&#233;n&#233;ficiaires soient majoritaires dans la gouvernance ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Cela fait partie des options en discussion. L&#224; o&#249; les b&#233;n&#233;ficiaires ont un r&#244;le crucial, plus que dans le fonctionnement technique de la Caisse, c'est dans le conventionnement, i.e. le choix des producteurs et distributeurs conventionn&#233;s. Par exemple : est-ce que l'on privil&#233;gie le bio ou le local ? Les magasins bio, les coop&#233;ratives, les sup&#233;rettes, la grande distribution ? Mais &#233;galement la place du priv&#233; dans la gouvernance : est-il souhaitable d'int&#233;grer certaines fondations, le r&#233;seau des Biocoop, les march&#233;s de producteurs ? L&#224; o&#249; il y a d&#233;bat, il doit y avoir exercice d&#233;mocratique, avec des choix &#233;clair&#233;s et assum&#233;s. C'est l&#224; que les consommateurs et consommatrices doivent pouvoir exercer leur citoyennet&#233; : le chemin de la d&#233;mocratie alimentaire est long, exigeant, mais assur&#233;ment passionnant !&lt;br /&gt;
Notons que nous ne raisonnons pas en termes d'exp&#233;rimentation : une exp&#233;rimentation a le droit de faire des essais, d'&#233;chouer, de recommencer autrement, d'&#233;chouer &#224; nouveau&#8230; Ce n'est pas non plus un dispositif municipal, &#224; la mani&#232;re ce que pourrait faire un CCAS par exemple : nous sommes dans la construction d'un m&#233;canisme nouveau qui r&#233;pond &#224; un besoin r&#233;el et mal satisfait par la sph&#232;re marchande ou publique, travaill&#233; avec l'ensemble des parties prenantes, une innovation sociale qui vise la p&#233;rennit&#233; et qui survive &#224; sa mont&#233;e en charge et aux al&#233;as politiques&#8230; Si ce projet mobilise de l'argent public au d&#233;marrage, il doit construire son autonomie dans le temps.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Quel est l'ordre de grandeur du nombre de b&#233;n&#233;ficiaires vis&#233; ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous visons pour la premi&#232;re ann&#233;e 1 % de la population grenobloise, soit 1 600 personnes. Du moins c'est ce que nos premi&#232;res mod&#233;lisations indiquent comme capacit&#233; de charge initiale de la Caisse, m&#234;me si beaucoup de param&#232;tres encore non stabilis&#233;s subsistent, porteurs d'incertitudes : c'est un nombre tr&#232;s th&#233;orique, &#224; ne pas prendre comme un &#171; grigri &#187;. Si on ne l'atteint pas formellement la premi&#232;re ann&#233;e ce ne sera pas un &#233;chec pour autant, mais un encouragement &#224; poursuivre nos efforts.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Y a -t-il d'autres territoires dans le D&#233;partement int&#233;ress&#233; &#224; cette id&#233;e ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Lors de l'&#233;tude prospective men&#233;e dans le cadre du PAiT, la SSA sortait comme une priorit&#233; y compris dans les territoires ruraux pour les d&#233;bouch&#233;s de productions agricoles (&#171; si vous nous garantissez un d&#233;bouch&#233;, nous serons partants ! &#187;). Mais &#233;galement comme une r&#233;ponse possible &#224; une pr&#233;carit&#233; alimentaire pr&#233;sente un peu partout, qui soit plus adapt&#233;e que l'aide alimentaire de par la qualit&#233; des produits, du choix souverain, du lien avec l'agriculture vertueuse&#8230;&lt;br /&gt;
La Communaut&#233; de communes de Saint-Marcellin-Vercors-Is&#232;re a manifest&#233; son int&#233;r&#234;t d&#232;s le d&#233;but et suit de pr&#232;s nos travaux, le Parc naturel de Chartreuse envisage un march&#233; de producteurs &#224; tarification solidaire qui, sous certains aspects, peut aussi &#234;tre une forme de SSA. De son c&#244;t&#233; la M&#233;tropole chemine dans sa r&#233;flexion, tout comme certaines communes limitrophes qui attendent que la &#171; preuve de concept &#187; grenobloise fasse la d&#233;monstration de son efficacit&#233;. Par ailleurs, j'ai l'intuition que les territoires situ&#233;s le long de la ligne TER reliant tout le bassin d'emploi grenoblois pourraient avoir int&#233;r&#234;t &#224; ce que les travailleurs et travailleuses pendulaires puissent b&#233;n&#233;ficier d'un m&#233;canisme unifi&#233; de SSA : nous int&#233;grons la modularit&#233; et la scalabilit&#233; dans la conception pour que d'autres territoires puissent, peu &#224; peu, int&#233;grer le m&#233;canisme. Et progressivement, pourquoi pas, aboutir &#224; une SSA &#224; l'&#233;chelle du PaiT ? L'Histoire jugera mais, apr&#232;s tout, on n'est jamais &#224; l'abri du succ&#232;s.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - Janvier 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reconqu&#233;rir la ma&#238;trise par tous de notre alimentation</title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/reconquerir-la-maitrise-par-tous-de-notre-alimentation</link>
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		<dc:date>2024-11-27T08:11:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'alimentation est un fait social total qui met en mouvement l'ensemble du syst&#232;me social. La conduite de ce fait social est malheureusement capt&#233;e par les forces de l'agrobusiness national et international. Elle doit revenir aux b&#233;n&#233;ficiaires et leur arme est la d&#233;mocratie alimentaire qu'il faut construire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Outre les exp&#233;rimentations en de nombreux endroits en France (plus de trente), les outils permettant de reprendre ce pouvoir sur l'alimentation de tous sont nombreux : la th&#233;orie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/" rel="directory"&gt;S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image087.jpg?1732697109' class='spip_logo spip_logo_right' width='101' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'alimentation est un fait social total qui met en mouvement l'ensemble du syst&#232;me social. La conduite de ce fait social est malheureusement capt&#233;e par les forces de l'agrobusiness national et international. Elle doit revenir aux b&#233;n&#233;ficiaires et leur arme est la d&#233;mocratie alimentaire qu'il faut construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les exp&#233;rimentations en de nombreux endroits en France (plus de trente), les outils permettant de reprendre ce pouvoir sur l'alimentation de tous sont nombreux : la th&#233;orie mon&#233;taire, la comptabilit&#233; CARE, les coop&#233;rations &#233;conomiques territoriales. Ils sont explor&#233;s et pr&#233;sent&#233;s ici !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_88 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image032.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image032.jpg?1732697328' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Vous &#234;tes tr&#232;s investie sur la th&#233;matique de la S&#233;curit&#233; Sociale de l'alimentation (SSA) et sa mise en &#339;uvre en Alsace.&lt;br /&gt;
Pouvez-vous nous pr&#233;senter cette approche de la S&#233;curit&#233; Sociale de l'alimentation sur ce territoire ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Eloi NAVARRO, d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral de notre association, a initi&#233; le projet en Alsace. Depuis, nous travaillons tous deux &#224; d&#233;velopper une Mutuelle de l'alimentation. Nous sommes &#224; pr&#233;sent une douzaine de b&#233;n&#233;voles et deux salari&#233;s.&lt;br /&gt;
Les trois piliers de la SSA (universalit&#233; de l'acc&#232;s, cotisation, conventionnement d&#233;mocratique) auxquels aspire cette exp&#233;rimentation ne peuvent &#234;tre satisfaits &#224; notre &#233;chelle. Mais nous pouvons :&lt;br /&gt;
&#8226; Assurer une mixit&#233; sociale pour les b&#233;n&#233;ficiaires (genre, &#226;ge) ;&lt;br /&gt;
&#8226; Organiser les cotisations comme pour une mutuelle classique en compl&#233;tant les fonds pour les personnes en situation de pr&#233;carit&#233; ;&lt;br /&gt;
&#8226; Mettre en &#339;uvre la d&#233;mocratie alimentaire.&lt;br /&gt;
Nous menons pour cela deux actions :&lt;br /&gt;
&#8226; Une Action &#8211; Recherche pr&#233;pare les conditions &#233;conomiques pour lancer le projet de SSA avec une d&#233;marche entrepreneuriale. Il s'agit de d&#233;finir le mod&#232;le &#233;conomique, le prototypage et les coop&#233;rations n&#233;cessaires. Les cotisations seront lev&#233;es selon le principe &#171; chacun cotise selon ses moyens et b&#233;n&#233;ficie en fonction de ses besoins &#187;.&lt;br /&gt;
Pour les personnes en situation de pr&#233;carit&#233;, les CCAS abondent ainsi que des fonds publics autres et des entreprises dans le cadre de leur RSE, dans l'int&#233;r&#234;t de leurs collaborateurs. Nous portons aussi un plaidoyer pour un droit &#224; l'alimentation.&lt;br /&gt;
&#8226; Une Recherche - Action vise &#224; identifier concr&#232;tement, par le biais de la d&#233;mocratie alimentaire, les divers enjeux auxquels doit r&#233;pondre le projet : ces enjeux se situent aux niveaux des individus et du syst&#232;me alimentaire lui-m&#234;me. Au niveau des individus, l'alimentation doit r&#233;pondre aux besoins physiques, physiologiques (valeurs nutritionnelles, qualit&#233;s organoleptiques) ; &#224; leurs besoins sociaux (repas avec la famille, les amis, les coll&#232;gues) ; au respect des singularit&#233;s (convictions, pr&#233;f&#233;rences culturelles).&lt;br /&gt;
Au niveau global et syst&#233;mique, l'alimentation fait partie d'une trame en lien avec le monde agricole mais aussi la transformation des aliments, le stockage, la distribution voire la pr&#233;vention et la gestion des d&#233;chets. Ce programme de Recherche &#8211; Action pense le r&#244;le de la d&#233;mocratie alimentaire comme levier de transformation du syst&#232;me alimentaire en un commun, dont les missions sont aussi l'habitabilit&#233; de la Terre, l'&#233;quit&#233; sociale et la protection des droits humains.&lt;br /&gt;
La d&#233;mocratie alimentaire est essentielle car elle fait le lien entre la transformation du territoire, l'am&#233;nagement des paysages alimentaires, la justice sociale : comment les mangeurs se saisissent de ces questions ? Comment g&#233;rer les ressources de cette bior&#233;gion, comme l'eau sur le Rhin sup&#233;rieur ? Comment les agencements marchands assurent le d&#233;veloppement de fili&#232;res alimentaires durables, et en particulier comment la normativit&#233; comptable &#8211; le mod&#232;le C.A.R.E. &#8211; peut y contribuer ? Tout en construisant un droit &#224; l'alimentation.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Dans quel cadre menez-vous cette recherche ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;L'Action - Recherche se fait au sein de l'association &#171; pour une S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation - Alsace &#187; dont je suis pr&#233;sidente. La Recherche - Action est men&#233;e par l&#8216;Universit&#233; de Strasbourg, avec l'Universit&#233; de Haute Alsace et un programme INTERREG associant &#233;coles d'ing&#233;nieurs ainsi que le collectif national pour une SSA.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_91 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image027.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image027.jpg?1732697394' width='500' height='287' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Concr&#232;tement, o&#249; en &#234;tes-vous ? Dans quelle direction le projet de SSA avance-t-il ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous organiserons un s&#233;minaire &#224; la rentr&#233;e 2024 pour construire avec les mangeurs ce que nous nommons &#171; la connaissance de cause &#187;, comme une Convention Citoyenne de l'Alimentation. Nul ne peut prendre de d&#233;cision &#233;clair&#233;e sans cette connaissance de cause, sans comprendre &#224; quoi nos syst&#232;mes alimentaires contribuent.&lt;br /&gt;
A travers ce s&#233;minaire, des chercheurs partageront les r&#233;sultats de recherche sur le cycle de l'eau, la vie des sols, la sant&#233; humaine ; des ing&#233;nieurs questionneront la transition &#233;nerg&#233;tique, les enjeux de transport, de mobilit&#233;, et il s'agit aussi de valoriser des savoirs non acad&#233;miques... tout en reconnaissant l'&#233;gale dignit&#233; entre ces savoirs.&lt;br /&gt;
Le 11 mars dernier, a &#233;t&#233; organis&#233; un colloque pour mettre en place les comit&#233;s techniques et identifier leurs interfaces dans la phase de prototypage de la Mutuelle de l'Alimentation. Les deux tables rondes ont travaill&#233; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sur les enjeux et le diagnostic de l'ins&#233;curit&#233; alimentaire sur le territoire comme la pr&#233;carit&#233; des &#233;tudiants, des travailleurs paup&#233;ris&#233;s,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sur les perspectives concernant la Mutuelle en termes de valorisation de tous les savoirs acad&#233;miques et pratiques, la recherche sur le droit &#224; l'alimentation, la r&#233;silience territoriale. Il s'agit de co-construire cette connaissance de cause : pour cela nous poursuivrons en visitant des entreprises de transformation, de logistique, des fermes pour que chacun comprenne les paysages alimentaires puis choisir les axes de l'action commune, en responsabilit&#233; et en autonomie, en nous organisant ensemble, collectivement.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment s'op&#232;reront ces recherches ? Et comment voulez-vous populariser leurs r&#233;sultats ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous engageons une recherche contributive, o&#249; paysans et mangeurs sont des contributeurs et non de simples participants observateurs ou observ&#233;s. Personnes volontaires ou tir&#233;es au sort ? Nous ne le savons pas encore. Ce seront les adh&#233;rents de la Mutuelle, repr&#233;sentatifs du tissu territorial, qui choisiront ces modalit&#233;s.&lt;br /&gt;
En France, parmi les 30 initiatives locales regroup&#233;es au sein du Collectif National SSA3, il y a une grande diversit&#233; d'exp&#233;rimentations. La raison en est simple : les gens connaissent leur territoire et les parties prenantes du syst&#232;me alimentaire local. Parce qu'ils d&#233;cident par eux-m&#234;mes et pour eux-m&#234;mes de la mise en &#339;uvre, parce qu'ils sont engag&#233;s dans la transformation territoriale et de son paysage alimentaire, ils d&#233;finissent leurs propres crit&#232;res d'&#233;valuation. Nous travaillerons aussi &#224; un m&#233;dia (capsule vid&#233;o, articles, podcast) qui refl&#232;te ces r&#233;sultats et ces processus.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_90 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image041.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image041.jpg?1732697366' width='500' height='218' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment voulez-vous monter cette Mutuelle de l'Alimentation en Alsace ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Bien qu'au stade de projet, il existe d&#233;j&#224; un accord de consortium - sign&#233; par plusieurs organisations dont des &#233;lus et agents de collectivit&#233;s territoriales, la Chambre d'agriculture, la Conf&#233;d&#233;ration Paysanne, des centres sociaux, des organismes de commerce &#233;quitable, des associations, des universit&#233;s et des labos de recherche - pour engager cette d&#233;marche de prototypage et de cr&#233;ation de la Mutuelle. Trois comit&#233;s de pilotage se sont tenus depuis le 17 mars 2023 puis le Colloque du 11 mars dernier a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; avec ce consortium comme le temps fort pr&#233;figuratif de la premi&#232;re phase de mobilisation citoyenne.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Vous parlez de recherche contributive, qui est un concept que Bernard Stiegler a forg&#233;. Quels sont les rapports entre vos recherches et celles de Bernard Stiegler ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Pour Bernard Stiegler, source d'inspiration pour notre travail, les chercheurs transforment le territoire, et le territoire les transforme en retour. D'o&#249; la notion de Territoire Laboratoire. L'enjeu historique est de bifurquer, nous sommes tous des exp&#233;rimentateurs. Nous ne savons pas encore les r&#233;sultats de nos actions, mais ce qui est essentiel, c'est de d&#233;finir la qualit&#233; des processus engag&#233;s par nos actions et les tendances qu'elles induisent. Ce que nous changerons ce sont les mani&#232;res de prendre des d&#233;cisions et d'en &#233;valuer les impacts, dans un dialogue science(s)-soci&#233;t&#233;. Ceci, afin de d&#233;ployer des formes nouvelles de puissance publique populaire.&lt;br /&gt;
Nous ne pouvons pas &#171; globalement &#187; prot&#233;ger la nature, mais nous pouvons &#171; localement &#187; prendre soin de nos milieux : tout est l&#224;. Nous avons tant mis &#224; mal notre patrimoine socio-environnemental, que nous avons besoin de reconstruire des espaces de coop&#233;ration, d'entraide, de confiance en nous-m&#234;mes et entre acteurs. Cette confiance en l'alt&#233;rit&#233; nous donnera les cl&#233;s de la confiance en l'&#224;-venir. Bernard Stiegler parlait de deux types de futur : un futur clos, devenir, o&#249; l'on demeure l&#224; o&#249; l'on va d&#233;j&#224; ; et le futur ouvert, avenir, que l'on ne peut pr&#233;voir mais que l'on peut pr&#233;parer. C'est un futur ind&#233;termin&#233;, inesp&#233;r&#233;, inattendu avec ce caract&#232;re ouvert, vivant qui rend l'action si enthousiasmante. Il avait travaill&#233; sur la notion d'anti entropie qui est le propre du vivant. Cela s'exprime par la diversit&#233;, l'apparition constante de nouveaut&#233;, de bifurcation. Le travail est donc possible. Voici enfin une proposition o&#249; nous cessons de nous battre contre un mod&#232;le mortif&#232;re, nous disposons d'un projet dynamique et vivant pour lequel &#339;uvrer.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Quels sont les rapports entre vos recherches et les communs ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;La force des communs, comme pr&#233;sent&#233;s par Elinor Ostrom, est d'&#234;tre un dispositif se donnant pour objet de pr&#233;server des ressources ou des droits menac&#233;s. Ce dispositif est port&#233; par une communaut&#233; de parties prenantes attach&#233;e &#224; la pr&#233;servation de la ressource, qui s'est organis&#233;e en se donnant des r&#232;gles de fonctionnement pour remplir cette mission, et surtout une gouvernementalit&#233; d&#233;mocratique de cette action collective. Les ressources ne sont pas pens&#233;es comme un bien public, mais comme propri&#233;t&#233; partag&#233;e entre les parties prenantes. De plus, si l'une d'elles n'a pas respect&#233; les r&#232;gles, il est possible de saisir une instance ext&#233;rieure, garante du respect de cette gouvernance.&lt;br /&gt;
Le lien entre les communs et le syst&#232;me alimentaire est le droit &#224; l'alimentation choisie. Ce droit est garanti aux humains et constitue le ciment de toute communaut&#233; qui veut se constituer pour le d&#233;fendre. C'est en d&#233;finissant des r&#232;gles de conventionnement fond&#233;es sur la d&#233;mocratie alimentaire que se constitue le commun de la SSA. Cela ouvre la possibilit&#233; &#224; l'ensemble des acteurs du syst&#232;me alimentaire (mangeurs, paysans, boulanger, transformateurs des produits, distributeurs...) d'agir pour r&#233;pondre au d&#233;fi d'une alimentation choisie (droit du travail, sant&#233;, transformation du territoire). La force de l'alimentation est qu'elle est un fait social total touchant toute personne et toutes communaut&#233;s.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Quels sont les rapports entre vos recherches, les communs et Karl Polanyi ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Karl Polanyi, &#233;conomiste, historien et anthropologue, auteur de &#171; La Grande Transformation &#187; et de &#171; La Subsistance de l'Homme &#187;, cherchait l'origine du fascisme et du nazisme, dont il a v&#233;cu en Europe le d&#233;veloppement. Selon lui, &#171; le p&#233;ch&#233; originel du capitalisme &#187; &#233;tait dans le fait que les trois conditions de production de la valeur, &#224; savoir la monnaie, la biosph&#232;re et le travail humain, y &#233;taient per&#231;ues comme des ressources, et uniquement comme telles.&lt;br /&gt;
Dans le commun de la SSA, la nature et le travail humain sont par principe co-g&#233;r&#233;s de fa&#231;on responsable via la d&#233;mocratie alimentaire. Pas encore la monnaie. Tant que la SSA restera au niveau local, nous n'aurons pas le contr&#244;le de la cr&#233;ation mon&#233;taire, nous serons ench&#226;ss&#233;s dans une macrostructure plus vaste et nous pourrions nous retrouver, malgr&#233; nous, pris en &#233;tau et possiblement en &#233;chec pour disposer des moyens de notre politique locale. Nous devons examiner quels sont les impens&#233;s du syst&#232;me en lien avec la SSA et l'int&#233;grer dans une r&#233;flexion transdisciplinaire plus large, par exemple sur la th&#233;orie mon&#233;taire : qu'est-ce que la monnaie ? Et aussi interroger nos bassins de vie (autonomie territoriale, bior&#233;gion).&lt;br /&gt;
Le projet de SSA s'appuie sur l'imaginaire de la S&#233;curit&#233; sociale : garantie de l'universalit&#233; des acc&#232;s, cotisation proportionnelle, conventionnement des prestations. La sp&#233;cificit&#233; de la Sant&#233; est que tout le monde ne tombe pas malade en m&#234;me temps. L'alimentation, c'est tous les jours et pour tou&#183;te&#183;s.&lt;br /&gt;
Les exp&#233;rimentations &#224; Montpellier et Bordeaux font appel &#224; une monnaie locale compl&#233;mentaire et ce sera sans doute assez g&#233;n&#233;ralis&#233; dans nos initiatives locales. La monnaie locale compl&#233;mentaire a l'avantage de rester sur le territoire d'&#233;mission. Elle l'ensemence, poussant tous les achats vers les producteurs et acteurs locaux, des commerces ou produits choisis localement. Dans le syst&#232;me macro&#233;conomique actuel, seules les banques priv&#233;es peuvent cr&#233;er de la monnaie, sous la forme de monnaie &#8211; dette, c'est-&#224;-dire en mettant en circulation sur le march&#233;, l'argent qui est emprunt&#233; par les particuliers, les entreprises, les &#201;tats. Cette monnaie dispara&#238;t lorsque le pr&#234;t est rembours&#233;. Mais cela donne aux banques priv&#233;es un poids incommensurable sur le monde : le pouvoir de d&#233;cider o&#249; investir, et donc de pr&#233;figurer le monde car l'argent est le temps allou&#233; (et inversement).&lt;br /&gt;
Tant que nous ne serons pas cr&#233;ateurs de monnaie, nous ne pourrons pas investir durablement et massivement pour transformer les paysages alimentaires &#224; la hauteur des d&#233;fis de notre &#233;poque et nous demeurerons avec fatalit&#233; dans une impasse : nous ne disposerons pas des moyens pour sortir des contraintes et des pratiques de l'agriculture productiviste et capitaliste, d'o&#249; provient 80 % de l'alimentation actuelle. Certains chercheurs proposent d'utiliser une monnaie subvention4 (inverse de la monnaie dette), cr&#233;&#233;e en dehors de toute dette, qui permettrait de sortir de cette impasse sans &#234;tre en contradiction avec le droit europ&#233;en. Ce sont des pistes de travail &#224; creuser.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_89 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image073.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image073.jpg?1732697334' width='500' height='282' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Outre ces questions li&#233;es &#224; la monnaie, votre recherche vise-t-elle &#224; utiliser les nouvelles formes de normativit&#233; comptable (C.A.R.E.) sur les territoires alsaciens o&#249; vous voulez exp&#233;rimenter la SSA ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;C'est un axe important : le CERCES6 est signataire de l'Accord de Consortium. Nous sommes soci&#233;taires de l'ICGS (Institut de formation en Comptabilit&#233; et Gestion Soutenables). Nous souhaitons que les acteurs &#233;conomiques du projet SSA, comme la Mutuelle, puissent mobiliser des experts comptables form&#233;s &#224; C.A.R.E.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Pouvez-vous pr&#233;senter votre m&#233;thode concernant la d&#233;finition de votre mod&#232;le &#233;conomique ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Le point cl&#233; est la coop&#233;ration : c'est pourquoi nous nous portons candidat &#224; un PTCE7. Beaucoup d'argent circule dans la cha&#238;ne de valeurs de l'alimentation : nous pensons n&#233;cessaire de r&#233;agencer la circulation de ces liquidit&#233;s, pour les mettre &#224; des endroits choisis d&#233;mocratiquement. Nous avons candidat&#233; aupr&#232;s de la Banque des Territoires dans le cadre d'un appel &#224; manifestation d'int&#233;r&#234;t, pour construire un d&#233;monstrateur des transitions agricole et alimentaire et &#233;laborer son mod&#232;le &#233;conomique, autour du projet de Mutuelle. Ce que la Mutuelle tente de faire, c'est d'organiser la d&#233;mocratie alimentaire, dans toutes ses dimensions, de fa&#231;on &#224; rendre r&#233;plicables et scalables nos m&#233;thodes et nos processus qualitatifs. Nous souhaitons d&#233;montrer une preuve de concept de ce que la SSA peut apporter. Nous pourrions m&#234;me aller plus loin et r&#233;fl&#233;chir dans le cadre de ce PTCE avec la mise en place d'une comptabilit&#233; &#233;cosyst&#232;me-centr&#233;e C.E-C. Et donc de nouvelles formes de coop&#233;ration &#233;conomique.&lt;br /&gt;
Souvent est dit que la SSA &#171; va co&#251;ter tr&#232;s cher &#187; car on pense au &#171; trou de la S&#233;cu &#187;. Mais ce trou n'a pas de r&#233;alit&#233; ! Il ne faut pas confondre ce qu'a &#233;t&#233; la Sociale et ce que fonde l'&#201;tat social8. D'abord, ce qui est sollicit&#233; n'est pas le budget de l'&#201;tat. D'autre part, ces fonds circulent d&#233;j&#224;, sont d&#233;pens&#233;s, affect&#233;s sans coordination. C'est le r&#244;le de la d&#233;mocratie alimentaire que de proc&#233;der &#224; leur r&#233;affectation. R&#233;affecter ne co&#251;te pas plus cher : &#224; l'int&#233;rieur du cadre actuel, on ne peut rien faire. Il faut changer de cadre ; c'est le c&#339;ur du projet, et le plus difficile &#224; faire comprendre.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Mais il faut cependant exp&#233;rimenter, montrer &#224; petite &#233;chelle, sur un petit budget, de quelles fa&#231;ons cela pourrait marcher, le nouveau cadre &#224; mettre en place !&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;C'est notre intention : nous nous appuierons sur les exp&#233;riences d&#233;j&#224; engag&#233;es, notamment de monnaies locales compl&#233;mentaires comme la Mona &#224; Montpellier et Soli'doume &#224; Clermont Ferrand. Nous lan&#231;ons 3 territoires pilotes : 2 en agglom&#233;ration &#224; Strasbourg et Mulhouse, 1 dans la ruralit&#233; , dans le Pays du Sundgau.&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Avez-vous des contacts hors de France ? Y a-t-il des perspectives &#224; l'international ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Oui, sont en lien avec le collectif national pour une SSA de nombreuses personnes en Belgique, Suisse, Allemagne, Italie, Royaume-Uni, Pologne et en Am&#233;rique du Nord.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - F&#233;vrier 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une &#233;picerie solidaire et participative &#224; Dunkerque</title>
		<link>http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/article/une-epicerie-solidaire-et-participative-a-dunkerque</link>
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		<dc:date>2024-11-27T08:11:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>clem.alx</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;picerie participative &#171; La source &#187; &#224; Dunkerque fonctionne avec la participation active des &#171; adh&#233;rents-clients &#187; de l'&#233;picerie au fonctionnement et &#224; la gestion de l'&#233;picerie. Elle s'approvisionne en circuit court et direct et de fa&#231;on hebdomadaire aupr&#232;s des producteurs locaux. Cet exemple est loin d'&#234;tre isol&#233; et pr&#233;figure de nouveaux modes solidaires et participatifs de distribution alimentaire et d'&#233;picerie qui pourraient &#234;tre des maillons essentiels de la S&#233;curit&#233; Sociale de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://alters-editions.fr/cahier-no2/les-communs/securite-sociale-de-l-alimentation/" rel="directory"&gt;S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/logo/cahiers_2_image076.jpg?1732697609' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;picerie participative &#171; La source &#187; &#224; Dunkerque fonctionne avec la participation active des &#171; adh&#233;rents-clients &#187; de l'&#233;picerie au fonctionnement et &#224; la gestion de l'&#233;picerie. Elle s'approvisionne en circuit court et direct et de fa&#231;on hebdomadaire aupr&#232;s des producteurs locaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet exemple est loin d'&#234;tre isol&#233; et pr&#233;figure de nouveaux modes solidaires et participatifs de distribution alimentaire et d'&#233;picerie qui pourraient &#234;tre des maillons essentiels de la S&#233;curit&#233; Sociale de l'Alimentation locale. Une grande ville comme Dunkerque innoverait en s'appuyant sur cette ressource pour lancer une exp&#233;rimentation de s&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_93 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image060.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image060.jpg?1732697653' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Faisons connaissance de votre &#233;picerie participative1. Pouvez-vous nous la pr&#233;senter ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Elle a quatre ans, je suis &#224; l'initiative du projet avec un salari&#233;. On est dans Dunkerque, dans un quartier populaire, une grosse majorit&#233; des adh&#233;rents sont de Dunkerque, mais pas tous. Elle a vite grandi et nous sommes &#224;-peu-pr&#232;s deux cents familles adh&#233;rentes. Les statuts de l'association demandent de donner trois heures de son temps par mois, mais certains donnent beaucoup plus.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Et quel type de t&#226;ches peuvent-ils effectuer ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;A peu pr&#232;s tout ce qu'on fait dans l'&#233;picerie : la gestion des commandes, la facturation, le m&#233;nage, la mise en rayon, la distribution, la collecte des produits. On va nous m&#234;me tous les vendredi matin dans les fermes chercher les produits frais, pour &#233;viter le d&#233;placement aux paysans. Quatre &#233;quipes vont dans la campagne avec leurs v&#233;hicules r&#233;cup&#233;rer le lait, le beurre, les fromages, la viande... ce sont des &#233;quipes d'adh&#233;rents, tous b&#233;n&#233;voles.&lt;br /&gt;
Au total, nous nous approvisionnons aupr&#232;s de 75 paysans et fournisseurs. Il y a aussi quelques coop&#233;ratives. Mais les paysans r&#233;guliers, chez qui on va tous les vendredis, sont une bonne trentaine.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;J'ai vu sur le site de l'&#233;picerie que vous aviez un grand nombre de produits : vous &#234;tes pratiquement une &#233;picerie compl&#232;te ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Oui, on vend du papier toilette, du shampoing, du gel douche, des produits m&#233;nagers, mais aussi les pattes, le riz, le sucre, l'huile ...On ne veut plus que les gens aillent au supermarch&#233;, tout simplement ! C'est la d&#233;marche de l'&#233;picerie : on ne veut plus alimenter ceux qui &#233;tranglent nos paysans. On fonctionne en circuit court, directement avec des fournisseurs, des mara&#238;chers, des paysans, etc. nous leur rendons le service d'&#234;tre au plus pr&#232;s du client.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Et, si je comprends bien, il n'y a pas de main-d'&#339;uvre finalement, puisque c'est les adh&#233;rents qui font les services !&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Oui ! Et en plus, on ne tire pas les prix : ce sont les prix des paysans ! On prend 20 % de marge, ce que tout le monde sait, le paysan et le consommateur : cela permet de payer un loyer, nos charges &#233;lectriques et maintenant un salari&#233;. Et nous, en tant que consommateur, on enl&#232;ve les 20 % et on sait &#224; quel prix on a pay&#233; le paysan.&lt;br /&gt;
Et c'est vrai pour les viandes : les animaux sont &#233;lev&#233;s ici et les abattoirs sont locaux. Pour les produits m&#233;nagers, nous passons par un grossiste engag&#233;, Ecodis, certifi&#233; Ecocert. Nous sommes l&#224; aussi en circuit court avec possibilit&#233; de discussion.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Comment passez-vous vos commandes et g&#233;rez-vous votre tr&#233;sorerie ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous payons le producteur tout de suite. Nous demandons au client de faire une avance de 50 &#8364; (s'il le peut). Cela permet d'avoir une tr&#233;sorerie saine et de ne pas faire attendre le producteur (&#224; l'inverse de la grande distribution qui paie &#224; 60 jours, voire 90 jours). Nous ne voulons pas &#234;tre tributaire d'une subvention ou d'une aide quelconque pour le fonctionnement de notre &#233;picerie.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_94 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image059.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://alters-editions.fr/IMG/jpg/cahiers_2_image059.jpg?1732697662' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La SSA &#224; Dunkerque&lt;/h3&gt;&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Y-a-t-il &#224; Dunkerque des projets de S&#233;curit&#233; sociale de l'Alimentation ?&lt;br /&gt;
Seriez-vous int&#233;ress&#233; &#224; ce que cela fonctionne ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;On parle depuis un moment, mais &#231;a reste &#224; l'&#233;tat de quelques r&#233;unions. Ce sont des projets qui demandent pas mal d'&#233;nergie au lancement : il faut un collectif, qu'il soit soud&#233; et sache dans quelle direction aller.&lt;br /&gt;
Bien s&#251;r, nous sommes int&#233;ress&#233;s par ce genre de projet. Au sein de l'&#233;picerie, il y a forc&#233;ment des adh&#233;rents qui pourraient, s'ils &#233;taient &#233;paul&#233;s ou encadr&#233;s, s'engager dans ce genre de projet.&lt;br /&gt;
J'&#233;tais militant &#233;cologiste. A la suite des gilets jaunes, nous avons d&#233;cid&#233; d'agir au niveau de l'alimentation, dans une d&#233;marche d'&#233;conomie locale et circulaire. Nous ne voulions plus alimenter ceux que l'on d&#233;nonce, qui abusent de nos paysans et qui font des b&#233;n&#233;fices &#233;normes.&lt;br /&gt;
Au d&#233;but, je pensais &#224; une &#233;picerie solidaire, mais je me suis rendu compte que le seul gagnant &#233;tait le supermarch&#233; qui d&#233;fiscalise ce qu'il donne, qui va continuer &#224; surproduire et fournira des cochonneries au plus modestes d'entre nous. Ce n'&#233;tait pas vraiment dans mes valeurs. Avec un petit groupe, nous avons opt&#233; pour ce projet d'&#233;picerie participative, qui nous semble beaucoup plus coh&#233;rent avec nos valeurs.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Ne pensez-vous pas qu'avec cette &#233;picerie participative, vous initiez un peu un circuit tr&#232;s proche de la SSA ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Nous y r&#233;fl&#233;chissons : on voit les centres sociaux donner des ch&#232;ques alimentation aux plus d&#233;munis, qui sont souvent utilis&#233;s dans la grande distribution, ce qui est une aberration. Nous pourrions accepter ces ch&#232;ques et donner quelque chose de sain, pas forc&#233;ment plus cher et rendre agriculteurs et clients b&#233;n&#233;ficiaires &#224; divers niveaux !&lt;br /&gt;
Cela ne demanderait pas grand-chose aux Centres de Secours (o&#249; &#224; une Caisse de SSA) de conventionner des agriculteurs de vente directe, des &#233;piceries participatives comme la n&#244;tre, des &#233;piceries solidaires du secteur. Les b&#233;n&#233;ficiaires auraient un ch&#232;que fl&#233;ch&#233; sur des syst&#232;mes alimentaires vertueux !&lt;br /&gt;
Les contributions sous forme de travail des deux cents familles pourraient continuer : c'est un lieu o&#249; on a un lien social important, un lieu est &#224; nous tous. On a lanc&#233; des ateliers cuisine, une cantine &#224; prix libre le jeudi, un bureau social. On a un vestiaire, une biblioth&#232;que, on fait des cours de fran&#231;ais langue &#233;trang&#232;re pour les demandeurs d'asile et les r&#233;fugi&#233;s. On a r&#233;cup&#233;r&#233; un autoclave pour faire nos conserves nous-m&#234;mes avec un adh&#233;rent, professionnel de cela.&lt;/div&gt;&lt;p class=&#034;reponse&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;question&#034;&gt;Existe-t-il un r&#233;seau d'&#233;piceries participatives ?&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;reponse&#034;&gt;Il y a une f&#233;d&#233;ration des &#233;piceries autog&#233;r&#233;es, des &#233;piceries non tributaires de subvention et compl&#232;tement autonomes, cr&#233;&#233; par les Diony coop.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Didier Racin&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;dacteur en chef d'Alters M&#233;dia - F&#233;vrier 2024&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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